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et rester vivant

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Prise dans les devoirs, j’ai très peu lu ces dernières semaines mais il y a un livre que j’ai dévoré en deux soirs, curieuse d’en connaître le dénouement, c’est celui de Jean-Philippe Blondel Et Rester vivant . Je croyais que l’histoire de ce narrateur de 22 ans était pure fiction (tellement elle parait incroyable de terribles coïncidences) mais au fur et à mesure des pages  j’ai compris que l’écrivain se racontait et qu’à travers ce texte, il tournait une page, faisait vraiment le deuil, tant d’années après.

Il faut découvrir ce livre :

1- Parce que Jean-Philippe Blondel, contrairement à d’autres auteurs, devient meilleur au fur et à mesure de ses bouquins…J’avais déjà beaucoup aimé G229 dans lequel il avait transformé son expérience de prof d’anglais dans un lycée en roman. Dans ce nouvel exercice d’auto-fiction, je me suis laissée emporter tout de suite sans me poser la question de la vraisemblance de l’histoire ou de l’épaisseur des personnages. J’ai retrouvé une certaine douceur dans son écriture. Malgré le thème, on n’est jamais dans le pathos, ce qui n’empêche pas l’émotion.

2- Parce que c’est un road movie qui m’a entraîné en Californie dans des endroits où je suis passée lors d’un circuit dans l’Ouest Américain et que j’ai adoré revenir à Monument Valley, au Grand Canyon, à Las Vegas et dans la Vallée de la Mort.

3- Parce que la question « qu’est-ce qui nous retient à la vie? » quand on perd un être cher, on y est tous un jour confronté pour soi même ou à travers une épreuve que peut traverser un proche, un ami. Le roman n’apporte pas de réponse mais montre l’incroyable capacité de résistance que peut avoir l’être humain.

4- Parce que le roman résonne des petites scènes ordinaires tellement justes qu’on se sent forcément proche du narrateur sans avoir vécu pareil drame…parce qu’il y a aussi des moments un peu surréalistes comme cette rencontre avec Jean Echenoz dans une préfecture…parce qu’il suggère que dans les voyages l’important n’est pas la destination mais les rencontres que l’on peut faire.

5- Parce qu’il attaque le livre par une dédicace à ceux qu’il a perdu tragiquement et dans des circonstances si similaires qu’il y a de quoi devenir fou…parce qu’il le conclut en espérant que c’est la dernière fois qu’un de ses livres ressemble à un hommage.

En refermant ce livre, on se pose forcément la question des frontières entre narration et vécu…qu’est ce qui est romancé, qu’est ce qui ne l’est pas ?

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