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L’année dernière à Noël mon fils avait 7 ans et croyait encore au Père Noël même si on voyait bien qu’il se posait certaines questions (les chariots remplis de jouets c’est juste pour le fun ? des parents volontaires qui donnent un coup de main et partent en expédition dans le Pôle Nord le jour J ? ). Comme par un stratagème de sioux, on avait réussi à partir de l’appartement avant Noël avec au pied du sapin juste une assiette de biscuits et qu’en revenant quelques jours plus tard, les enfants avaient trouvé au même endroit des cadeaux , ses doutes avaient été balayés ….provisoirement.

Quelques mois plus tard, un peu avant Pâques, je revenais à pied du centre ville avec mon fils (oui la croix rousse c’est pas vraiment Lyon vous savez) quand il a commencé à me dire que les lapins, les poules et les cloches c’était un peu du grand n’importe quoi. Je ne savais pas s’il attendait de moi que je confirme ou que je réfute alors j’ai appliqué ma méthode habituelle en lui demandant ce qu’il en pensait lui. Le mot « parents » est tombé, des copains avaient confirmé et là, j’ai fini par avouer pensant que le chapitre était clos. Mais il n’était pas décidé à en rester là et il a enchaîné sur Noël….c’est à ce moment de l’histoire familiale qu’au lieu de changer de sujet, créer une diversion quelconque, j’ai marmonné et acquiescé pensant qu’il était assez grand pour accueillir cette révélation.

J’ai fait preuve d’un manque total de discernement (et de psychologie aussi sûrement) car il s’est véritablement effondré en larmes sur le trottoir, inconsolable pendant un temps qui m’a paru interminable alors que la culpabilité maternelle me grignotait intérieurement. J’étais celle qui lui causait sa première grande désillusion et j’aurais volontiers laissé ce rôle à ses copains. Lui qui est tant passionné par la magie, l’illusion, voilà que je lui servais du terre à terre même si j’ai refusé mordicus de lui donner plus de détails sur l’organisation de la « supercherie ».

Pendant les jours, les semaines, les mois qui ont suivi, le sujet a été ultra sensible. Dès qu’il repensait à notre conversation, il fondait en larmes et à chaque fois il exprimait sa déception immense. Il ne voulait plus attendre jamais parler de Noël, plus voir de dessin animé avec le moindre bout de pompon blanc ou de manteau rouge. J’avais beau essayé de lui dire que c’était un secret qu’il partageait maintenant avec les grands…lui il me regardait avec cet air de me dire pourquoi as-tu été aussi pressée que je grandisse ?

Je craignais que par dépit il vende la mèche à sa sœur  surtout dans ces moments où ils se disputent et ne sont pas à une vacherie près.

Finalement il a tenu sa langue, les larmes se sont espacées et le sujet est moins revenu sur le tapis.

Et à trois semaines de Noël, voilà que je l’observe faire sa liste au Père Noël très consciencieusement, me demander si le traineau  en exposition au marché de Noël du quartier est bien le vrai et vivre cette période avec toujours la même excitation….je ne sais pas s’il joue le jeu pour sa soeur, s’il a effacé de sa mémoire cette révélation ou s’il a envie d’y croire malgré tout mais en tous cas toute la magie n’a pas disparu.

 

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