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C’est à Bruges chez Dominique Persoone à la tête de The Chocolate Line qu’a débuté hier soir le reportage de Boomerang intitulé « le côté obscur des barres chocolatées » diffusé sur Canal +. On est bien entendu à des années lumières des processus de fabrication des produits chocolatés des grandes surfaces stockés dans un entrepôt du 93 ou autre département de la région parisienne. Quelle est la différence entre son chocolat et celui des industriels à part le goût? c’est à cette question que répondent les journalistes de l’émission en mettant en lumière trois ingrédients : le cacao, l’huile de palme et le soja.

[typography font= »Shadows Into Light » size= »24″ size_format= »px »]Le Cacao de Côte d’Ivoire [/typography]

Direction la Côte d’Ivoire, pays où le cacao génère des milliards mais dont l’image est entachée par les mauvaises conditions de travail et les conflits larvés. Le gouvernement a fixé le prix du cacao à 1 euro le kilo et s’est lancé comme défi la disparition du travail des enfants dans les champs, l’école obligatoire jusqu’à 14 ans. Malheureusement la réalité sur le terrain est tout autre, la loi du village selon laquelle une personne y compris un enfant inspire le respect si elle travaille est plus forte. Résultat : 200 à 250 000 enfants sont dans les champs, machette à la main, aujourd’hui ainsi que 15 000 enfants qui viennent du Mali ou du Burkina Fasso, donnés ou vendus par leurs parents et qui ne gagnent pas un centime.

La plupart des planteurs ne vivent pas tellement mieux : pistes très mal entretenues et difficultés pour livrer les produits, cacaoyers non traités par manque de moyen et rendement faible, parcelle de 2 à 3 hectares seulement, à peine de quoi vivre. Les pisteurs qui viennent jusque dans les villages pour acheter les fèves ne respectent pas les prix fixés par le gouvernement et les multinationales ferment les yeux sur ces pratiques.

Les fèves finissent à San Pedro, premier port mondial pour l’exportation de cacao. 20% des fèves sont transformées en pâte, le reste est transporté en Europe. Dans cette chaine de production, les planteurs de cacao restent les grands perdants car leur part sur le produit fini est seulement de 5 à 10%.  Certaines entreprises en Europe essaient tout de même de renverser cette situation comme dans cette usine de transformation en Allemagne qui produits des barres de marque Divine et dont 45% des actions sont détenues par les planteurs. D’autres marques de chocolat prennent le pas en Grande-Bretagne face à une demande du consommateur de chocolat équitable mais aussi parce qu’il y a un risque de pénurie du cacao.

[typography font= »Shadows Into Light » size= »24″ size_format= »px »] L’huile de palme [/typography]

Le palmier huile est le nouveau pactole de l’Indonésie qui est aujourd’hui le premier producteur mondial. C’est l’huile la moins chère au monde, elle peut remplacer le beurre de cacao depuis quelques années. Si  l’on s’interroge beaucoup en Europe sur les conséquences qu’elle peut avoir sur la santé c’est la déforestation et la disparition des orangs outangs qu’elle a entraînées que souligne le reportage.

La surface de la forêt indonésienne a diminué d’un tiers depuis que des forêts vierges sont nettoyées au profit de forêts entièrement consacrées aux palmiers huile. Les primates qui étaient 40 000 il y a encore quelques années, ne sont plus que 7000 aujourd’hui et sont une espèce en voie d’extinction. La grande majorité de ces primates chassée de leurs forêts sont tués. Plus généralement toute la faune est présente dans les forêts de plaine en Indonésie et ce sont ces forêts qui sont grignotées par les plantations (2 millions d’hectares soit 2 fois la superficie de la Corse de forêt vierge sont décimées chaque année). On a beaucoup associé l’huile de palme au nutella dans le débat français arguant du fait que c’était une crainte très hexagonale pourtant dans d’autres pays comme en Suède des activistes ont alarmé les consommateurs (en ayant aussi l’intelligence de s’adresser aux jeunes avec une appli mobile) et ont réussi à faire changer la composition de certains produits industriels.

[typography font= »Shadows Into Light » size= »24″ size_format= »px »]le Soja (lécitine ou E323 ) [/typography]

La dernière étape du reportage se passe au Brésil qui est le premier producteur et exportateur de soja. Celui-ci  sert à la conservation des barres chocolatées (et a bien entendu d’autres utilisations, on le retrouve par exemple dans la nourriture donnée au bétail). Si certains parlent de miracle, le soja n’est pas synonyme de progrès pour tout le monde, en particulier pour les indiens d’Amazonie qui vivent près des exploitations et à qui on a spolié les terres. Rien ne peut plus pousser sur ces terres que du soja transgénique dont la culture, en plus,  ne crée pas d’emplois (c’est l’ une des plus mécanisées). Le reportage s’attarde sur une école aux murs sans fenêtre plantée au milieu de ces champs. Quand les machines pulvérisent les pesticides, les enfants souffrent de maux de tête, aux yeux, à l’estomac, de démangeaison. Forcément la population s’interroge sur les conséquences de cette culture sur leur santé à plus ou moins long terme.

Le côté obscur de la barre chocolatée conclut pourtant sur une note plus optimiste en insistant sur le fait que le consommateur en prêtant plus attention à ce qu’il mange et en cuisinant des choses simples, peut faire évoluer les pratiques des industriels. Il s’appuie sur l’exemple de la ruche qui dit oui qui permet d’acheter directement aux producteurs dans 395 villes aujourd’hui en France et sur le blog Super Supérette qui essaie de montrer qu’on peut manger, par exemple,  des barres chocolatées ou de la pâte à tartiner avec une liste d’ingrédients simples et assez courte en sachant tout ce qu’on met à l’intérieur.

Edit : dans la série, l’huile de palme il y en a partout, le petit guide vert de la palme

 crédits photos:  capatv

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