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Je voudrais dissiper un malentendu récent : en écrivant le billet 1, 2 enfants c’est pareil, même pas vrai, je n’avais pas du tout l’intention de prôner la politique de l’enfant unique.  En réalité on devrait pouvoir s’affranchir des normes : un enfant, une famille nombreuse ou pas du tout d’enfant, chacun devrait mener sa barque comme il l’entend quelque que soit les discours, les recommandations, et les modèles environnants.

Je n’exprimais aucun regret par rapport à la naissance de ma fille ni aucune nostalgie quant à l’époque où nous n’étions que 3. Je soulignais juste le chamboulement organisationnel occasionné par cette seconde naissance et le constat selon lequel j’avais tracé une croix sur certaines choses (peut-être de manière temporaire) comme il faut, je crois, faire le deuil de certains repères ou habitudes quand on décide de lancer un couple dans l’extraordinaire aventure de la parentalité.

Si tu te poses mille questions, si le papa freine des 4 fers, si la situation semble avoir atteint un point d’équilibre formidable à 3 mais que l’envie de remettre le couvert te chatouille le bas-ventre, voici quelques raisons qui te convaincront peut-être de sauter le pas :

– avoir un autre enfant c’est répartir la pression qu’on leur met consciemment ou pas sur les épaules

– quand leur père et moi  nous serons vieux et insupportables, nos enfants pourront se téléphoner pour se plaindre de nous

– si la venue au monde de sa sœur n’a pas été forcément synonyme de joie immédiate pour le chérubin détrôné de son siège, il est aujourd’hui son plus grand défenseur…qu’un enfant s’approche trop de la poussette, que le papa ou moi grondions Miss Zen  et  c’est touche pas à ma sister !

– vu leur 3 ans d’écart, ils jouent ensemble, ils font les pitres ensemble…et toi pendant ce temps, tu quittes tes habits de gentil organisateur

– le grand est un moteur pour le second…bon ok elle ne marche TOUJOURS pas mais elle colle des gommettes depuis pas mal de temps, elle l’imite en train de dessiner, jouer à la dinette, parler, chanter..

– les discours sur le partage se retrouvent confrontés à la réalité quotidienne : ils se chamaillent, veulent souvent la même chose mais peu à peu prêter devient plus systématique et surtout quand j’achète quelque chose pour le grand, il me demande toujours si j’ai pensé à sa sœur

– un second enfant c’est l’invention après le book-crossing,  du game-crossing : les jouets ont une seconde vie et même l’aîné les redécouvre !

– les voir se câliner et s’embrasser ça me met par terre à chaque fois

– on parle souvent de régression de l’aîné à l’arrivée d’un nouveau-né…sur le long terme j’ai plutôt constaté que cela avait aidé mon fils à grandir

– même si ma fille ne supporte ni les barrettes dans les cheveux, ni les chapeaux sur la tête, je prends un plaisir fou à l’habiller (attention je ne garantis pas le sexe de l’enfant en cas de seconde grossesse)

Et toi, quelle expérience as-tu des relations fraternelles?

Edit : le point de vue de Virginie B., 3 sinon rien !

Lieu : cuisine
Action : le chérubin et sa mère sont attablés pour le déjeuner; Miss Zen attend l’heure de son biberon dans son transat

Le chérubin « Oh elle est crop mignonne ma petite sœur »
Sourire attendri de la mère.

Le chérubin « Elle a une tête de..une tête de … »
La mère déjà un peu inquiète « une tête de quoi? »

Le chérubin « Une tête de mort » …éclat de rires de l’intéressé
La consternation se lit sur le visage de la mère.

1) où est -il allé chercher cette expression? même quand l’homme me pousse à bout (mais oui ça peut arriver), je ne le traite pas de « tête de mort »…on va accuser l’école pour changer hein )

2) cette petite scène de ma passionnante vie quotidienne résume assez bien les rapports du frère et de sa petite sœur…il l’embrasse, lui caresse la tête mais serre les dents en la regardant comme s’il contrôlait des bouffées d’agressivité à son égard…elle se marre quand elle le voit s’agiter autour d’elle mais lui jette aussi des regards méfiants ….

A suivre…

Edit 1 : en illustration une histoire à laquelle nous échappons rarement ces temps ci avant le coucher et qui donne d’excellentes idées au chérubin comme vouloir donner le biberon à sa sœur )

Tu as tellement aimé mon billet sur les débuts des relations frère-sœur (si, si ne nie pas, c’est vexant) que je te propose d’en remettre une couche :

– Je songe sérieusement à faire installer un trapèze accroché au plafond de mon salon ou de ma chambre inatteignable pour une personne mesurant un mètre et répondant au nom de chérubin car donner les biberons avec ce dernier juste à côté est tout sauf un moment de détente…tiens si je me couchais sur elle, tiens si je lui mettais une casquette sur la tête, tiens si je mangeais un gâteau juste au dessus de son crâne, j’en passe et des meilleures…

Cela dit, on ne peut pas dire qu’il ne s’en soucie pas de sa sœur :

– La Miss installée dans son transat, le chérubin apporte sa chaise à côté, une pile de livres et commence à lui lire des histoires…et je t’assure qu’on dirait qu’elle l’écoute…

– Le chérubin  a aussi trouvé un nouveau patient à examiner dans la famille, mallette de docteur en main…il ne pige pas vraiment pourquoi sa sœur ne s’exécute pas quand il lui demande de respirer très fort tout en posant le stéthoscope sur son cœur mais il ne se décourage pas et fait mine d’examiner sa gorge, ses oreilles ou ses yeux…faut juste rester dans le coin avant qu’il ne teste ses réflexes avec le marteau )

– Il lui a donné un petit surnom qui n’est pas Miss Zen

– Il est en froid avec la voisine du RDC depuis que j’ai laissé sa sœur chez elle un matin pour ne pas l’exposer à la pluie..visiblement il a pensé que la petite mémé voulait la kidnapper et quand on est allé la récupérer,  il lui a mis les points sur les i « C’est MA sœur ! »

– Pas besoin de baby-phone, au moindre geignement de la puce, le grand frère m’avertit et me donne même le mode d’emploi (maman, change lui sa couche; maman, elle a faim)..pas de doute, j’ai un super assistant…

En résumé : le chérubin aime bien sa sœur tant que je ne m’occupe pas trop d’elle et qu’il reste le centre de l’attention…avec un petit mois de recul, j’avoue que 3 ans d’écart c’est quand même rude…voilà ce que c’est quand on en fait qu’à sa tête et qu’on ne veut pas écouter ses copines )


Et toi, tu penses qu’il y a un écart d’âge idéal?

Edit 1 : Dans le supplément sortir de Télérama, j’ai lu une phrase de Florence Foresti qui m’a bien plu. A propos de l’instinct maternel, on lui demande si elle a changé d’avis depuis qu’elle est maman. Elle répond « Je continue de penser qu’il s’agit d’un prétexte dont se servent les pères démissionnaires pour se donner bonne conscience. Par contre, je crois à l’amour maternel, à l’instinct parental de protéger son enfant« . Bien dit, Florence !

Deux semaines après la naissance de Miss Zen (qui aurait tendance à usurper son surnom ces derniers jours  quand la faim l’assaille et qu’elle joue des cordes vocales), je te propose un aperçu des premiers contacts frère-sœur :

Glop : Le chérubin a affirmé sa préférence pour une petite sœur pendant ma grossesse et il semble très fier aujourd’hui, il n’arrête pas de dire qu’elle est mignonne, qu’elle est toute petite et répète son prénom sans se tromper (en même temps elle ne s’appelle pas Cunégonde ou Espéranza)

Glop : « je peux la caresser? » est certainement la phrase qu’il prononce le plus en ce moment, joignant le geste à la question sans attendre ma réponse. Miss Zen est également bisouillée à volonté sur le crâne pendant les biberons mais reste imperturbable, ne haussant pas même un sourcil.

Pas glop : Impossible de faire comprendre à ma chère tête blonde que lorsque sa sœur dort, lui presser la joue voire lui mettre les doigts sur la paupière sont des gestes qui ont une forte probabilité de la déranger voire de la réveiller….tout comme lui crier « bouh » au visage ou jouer de l’harmonica ou du tambour le plus près possible de son oreille… pire plus on lui dit de ne pas crier, plus il hurle…si tu as un conseil à ce sujet, je prends ) (j’ai essayé le DVD, l’argument de ma non-disponibilité si la petite soeur ne dort pas…)

Pas glop : c’est forcément quand je commence à donner le biberon que le chérubin veut lui aussi à boire, de l’aide pour remettre correctement son pantalon après un pipi dans le pot, que je mette un dessin animé en route ou que je sorte au parc avec lui là maintenant tout de suite….j’ai découvert à l’occasion que j’arrivais à effectuer un nombre incroyable de gestes avec un seul bras….

Glop : il parait que la jalousie doit s’exprimer d’une manière ou d’une autre, que c’est plutôt sain…le fiston m’a demandé de remettre le bébé dans mon ventre, on est sur la bonne voie, non?

Allez dans 20 ans, ils s’adoreront ces deux-là …à moins qu’ils soient brouillés pour une sombre histoire de famille )

Edit 1 : l’illustration de ce billet est ma participation au défi photo de Virginie B. sur le thème un bisou pour Violette…pas de véritable bisou sur ce tableau de Klimt mais une tendresse et une sérénité qui me touchent. 

Je te souhaite un week-end merveilleux..profite-bien de la douceur de cette fin septembre !

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