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Modiano

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De Patrick Modiano, je n’avais rien lu jusqu’à ce week-end. La petite bijou, Accident Nocturne, Dora Bruder sonnaient comme des titres connus. Le nom de l’écrivain était lié à Vincent Delerm et sa chanson Le baiser Modiano (j’imaginais des romans dont l’action se passait la nuit dans les rues de Paris dans une atmosphère feutrée et brumeuse). Je me souviens aussi d’une collègue qui adorait cet écrivain et qui avait lu chacun de ses livres …aujourd’hui j’aimerais bien qu’elle soit assise en face de moi et qu’elle m’explique ce qu’elle aime tant chez lui.

Il m’a accompagné le temps d’une soirée et de quelques arrêts de métro et c’est bien à Paris (et même sous les arcades du Palais Royal où j’ai flâné récemment ) que j’ai suivi le protagoniste principal Daragane qui, à la suite d’un coup de téléphone étrange, replonge dans son passé. C’est sur les traces d’une femme (mère de remplacement ?) qu’il part et c’est pour elle qu’il confie avoir écrit son premier livre :

Il n’avait écrit ce livre que dans l’espoir qu’elle lui fasse signe.

Tout au long des 142 pages, le roman reste à la lisière du rêve et de la réalité. Personnages qui semblent importants puis dont on entend plus parler, alternance des moments présents et de scènes s’étant déroulées dans un passé plus ou moins lointain, décor énigmatique, questions sans réponse, j’ai eu comme le sentiment en lisant ce roman que l’écrivain écrivait son intrigue sur un tableau noir puis qu’il passait un coup de chiffon dessus de manière à rendre les lettres floues sans vraiment les effacer.

L’écriture est très elliptique : est ce pour laisser une grand part à l’imagination du lecteur qui remplira les cases, comblera les trous comme il le souhaite ou est ce pour renforcer cette ambiance assez mystérieuse ?

Tout simple également intemporel : peu d’indices quand à l’époque à laquelle se situe l’action et des personnages toujours nommés avec leur prénom et leur nom (ce qui leur donne un côté fictif) qui paraissent évanescents, traversant le temps sans que l’on sache vraiment à quel moment de leur vie ils en sont.

Les livres courts ont le même désavantage que les films courts comparés aux énormes romans et aux séries. A peine le temps de nous installer, de nous accoutumer aux lieux, qu’on nous referme déjà la porte au nez. Pas le temps d’apprendre à connaitre les personnages trop vite esquivés pour qu’on s’y attache vraiment.

Intrigant mais pas vraiment marquant, je me suis demandée pourquoi ce roman avait obtenu le prix Nobel …à moins que je sois passée complètement à côté.

Pour aller jusqu’à toi, quel drôle de chemin il m’a fallu prendre.

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