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Les chroniques qui suivent ont été publiées sur Instagram. Pour que ces textes ne disparaissent pas et aient une durée de vie supérieure à quelques heures, je les publie à nouveau ici en espérant vous donner des idées de lecture. (pour la photo en Une, je m’étais amusée à chercher des livres assortis à mon poisson de Pâques).

C’est quoi le terrorisme ?

 

 

 
 

 
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Mes enfants ont grandi avec le terrorisme. Ils m’ont vu sidérée après le bataclan cette salle où j’étais allée écouter de la musique quand j’habitais à Paris. Ils m’ont raconté leur premier exercice de simulation d’attaque à l’école, chose que je n’ai jamais vécue. Comment en parler avec eux alors en dépassant les schémas les gentils et les méchants ?

Doan Búi répond à cette question dans C’est quoi un terroriste ? En tant que chroniqueuse judiciaire, elle a suivi le premier procès d’Abdelkader Merah (le frère du terroriste) et elle a alors été assaillie de nombreuses questions quant à son travail de journaliste. Cette bande dessinée est le moyen d y répondre tout en proposant un regard distancié sur un sujet lourd grâce aux dessins de Leslie Plée.

💪Les super pouvoirs de C’est quoi un terroriste ? 💪
♦️ Nous montrer de l’intérieur un procès historique avec ses lieux et tous ses protagonistes
♦️ Dépasser l’effroi et tenter non pas de justifier mais de comprendre (si le sujet vous intéresse je vous conseille Les revenants de David Thomson qui existe en poche)
♦️Suggérer l’horreur sans l’afficher (Leslie Plée utilise la couleur rouge pour traduire la tristesse et la colère de manière différente)

Et si vous ne connaissez pas Leslie Plée, je vous conseille Moi vivant vous n’aurez jamais de pause où elle raconte son expérience de libraire en grande surface.

Le nouveau

Peut être connaissiez vous Tracy Chevalier pour ses romans historiques et ses portraits de femmes ? Suite à une commande éditoriale (transposer un classique de Shakespeare dans le monde contemporain à savoir ici Othello), l’auteure opère un virage à 180 degrés avec Le nouveau.

Elle nous raconte en effet l’arrivée d’un jeune garçon noir, Osei, dans une école où il n y a que des blancs dans les années 70 à Washington (en reprenant les codes d’une tragédie, unité de lieu, de temps, nombre d’actes).
La société est vue à travers le prisme d’une cour d’école avec ses lois, ses règles tacites, sa hiérarchie.

Si la maturité intellectuelle et sensuelle des élèves m’a paru en décalage avec leur âge supposé (CM1/CM2), Le nouveau dévoile par les réactions que suscite l’arrivée de cet élève noir, les visages multiples du racisme ordinaire.

Quant à Dee, elle tombe sous le charme de ce nouveau et leur coup de foudre naissant donne lieu à des passages lumineux

« Quand Dee.-quel merveilleux hasard qu’elle aussi, on l’appela par la première lettre de son prénom– releva les yeux, Osei sentit son corps s’embraser. Elle avait les yeux marron : le brun clair et liquide du sirop d’érable. Pas le bleu qu’il avait vu dans tant de cours d’école, le bleu des ancêtres anglais, écossais, irlandais. Le bleu de l’Allemagne et de la Scandinavie. Le bleu des Européens du Nord venus s’installer en Amérique, qui avaient conquis les yeux bruns des Indiens et importés des yeux noirs d' »Afrique pour faire leur travail à leur place. »


Le nouveau suscite forcément des questions : est ce qu’un enfant est raciste parce que ses parents le sont ? Sur quoi le racisme repose ? On a souvent brandi la bêtise comme réponse mais aujourd’hui tout le monde va à l’école et Christine Taubira est comparée à un singe sur Twitter. Dans le nouveau, un enseignant sous le coup de la colère finit par lâcher « ils sont tous comme ça« . Est ce que de manière primaire l’être humain a peur de la différence ? 
Si on se doute que l’histoire va mal tourner, Tracy Chevalier instille une tension croissante et nous cueille avec une fin glaciale.

Une femme en contre-jour

 

 

 
 

 
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Il y a beaucoup de si dans le destin de Vivian Maier, beaucoup de questions et beaucoup moins de réponses. De son enfance sans amour et sans repères à la découverte fortuite de ses photos par un agent immobilier, il y a une telle dose de romanesque dans la vie de Vivian Maier qu’écrire sur elle pouvait être casse gueule. Mais c était sans compter la plume et la finesse d’analyse de Gaelle Josse.

💪 Les super pouvoirs d’une femme à contre jour ? 💪

♦Éviter les clichés et l’hagiographie face à une femme si complexe et peu ordinaire.

♦Éveiller la curiosité sur cette photographe dont j avais vu passer le nom et aller voir ses photos saisissantes d’humanité puis noter le documentaire, A la recherche de Vivian Maier, à son sujet.

♦Montrer qu’on peut avoir un immense talent et rester inconnue (et être célèbre sans talent particulier).

Si vous ne lisez pas ce roman, allez voir au moins ses photos d anonymes sur le site internet qui lui a été consacré. Elles saisissent un instant, une émotion avec une telle justesse qu’on a du mal à croire que l’œuvre de Vivian Maier soit restée totalement dans l’ombre de son vivant.

Retour à la terre

 

 

 
 

 
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Destination les Ravanelles où Monsieur Henri est toujours aussi silencieux mais n’est plus seul, où la veuve Lamortemont tente de se familiariser avec son téléphone portable, où M. Loupiot fait de la voyance et où Mariette attend un second enfant.

💪Les super pouvoirs de Retour à la terre 💪

🍃Installer une scénette et sa chute en seulement 6 cases
🍃Faire sourire et rire aussi bien avec des personnages atypiques qu’avec des questionnements existentiels avec un humour tendre et absurde
🍃Replonger le lecteur dans une série dont j ai savouré chaque volume avec la même complicité entre Ferri et Larcenet

L’empreinte

 

 

 
 

 
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Autobiographie ou journalisme, documentaire ou fiction, L’ Empreinte est un récit au croisement de tout cela. L’auteur se destine à une carrière d’avocat comme ses parents et est persuadée d’être une farouche opposante à la peine de mort jusqu’au jour où son chemin croise celui de Ricky Langley, un pédophile qui a tué un enfant. Alexandria Marzano-Lesnevitch pensait avoir mis sous le tapis ses traumatismes d’enfance, ils ressurgissent alors la poussant à écrire ce livre.. pour enfin dire ce qui a toujours été passé sous silence mais peut être aussi pour sauver sa peau.

◾J’ai pensé au film Les chatouilles où la mère se soucie (apprenant que sa fille a été abusée) avant tout du quand dira-t-on alors que dans l’empreinte, l’auteure écrit :

« ma mère m’a expliqué que je nuirais à la carrière politique de mon père [… ‘] Mon père a expliqué que je ferais souffrir ma mère. Ils m’ ont tous deux interdit d’en parler à ma grand-mère car ça lui ferait trop de mal et à mon frère. »

◾J’ai aussi pensé au film Grâce à Dieu où le silence de l’église est assourdissant.
◾Ce qu’on apprend, si jamais on en doutait, ce sont les empreintes que laissent les abus (le mot viol serait plus juste d’ailleurs) année après année : sur la santé, sur la vie sexuelle et sur les choix professionnels.
◾Ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans ce récit ? Toute l’enquête sur la famille de Ricky Langley, tout ce qui concerne son enfance ;  le parcours d’Alexandria face à son passé et cet attrait inexplicable pour ce meurtrier (je fais de la psychologie de comptoir si j y vois une sorte de transfert ?)
◾J’ai moins aimé la dernière partie du livre quand l’auteure nous raconte en détails (trop pour moi) le procès et lorsqu’elle mélange la vie de Ricky et la sienne dans un même chapitre jusqu’à ce que je vois arriver la fin avec un certain soulagement.

Au delà de l’affaire et de l’enquête, L’empreinte est une réflexion saisissante et dérangeante sur les secrets de famille. 

J’ai aussi lu Une sirène à Paris, j’en ai parlé ici comme un excellent moyen d’enchanter son quotidien. D’ailleurs je suis en train de préparer un nouveau billet « livrothérapie ».

Et vous, qu’avez-vous lu le mois dernier ?

Nouvelle lecture, nouvelle destination. Aujourd’hui direction Lampedusa, une île italienne située entre l’Afrique et l’Europe. En écrivant ce billet de blog sur La Loi de la mer,  je suis allée voir à quoi elle ressemblait. Je suis tombée sur des photos de ses eaux turquoises . Contraste troublant entre cette beauté et ce qui ce passe au large de ses côtes.

La Loi de la mer de quoi ça parle ? 

Pour écrire La Loi de la mer, l’écrivain Davide Enia est resté à Lampedusa pendant 3 ans. Il a recueilli les témoignages de ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont eu à se confronter à la réalité des migrants.
Se sont confiés à lui, un plongeur géant physiquement mais fragilisé à jamais par ce qu’il a vu; Gabriella, médecin secouriste qui a vécu un premier sauvetage tournant à la catastrophe; Bennet, 17 ans, qui a fui l’Erythrée et qui raconte sa traversée pour le moins terrible; Vitta Simone, témoin de la tragédie du 13 octobre et beaucoup d’autres. 

Leurs mots et ceux de l’écrivain donnent réalité et humanité à ce qui n’est, qu’au mieux, une tragédie temporaire à la Une des journaux, au pire un mot vague.

Ils racontent, avec force, les dilemmes moraux auxquels ils ont dû faire face, l’écart entre les idéaux et la réalité, la détermination au prix souvent de leur vie de ceux et celles qui quittent leur pays.

La Loi de la mer, un récit très personnel 

Loin du documentaire, La Loi de la mer est au contraire un récit très personnel et littéraire. J’ai lu que certaines personnes avaient été gênées par les passages consacrées à la vie de l’auteur. Et s’il avait voulu montrer les conséquences de ces « recherches » pour ce livre sur sa vie, sur son appréhension de la mort, sur ce à quoi il faut accorder de l’importance ?

La Loi de la mer gifle, secoue, captive, bouleverse à la fois par le destin de ces personnes qui se jettent à l’eau pour souvent ne plus jamais toucher terre et par ces mains qu’on leur tend.

Ce n’est qu’une question de temps, mais c’est eux qui nous expliqueront leurs itinéraires et leurs désirs, qui nous diront les noms de ceux que les trafiquants d’êtres humains ont massacrés dans le désert, et la quantité de viols à laquelle une très jeune fille peut survivre pendant vingt-quatre heures. Eux nous diront le prix exact d’une vie sous ces latitudes. Ils feront le récit, pour nous et pour eux-mêmes, des prisons libyennes et des coups reçus à toute heure du jour et de la nuit, de la mer aperçue soudain, après des jours et des jours de marche forcée, du silence qui tombe quand le sirocco se lève et qu’on est cinq cents sur un bateau de pêche de vingt mètres où l’eau monte peu à peu depuis des heures. C’est eux qui auront les mots pour décrire ce que veut aborder sur la terre ferme après avoir échappé à la guerre et à la misère, pour suivre leur rêve d’une vie meilleure. 

La Loi de la Mer, Davide Enia 

La Loi de la mer est le second livre de Davide Enia. Sur cette terre comme au ciel avait été recomposé par le prix du Premier roman étranger. Après Elena Ferrante et sa saga, j’ai envie de découvrir cette autre plume de la littérature italienne (avec le travail de traduction de Françoise Brun). 


Des poches, des romans graphiques, une bande dessinée, un essai, mes dernières lectures ont été assez variées. Comme il m’est impossible, par manque de temps, de tout chroniquer dans le détail mais que j’avais quand même envie de les partager, voici un court résumé de chacune d’entre elles :

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

Mon pitch : Vous vous êtes déjà demandés pourquoi depuis la nuit des temps et partout sur la planète, les femmes n’ont jamais été traitées de manière égale aux hommes ? Pour répondre à cette question, cette bande dessinée remonte aux origines des inégalités entre les hommes et les femmes soulignant avec humour toute l’absurdité de cette situation. Expliquer pour repartir sur des bases plus justes c’est l’idée de cette chronologie dessinée.

Saviez vous que jusqu’en 1875 les hommes pensaient qu’il était l’unique responsable de la création d’un enfant ? que tous les textes de loi et tous les textes religieux ont été pensés et écrits par des hommes posant un regard uniquement masculin sur la société ? ou encore qu’au Moyen Age les filles étaient promises à un homme dès l’âge de 7 ans, qu’elles étaient majeures à 13 ans et mariées entre 13 et 17 ans ?

Pour qui ? à la fois histoire des inégalités hommes et femmes et histoire de l’évolution des droits des femmes (avec des femmes qui ont œuvré pour que les choses changent), j’aimerais que tous les collégiens et collégiennes le lisent. En tous cas, je vais le faire lire à mon fils et à ma fille.

 

Le colis

Mon pitch : Direction le quartier rouge de Bombay où Madhu, une hija (sorte de troisième sexe, née dans un corps d’homme mais amputée de ses attributs sexuels masculins), qui mendie pour vivre après des années de prostitution, doit s’occuper d’un colis. Alors qu’elle doit s’acquitter de cette mission (pour le moins glaçante je ne vous en dis pas plus), les souvenirs de sa vie reviennent à la surface.

Pour qui ? ceux qui ont une image idyllique de l’Inde même si je ne sais pas quelle est la part de fiction et la part de réalité dans ce destin et le terrible sort des colis.

 

Chroniques de la fruitière

Mon pitch : Que celui qui aime le fromage et qui n’aura pas envie de déguster un morceau de comté après la lecture de cette bande dessinée , lève le doigt ? Au fil des saisons, l’auteur part à la rencontre des Hommes qui, dans le Jura, l’Ain ou le Doubs, produisent le comté. A travers des anecdotes et des rencontres, on comprend à quoi tiennent la qualité et le caractère unique d’un produit qui a su résister à la mondialisation dans une filière restée indépendante.

Pour qui ? les gourmands, les gourmets, ceux qui aiment en savoir plus sur les produits du terroir, les fous de fromage.

 

Comme un chef

Mon pitch : Raconter une vie à travers son rapport à la nourriture et l’amour pour la cuisine, voilà le parti pris de Comme un chef.  Repas d’enfance avec une mère qui n’aime pas passer du temps derrière les fourneaux, frustration de ne pas pouvoir préparer grand chose dans une piaule étudiante, révélation » lors du premier grand restaurant, un déjeuner chez les frères Troisgros, expériences en tant que chef à domicile, on découvre Benoît Peeters presque toujours autour d’une table même si l’autre pan de sa vie (chercheur et romancier) a aussi son importance. Hymne à la vie, chronique d’une époque, Comme un chef donne envie …de remettre le couvert sans attendre : )

Pour qui ? Ceux et celles qui peuvent passer des heures à parler cuisine, bonne bouffe et bonnes adresses

 

Un fils parfait

Mon pitch : Il est le fis parfait, le gendre idéal, celui que vos copines vous jalousent, il a « bien réussi » et puis un jour, un petit caillou se met dans la mécanique d’un emploi du temps bien huilé et c’est la sortie de route. Et si celui avec qui vous partagiez votre vie depuis des années était en fait un monstre ?

Pour qui ? Ceux et celles qui aiment lire les faits divers (d’autant plus que ce roman a été inspiré par une histoire vraie)

 

Petit traité d’éducation lubrique

Mon pitch : L’auteur s’amuse à enseigner, dans ce court livre, à son lecteur les plaisirs charnels avec beaucoup d’humour et un amour des mots incontestable.

Pour qui ? Selon Lydie Salvayre, « petit traité à instruire les analphabètes du sexe, à désengourdir les gourds et à défâcher méchants. » Si vous êtes du genre pudibond, passez votre tour.

 

Les revenants

Mon pitch : La méthode de travail de David Thomson, qui a obtenu le prix Albert Londres avec cet essai, est d’utiliser les sources primaires. Il a ainsi suivi pendant plusieurs années ( jusqu’à 5 ans et certains jusqu’à la mort)  une centaine de jihadistes (tunisiens, français, belges, suisses), menant entretiens et reportages.
Dans ce livre il racontent l’histoire de quelques uns en  leur donnant la parole une fois de retour en France, en revenant sur les raisons qui les ont poussé à partir en Syrie et en leur demandant comment se sont passées les choses une fois là bas. Leur parole est toujours accompagnée d’une analyse et d’une contextualisation pour aider à mieux comprendre leur cheminement et garder un sens critique entre ce qui est dit et la « réalité ».
Au delà de ces témoignages, l’objectif de cet essai est de déconstruire la mécanique sociale, religieuse, politique, familiale et psychologique qui les a fait basculer. Il est aussi question de leur déception, de l’inefficacité de la déradicalisation.
J’ai toujours été intriguée par ces personnes qui se laissent totalement embrigadées par les sectes et j’ai eu souvent, l’impression, au fil de ma lecture, de voir la même mécanique à l’œuvre avec des cibles la plupart du temps « fragiles » ou à la recherche de sens dans leur vie. Passionnant et terrifiant.

Pour qui ? Ceux et celles qui ont envie de comprendre (ce qui ne signifie pas justifier bien-sûr), aller au delà des propos « café du commerce » avec une grille de lecture jamais simpliste mais pourtant éclairante.

 

Et vous, qu’avez-vous lu en février ?

Signe qu’il n’a pas beaucoup plu cette année en Bretagne, je n’ai pas lu énormément (et je ne suis pas une grande adepte des vacances serviette sur la plage toute la journée). Hormis Des cornflakes dans le porridge, dans la PAL prévue, j’ai lu :

La traversée amoureuse de Vitta Sackville-West

La croisière s’amuse version ambiance surannée et désuète, tout se passe en effet à bord d’un énorme paquebot dans lequel nos deux protagonistes se sont embarqués pour un tour du monde. Le narrateur, Edward, a une raison bien particulière de faire ce voyage : atteint d’un mal dont on ne saura guère de choses, il sait qu’il vit ces dernières semaines et qu’à bord de ce paquebot, se trouve, Laura, la femme dont il est follement amoureux en secret.

Avec un pitch pareil, j’aurais du adorer ce roman mais je ne suis jamais vraiment rentrée dans l’histoire même si les dernières pages gagnent en intensité romanesque et que la fin n’est pas de celle qu’on oublie.

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Rudik, l’autre Noureev de Philippe Grimbert

J’ai été plus happée par l’écriture de Philippe Grimbert mettant en scène la rencontre entre le célèbre danseur Noureev et un psychanalyste. J’ai été fascinée par ce monstre sacré comme l’est son thérapeute qui, très vite, enfreint les règles les plus basiques de sa profession, pour continuer à suivre et à aider l’artiste.

Noureev captive-t-il le psychanalyste (comme le lecteur) du fait de sa personnalité hors du commun, excentrique ou démesuré ou vient il réactiver des blessures enfantines ? Parfois on se demande qui a besoin de l’autre et on aimerait poser la question à Philippe Grimbert qui a réllement fréquenté le danseur.

Au delà du portrait et de ce duo-duel, c’est un roman émouvant sur le remords, la solitude et le chagrin.

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Le grand marin de Catherine Poulain

Intriguée, questionnée, je l’ai été aussi par Catherine Poulain (ou par son personnage principal largement inspirée de sa propre histoire) qui fuit la France, arrive à Kodiak en Alaska et n’a plus qu’une obsession : faire partie de l’équipage d’un navire et partir pêcher la morue noire ou le flétan. Dormir à même le sol, supporter la fatigue, le froid, les tâches très physiques, la peau rongée par le sel,  les blessures, les brimades des hommes qui ne lui font aucun cadeau, rien ne semble abattre sa volonté. Repoussant toujours plus loin ses limites, Lili sauve-t-elle sa peau en la risquant autant ? Il n’y a qu’à bord d’un bateau, en plein stress, hurlements, roulis, qu’elle semble revivre.

Parfois j’ai eu un peu de mal à visualiser certaines actions décrites, ne connaissant pas assez le monde nautique (il y a un glossaire assez complet à la fin du roman) mais j’ai ressenti la même impression qu’avec le polar Noir Océan, j’étais à bord et en pleine mer.

Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman c’est son côté sensoriel, le corps y est central dans la souffrance comme dans le plaisir.

 

J’ai commencé aussi (pour rester dans l’ambiance marine), La mémoire des embruns, mais j’avais un peu l’impression de lire une saga de l’été sur TF1 alors je l’ai abandonné.

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Vous n’avez pas envie de regarder Fort Boyard le Samedi soir, vous avez réussi à épuiser les enfants pendant la journée et à les coucher tôt, vous avez quelques heures en solo tranquille devant le ventilo ou dans un train et vous cherchez un bon livre à lire cet été ? J’ai cherché parmi mes lectures,  les livres qui étaient sorties en poche (je ne les ai pas tous forcément chroniqués sur le blog, quand c’est le cas, j’ai mis un lien) pour des évasions estivales.

Pour ceux et celles qui aiment les sagas

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Une jeune femme tiraillée entre deux cultures, une très belle histoire d’amour, un roman mêlant petite et grande histoire et qui dit avec tant de justesse le racisme quotidien, Americanah c’est tout ça et bien plus encore !

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Si vous aimez suivre la vie de personnages sur plus de 30 ans alors foncez ! Espoirs, désillusions, sens de la vie sont au programme des intéressants , ce roman patinée de mélancolie nostalgique.

Pour ceux et celles qui veulent voyager

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Fan de comédies romantiques pas niaises, avec une bonne dose d’humour british, Nous est fait pour vous. Ce roman vous offre en prime un petit tour des capitales européennes depuis votre transat.

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Bill Bryson, sorte d’Indiana Jones particulièrement malchanceux,  vous emmène en Australie dans Nos voisins d’en dessous pour un voyage à des années lumière des images de carte postale. Le livre le plus drôle de cette sélection !

Pour ceux et celles qui aiment mener l’enquête

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Si la psychologie des jumeaux vous a toujours un peu intrigué, si vous aimez les auteurs qui tendent des fausses pistes à leurs lecteurs et qui les surprennent jusqu’au dénouement, Deux gouttes d’eau devrait vous plaire.

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La traque c’est celle d’un serial killer par un policier pendant des années (inspirée d’une histoire vraie) et la confrontation qui gagne en tension au fil des pages entre deux hommes. La traque n’est pas un page turner mais un thriller psychologie dont l’une des forces est de placer le lecteur dans la tête du tueur.

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Une héroïne qu’on aimerait détester mais à laquelle on finit par s’attacher, un ton mordant, une construction originale, voilà au moins 3 bonnes raisons de mettre Les réponses dans votre valise (même si j’ai trouvé la fin vraiment trop tirée par les cheveux ).

Pour ceux et celles qui sont un peu borderline

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Si vous ne craignez pas les personnages et les histoires un peu folles, précipitez vous sur A moi seul bien des personnages. Je l’ai lu l’été dernier et j’ai trouvé que John Irving était un formidable conteur (il fait aussi partie de ses auteurs qui se documentent beaucoup pour écrire ses livres, tout comme Paul Auster).

Quant à moi, j’ai commencé Rudik, l’autre Noureev de Philippe Grimbert et j’ai failli rater ma station de métro plongée dans la confrontation entre ce monstre sacré et son psychanalyste. Les autres livres au programme de cet été sont présents sur la photo en Une.

Je suis toujours très enthousiaste quand à mon potentiel temps libre alors sur ma table de chevet, il y a aussi Le grand marin de Catherine Poulain (l’histoire d’une femme qui embarque sur un bateau de pêche direction l’Alaska et veut vivre, coûte que coûte, comme les hommes présents dans l’équipage et inspirée par la vie de l’auteur) et si j’arrive à mettre la main dessus en bibliothèque  j’aimerais beaucoup lire En attendant Bojangles parce que les histoires d’amour pas sages du tout m’ont toujours fasciné.

Bonne lecture ; )

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Avoir une tendinite au pouce n’a pas que des inconvénients (1- avoir l’air très légèrement ridicule en l’annonçant 2- se faire traiter à demi-mots de senior par son médecin traitant). En effet cela a comme effet immédiat , l’augmentation de mon temps de lecture et comme je ne voulais pas multiplier les billets, je vous en propose un petit récapitulatif .

Les Brésiliens

 Direction le Brésil pour ce nouveau titre de la collection Lignes de vie d’un peuple (dont j’avais eu l’occasion de lire le titre les Islandais). J’avoue que je m’attendais à un contenu un peu plus léger, peut-être parce qu’à force de lire des articles de touristes on en a une image assez cliché. L’auteur Marie Naudascher est journaliste indépendante au Brésil depuis 2010 et si elle insiste sur le fait qu’en tant que touriste justement on est toujours très bien accueilli dans ce pays, la réalité sociale et économique est assez loin des plages de sable blanc et des filles parfaites en bikini.  Elle a opté dans cet ouvrage pour une grille de lecture plus économique que sociologique, le sujet du livre étant plus les grandes questions et les grands défis que traverse aujourd’hui ce pays que les Brésiliens aux mêmes. Entre les favelas, le racisme envers les noirs (alors que c’est un pays qui a connu tellement de vagues d’immigrations), l’économie intensive et ses conséquences sur l’écologie (partout le même schéma et la même impression qu’on fonce dans un mur mais qu’on continue quand même parce que la seule motivation est toujours plus de gain, d’argent …assez désespérant), la distribution des terres et le peuple indien, la violence urbaine,  le tableau m’a semblé assez sombre. Le dernier chapitre se veut plus positif insistant sur la société civile qui se réveille à travers la création d’une presse alternative par exemple.

Venise n’est pas en Italie

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Changement de décor avec Venise n’est pas en Italie. Émile 15 ans vit avec ses parents à Montargis dans une caravane et a le béguin pour une fille de son lycée. Quand cette dernière l’invite à Venise où elle va donner un concert, Émile est fou de joie. Coup de théâtre, ses parents lui annoncent qu’ils l’accompagnent. Épousant le point de vue de cet adolescent qui se confie à son journal, ce roman mêle humour et émotion, dit avec justesse les premiers émois amoureux et cette difficulté à trouver sa place dans une famille quand on se sent différent. Les parents d’Émile sont prêts à tous les sacrifices pour que leur fils réussisse et pour lui faire plaisir mais ils ont parfois de drôles de lubies (ils lui teignent les cheveux en blond !) et ne sont pas toujours très discrets. Les sentiments d’Émile à leur égard oscillent entre la honte (et la honte d’avoir honte) et des élans d’amour. Le roman prend aussi des allures de road movie initiatique quand la famille, auquel vient se joindre le grand frère, part en Italie.

Mon amour,

monamourLa couverture me plaisait, l’accroche aussi et quand j’ai lu sur la quatrième de couverture que Mon amour, prenait la forme d’un roman épistolaire, il ne me fallait pas d’autres arguments pour que le livre rejoigne une pile déjà bien haute sur ma table de chevet. Au début j’ai cru que cette femme, très jeune maman, et cet homme, musicien en tournée à travers le monde et parti pour des concerts juste quelques jours après la naissance de leur fille, s’écrivaient réellement. Et puis j’ai compris que les lettres étaient juste des missives qu’ils imaginaient (ou qu’ils n’envoyaient jamais) et qu’il n’y aurait pas vraiment de dialogue entre eux (ou des dialogues parallèles). J’avoue aussi que l’un comme l’autre m’ont vite agacé : elle si totalement autocentrée sur la moindre respiration de son nouveau-né, lui se lamentant sans cesse des mauvaises critiques et se consolant dans les bras d’une maîtresse régulière. Au delà de mon peu d’empathie pour l’un comme pour l’autre, je n’ai pas cru en leur histoire, les pages sont restées du papier et n’ont jamais pris vie dans ma tête.

Le Sculpteur

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J’aurais aimé avoir un coup de cœur pour ce roman graphique de 500 pages qui revisite le mythe de Faust. Le héros du sculpteur pactise en effet avec le diable qui s’incarne sous les traits d’un oncle décédé : parce que David Smith veut laisser à tout prix sa trace à travers son art avant de mourir, il accepte de donner sa vie contre des talents exceptionnels qui lui permettent de sculpter n’importe quelle matière avec ses mains. Le style est classique, les dessins en noir et blanc, les thèmes abordés ambitieux (le sens de la vie, la création, l’amour) mais peut-être parce que c’est trop calibré, peut-être parce que je n’ai pas assez de repères/ culture en bande dessinée, l’enthousiasme n’était pas au rendez vous.

Houellebecq économiste

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Houellebecq économiste est le livre le plus stimulant de mes dernières lectures. L’économiste Bernard Maris (parmi les victimes de la tuerie de Charlie Hebdo) propose de relire les romans de l’écrivain Michel Houellebecq à travers une grille de lecture économique (tout en égratignant pas mal au passage cette discipline qu’il ne considère pas comme une science, ses prédictions s’avérant souvent fausses écrit il). Je me suis toujours demandée en lisant des bouquins de Houellebecq s’il était proche de ses personnages, quelle était la part de lui dans chacun d’eux (avec aussi un certain malaise face à cette sexualité très tournée vers le plaisir masculin il me semble). Ce qui est certain c’est que Bernard Maris m’a donné envie de relire ou lire les romans de l’écrivain au regard de ce nouvel éclairage : une critique de la société de consommation qui pousse à la déshumanisation. C’est écrit avec humour et c’est accessible même pour quelqu’un qui comme moi n’a jamais été très fortiche dès qu’il s’agit d’économie.

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