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heures souterraines

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En Avril, ma pile de livres à lire n’a pas beaucoup diminué mais malgré tout, j’ai eu deux coups de cœur parmi mes lectures.

Je n’ai jamais été déçue jusqu’à présent par les livres de Laura Kasischcke (mais je me prends la tête à chaque fois pour bien orthographier son nom de famille) et ce n’est pas Un monde parfait, son dernier roman qui va me contredire. Elle est gonflée l’auteur, dans les premières pages, elle se paie la mort de Britney Spears, foudroyée par une sorte de grippe aviaire. Dans un pays en proie à une épidémie mystérieuse qui s’étend et qui frappe ses victimes au hasard, Laura Kasischcke braque le projecteur sur une femme, hôtesse de l’air, qui renonce à son métier pour devenir femme au foyer. Mais très vite elle déchante de ce qu’elle pensait être un conte de fée : les enfants issus d’un premier mariage la haïssent, le mari se révèle peu fiable et très peu présent, la mort de sa première femme n’est pas très clair. Jiselle prend toute son épaisseur au fur et à mesure qu’avance le roman. Comme à son habitude, l’intrigue se passe dans la middle-class américaine et sous l’apparence d’un vernis bien propret, l’écrivain traque les failles d’un quotidien banal et glisse vers un univers fantastique ou féérique parfois chargé d’angoisse. Si tu ne connais pas encore cet auteur, n’hésite pas !

Encore un livre que je ne suis pas prête d’oublier, après en avoir beaucoup entendu parlé sur les blogs : les heures souterraines de Dephine de Vigan. Quelle force, quelle précision pour décrire ce processus très progressive de mise à l’écart professionnel au sein d’une entreprise, cet acharnement, ce qu’on nomme parfois trop facilement harcèlement mais qui prend ici tout son sens. J’ai senti l’écrasement que cette femme subit, cette fatigue énorme qui la paralyse, cette honte qui l’empêche d’en parler à ses proches, ce sentiment d’être coupable alors que c’est elle la victime. J’ai revécu ce sentiment d’oppression parfois dans le métro. Les heures souterraines c’est aussi l’histoire d’une autre solitude, celle d’un médecin généraliste qui se déplace chez les gens en cas d’urgence et qui met des visages sur l’expression toute faite « misère humaine ». Delphine de Vigan dresse ici deux portraits magnifiques, deux destins qui se croisent. A lire de toute urgence !

J’ai par contre été assez  déçue par Zizi le kid de David Abiker (le seul homme de cette sélection )alors que j’avais trouvé ses précédents livres drôles et justes. Je ne me suis pas reconnue dans l’enfance de l’auteur : pas la même génération ? pas le même sexe? et cela globalement m’a peu intéressé…soit parce que mes propres souvenirs sont vraiment peu nombreux par rapport à ceux de David Abiker soit parce que le livre manque d’universalité.

Grâce à Alice, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres Une affaire conjugale d’Eliette Abécassis…pas une publicité pour le mariage c’est le moins qu’on puisse dire et pas tout court un playdoyer pour le couple avec enfant. Là encore j’ai préféré son précédent titre consacré à la grossesse (avec une vision très sombre qui détonnait à l’époque bien plus qu’aujourd’hui). Si le divorce, sa violence, le cataclysme qu’il provoque me parait particulièrement bien décrit, si j’ai retrouvé des détails, des réactions que j’ai malheureusement vécu de près (y a -t-il des divorces heureux? j’ai du mal à le croire), j’ai trouvé l’ensemble très manichéen, anti-homme, parfois à la limite du crédible.

Et toi, ton dernier  coup de coeur?

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