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psychorigidité

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Un soir, il y a quelques jours, en arrivant à la maison, je fais les poches de ma fille et m’aperçoit que sa tétine n’y est point. Pas grave, me dis-je, je passerai tout à l’heure à la pharmacie. La nounou m’appelle pour me signaler qu’elle a gardé par mégarde l’objet de son affection et me propose même de passer le déposer à la maison. Je décline son offre et envoie l’homme acheter une sucette de remplacement sans plus de précision.

Il se trouve  fort dépourvu devant le choix pléthorique et ne sachant plus qui du caoutchouc ou du silicone a la préférence de sa progéniture, il lui propose, de retour à la maison, les deux. La siliconée est une spéciale prématurée et bien qu’adorable avec son petit cœur rose pâle, elle est recalée immédiatement. Quand à la caoutchoutée elle daigne la goûter deux secondes avant de la recracher d’un air écœuré et de s’écrier, avec dans l’accent un je ne sais pas de Linda de Suza : « ma toutoute, ma toutoute ».

Sentant la mauvaise nuit se profiler à l’horizon, j’implore l’homme de retourner à la pharmacie (qui se trouve heureusement en bas de l’immeuble mais dans laquelle il est difficile de faire un séjour exprès étant donné qu’elle est un des lieux privilégiés des petits vieux du quartier qui viennent y faire l’inventaire journalier de leurs maladies et malheurs). Cette fois, je l’envoie au front avec une consigne précise : une sucette pour les plus de 4 mois en silicone et qui s’allume la nuit. Le descriptif ressemble mot à mot à celle laissée chez la nourrice, j’y crois encore.

A la pharmacie, c’est le branle-bas de combat, la gérante est appelée en renfort et là le verdict tombe « rupture de stock ». C’est donc une sucette à mille lieux de celle choyée et reconnue que l’homme tend à sa fille. D’entrée de jeu, elle le regarde avec un air méfiant, style  » si tu crois que tu vas m’avoir avec des succédanés de sucette » puis elle saisit l’objet et le soupèse avec mépris (si j’avais pu prendre une photo à ce moment là !). On dirait qu’elle vérifie la couleur et la forme, elle l’inspecte sous toutes les coutures puis finalement la met dans sa bouche….5 secondes.

Epilogue : à force de lui affirmer que cette sucette était formidable, extraordinaire, elle a fini par l’accepter avant d’aller au lit mais le lendemain matin, quand la nounou lui a tendu sa VRAIE sucette, elle s’est dressée dans sa poussette en poussant un cri du cœur « ma toutoute, ma toutoute »!

Et toi, t’arrive-t-il d’être psychorigide? dans quel domaine?

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