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En matière de lecture, j’essaie d’être curieuse, ma participation au Grand Prix des Lectrices Elle m’amène à lire plus de documentaires qu’habituellement (avec le même défaut, pour moi, l’absence, souvent, d’une belle plume) mais je réalise que je ne prends jamais autant de plaisir que lorsqu’un écrivain m’embarque dans une histoire de famille ou une histoire de groupe d’amis sur plusieurs générations (la fameuse saga avec laquelle je vous bassine !). Avec Là où les chiens aboient par la queue j’ai été servie et en même temps pas complètement en terrain connu. Je lis beaucoup de littérature américaine, je me retrouve donc souvent sur le sol américain. Avec Là où les chiens aboient par la queue, je suis partie en Guadeloupe (et autant dire que j’ai lu peu-voire pas – d’histoires se passant là-bas) et j’ai découvert aussi le plaisir des expressions créoles au fil des pages.

J’ai été une fois en vacances en Guadeloupe il y a plus 15 ans, j’avais donc quelques images en tête des paysages et aussi de bons souvenirs en mémoire (l’atmosphère le soir chargée de bruits de crapauds et d’insectes, la nuit qui tombe d’un seul coup, la température idyllique de la mer pour une frileuse comme moi, les rhums arrangés du marché et les accras de morue à déguster avec..) mais je ne connaissais pas grand chose à l’histoire de la Guadeloupe.

C’est cette histoire dans les années 50/60 et cette culture qu’Estelle Sarah Bulle nous raconte à travers trois voix, Antoine, Lucinde et Petit Frère, trois frères et soeurs dont on suit le destin. Ce sont leurs mots, seul héritage de la famille Ezechiel, que leur nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne (comme l’auteure Estelle-Sarah Bulle née de père guadeloupéen), capture au fil de leurs conversations.

Antoine, l’aînée, est celle qui a la plus forte personnalité, elle est incroyablement belle et fait en sorte, tout au long de sa vie, que rien n’entrave sa liberté. Elle est la première à quitter Morne-Galant (un endroit tellement à part que dans cet endroit « les chiens aboient par la queue » ) pour Pointe à Pitre et les pages où elle parle du marché, de ses odeurs, puis des hauts de Pointe à Pitre sont très réussies :

La municipalité laissait ce genre de trafic se développer sur tous les entours de la ville. Cela évitait au maire de construire des logements pour les pauvres. Les blancs et les mulâtres qui possédaient tout le centre ville laissaient faire aussi. Ils avaient ainsi disponible une main d’oeuvre grouillante, sans avoir à construite un pan de mur.

Elle connaîtra jusqu’à son arrivée en France en 1968 une destinée assez incroyable mais c’est sa nièce qui raconte une scène de racisme ordinaire à Créteil et l’absence de modèles antillais à l’époque.

Petit Frère, le personnage qui m’a le plus ému dans sa quête de la seule photo de sa mère, évoque aussi le regard des métropolitains sur les antillais :

Je dirais qu’en métropole, nous sommes devenus noirs vers 1980, à partir du moment où avoir du boulot n’est plus allé de soi.

L’histoire de Là où les chiens aboient par la queue à la fois loin de nous avec des traditions et des croyances, une société hiérarchisée selon les nuances infimes de couleur de peau, l’essor du commerce des Caraïbes, une langue propre (« Travailler dans son lolo »  » un cousin un peu dek dek » ) et universel (rapport aux parents, rapport entre frère et soeur, histoire d’amour, double culture). C’est à la fois drôle et émouvant. On ne s’ennuie pas une seule minute et en refermant Là où les chiens aboient par la queue se dresse un tableau de la Guadeloupe, vivante, rebelle et bien loin des clichés.

 


Voilà une phrase que je ne sortirai jamais à mes enfants…faut me voir face à un lézard, stupeur et tremblements comme dirait Amélie Nothomb, je suis prête à vivre dans le noir total plutôt que me risquer à ouvrir les volets et tomber nez à nez avec ces affreux reptiles.

Et puis parfois la bête a beau être petite, elle n’en est pas moins dangereuse. Septembre 2002, je suis en Guadeloupe, dans une chambre d’hôtel, quand je vois ça, avancer sur le sol :

scolopendre de son petit nom , avoue que c’est moche?

L’animal qu’il vaut mieux éviter de croiser selon le Routard (plein de bonnes adresses mais un brin alarmiste je trouve quand tu l’étudies dans le détail le monde est rempli de pickpockets et d’endroits surfaits car dépassant les 100 habitants)  et selon la réceptionniste. Il paraitrait que cette bestiole minuscule t’envoie à l’hôpital avec une fièvre de cheval si elle te pique et qu’elle se sépare en deux si tu lui marches dessus. Ce n’est pas la multiplication des pains, c’est la multiplication des insectes rampants.

Je me retrouve  donc debout sur le lit en train de hurler comme une possédée, persuadée que la bête va sauter jusqu’au couvre-lit (championne du monde !). L’homme tente de maîtriser le prédateur à coups de tongs mais ne réussit qu’à faire sauter celui-ci à travers la pièce. Il file à la réception, revient avec un pulvérisateur mais avec la consigne de ne pas l’utiliser car cela pourrait encore plus énerver la bestiole (avec le recul, je me demande si ce jour-là on ne s’est pas un peu payé notre tête). Le nuage de vapeurs toxiques a autant d’effets qu’une galette de riz soufflé sur l’appétit  quand tu meurs de faim.

Je somme l’homme d’oublier deux secondes son orgueil et de demander de l’aide à un jardinier occupé à cet instant devant notre fenêtre. Un coup de botte en caoutchouc plus tard et c’en est fini du sort du scolopendre… non sans un bruit de verre pilé fort désagréable. Le jardinier affiche un sourire moqueur mais je ne peux pas m’empêcher de vérifier que la bête n’a pas pondu en deux temps trois mouvements des œufs dans le sac de voyage posé par terre.

Ce jour là j’ai eu la confirmation que le ridicule ne tue pas et que je ne suis pas vraiment une amie des bêtes….

Et toi, peur d’un animal?

(ceci est ma participation au défi Animal de Virginie B.)

Vous savez qu’est-ce qui a inspiré à Nadyia sa chanson Comme un roc? Ma santé de fer ! Non sans blague, si je vous dis que je ne sais pas ce que cela signifie être méchamment grippée, vous me croyez? que les congés maladie en 10 ans de vie professionnelle me sont totalement étrangers hormis 10 jours avant mon congé maternité à cause des trajets?

Même pas la peine de me parler d’antibiotiques (le chérubin y a échappé aussi jusqu’à présent), la dernière fois que j’ai testé un médicament il s’agissait d‘homéopathie. En vacances en Guadeloupe il y a déjà de fort nombreuses années, en prévision d’une traversée agitée jusqu’à Marie-Galante, j’avais consciencieusement pris les petits granulés blancs en différentes prises….qui eurent le même effet que si j’avais croqué des tic tac. Le trajet me parut interminable et j’étais à deux doigts de rendre mon petit déjeuner quand nous avons enfin accosté. Une fois à terre, j’ai couru jusqu’à la pharmacie, demandé un médicament pour le mal de mer et le retour a été comme sur une mer d’huile et sans la somnolence que je craignais.

Alors faut-il croire mordicus en l’homéopathie pour que cela ait un effet? (mon esprit très cartésien s’interroge sur l’efficacité de dose infinitésimale de plantes et aucune étude non pilotée par Boiron n’a prouvé aujourd’hui la réelle efficacité de l’homéopathie par rapport à un placebo quelconque). J’avoue néanmoins que lors des poussées dentaires du chérubin, les pipettes de camilla ont paru apaisé les gencives de l’intéressé même si les dents n’ont jamais causé fièvre, rougeur ou mauvaise humeur chez lui.

Comme ma chère tête blonde vire au vert dès qu’il monte en voiture et que des trajets un peu longs se profilent prochainement, la question de l’homéopathie est remise au goût du jour.

Et vous, fervents adeptes ou pas ? quels sont vos remèdes miracles contre le mal de cœur en voiture (si ce n’est de ne pas partir le ventre vide et éviter trop de liquide) ?

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