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On ne devrait pas dire menteur comme un arracheur de dents mais menteur comme un orthodontiste. La nature n’ayant pas pourvu ma bouche de dents parfaitement alignées et le pouce n’ayant rien arrangé dans l’implantation de celles-ci, je connus dès le CM1 la joie de porter un appareil dentaire.

Que toutes celles qui ont connu cette sorte de faux palais couleur rosé clipsable sur les dents supérieures lèvent la main? Zozotage garanti, alors quand venait mon tour de lire sur la demande du maitre, je décrochais l’appendice et je le glissais aussi discrètement que possible dans le casier au dessous de mon pupitre (à l’époque visiblement la diction m’embarrassait plus que les questions d’hygiène).

Puis mon orthodontiste, cet homme qui incarnait le mal, décida que face à ma mâchoire inférieure trop en avant, il fallait employer les grands moyens. Il sortit alors de ses placards, un engin avec lequel je ressemblait plus ou moins à une version féminine de robocop. Il fallait poser son menton dans une coquille en plastique puis accrocher des élastiques à une barre qui passait devant la figure alors qu’un autre morceau rigide s’enfonçait dans mon front. J’étais sensée porter ce casque intégral la nuit et par conséquent dormir sur le dos exclusivement mais il ne m’était pas interdit de m’offrir une petite séance en extra à la sortie des classes en priant seulement pour ne pas avoir de visite impromptue.


version soft du casque intégral

L’instrument de torture finit par être abandonné pour devenir une pièce de musée et j’eus droit à une longue période bagues en métal et élastiques de couleur. C’étaient les années collèges : sur toutes les photos j’avais les lèvres bien fermées dans un sourire crispé. Ah les accidents de nougat et les engueulades qui suivaient !

A chaque rendez-vous chez l’orthodontiste, il me promettait qu’il enlèverait ce fichu appareillage la prochaine fois…de visite en visite, ma mère renflouait ses comptes et ma confiance en lui s’étiolait. Quand en 3ème, je n’eus plus qu’une petite barrette  collée derrière mes dents du bonheur pour lutter contre leur écartement, je pus enfin sourire normalement (mais personne ne sembla remarqua ce grand changement pour moi).

 

Je ne suis jamais retournée me faire ôter cette petite pièce métallique ..elle est partie toute seule avec le temps …je préférais sonner aux portiques des aéroports que remettre un pied dans le cabinet d’un orthodontiste.


Et toi, dents parfaites ou pas?

(Alors Chrys, il te plaît mon secret?)

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