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Vous en rêvez depuis dimanche dernier, vous avez programmé une alarme sur votre téléphone pour ne pas le rater (faites semblant au moins, je me suis levée à 7h30 pour écrire ce billet – non personne ne me force )), voici les 5 j’aime de la semaine :

1-Etienne Daho aux Nuits de Fourvière

Lundi, j’ai vérifié la météo annoncée pour la soirée environ toutes les 2 h mais rien à faire, il semblait bien flotter à l’heure où j’étais sensée m’installer sur les gradins des arènes de Fourvière. En sortant du funiculaire, j’ai été accueillie par une franche averse et le ciel était tellement sombre que je ne voyais pas trop comment cela pouvait s’arrêter. J’avais un imperméable mais j’ai préféré attendre jusqu’au dernier moment à l’abri plutôt que d’être trempée (ma hantise en tant que freelance : être malade, les congés maladie n’existant pas).

Et puis Etienne Daho est arrivé et le ciel s’est dégagé, la pluie s’est totalement arrêtée (ce n’est pas la première fois que j’assiste à ce « miracle », il y a de la magie à Fourvière j’en suis sûre).  J’étais debout à quelques mètres à peine de ce chanteur que j’écoutais ado. Le premier album (pas un cd à l’époque) que j’ai eu en cadeau est celui avec Etienne Daho en marinière, un perroquet sur l’épaule. Ma mémoire est très sélective mais je me souviens très bien de ce moment où ma tante me l’a offert. C’était donc assez irréel xxxx années (on va éviter de compter mais la moyenne d’âge du public autour de moi dans la fosse était un bon indicateur )) d’entendre Etienne Daho reprendre ces chansons que j’ai tellement écoutées depuis.

Lui, la même voix, la même élégance,  le geste si dahoesque (oui j’invente des mots, je suis sur mon blog) tant il a une façon de bouger bien à lui, cette timidité qui affleure quand il parle.  Nous, tous de poncho vêtus ou presque (imaginez plus de 4000 personnes avec pas mal de cirés jaunes, effet assez comique vu de la fosse), reprenant ses refrains si souvent fredonnés.

Sur la scène, les lumières façon boîte de nuit associées aux rythmes pop du chanteur du répertoire ont transformé Fourvière en Dance Floor Géant.  Sortir ce soir, Comme un boomerang (que je préfère chanter en duo), l’invitation, Week-end à Rome (avec un très beau enchaînement avec Les flocons d’été), je les aime toutes  ! Voilà qu’Etienne Daho enchaine sur Tombé pour la France, Epaule Tatoo, Bleu de toi, Le premier jour du reste de ta vie dans des versions  2018, évitant l’écueil de jouer à fond la carte de la nostalgie. Les musiciens sont à l’unisson et assurent, Etienne Daho, dont c’est la première de la tournée « Blitz Tour », est visiblement de plus en plus à l’aise.

Il nous offre alors un moment magique en interprétant L’ouverture, la plus belle chanson sur la rencontre amoureuse pour moi.  Il la dédie à la rencontre avec le public.

Nous n’avons pas envie de le laisser partir et avant de s’éclipser, Etienne Daho chante à capella Duel au soleil avec 4400 choristes. Difficile de trouver plus belle conclusion à cette soirée aux Nuits de Fourvière.

crédit photo : D.R.

2-Youhou spécial Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Mercredi j’ai appris en regardant ma boîte mail que j’avais été sélectionnée pour faire partie du jury du Grand Prix des Lectrices Elle 2019. Cris de joie au milieu des cris des enfants (mercredi )). J’ai hâte maintenant de savoir quand je vais commencer à recevoir des livres. Je partagerais tout ça sur mon compte Instagram @bookaddictlyonnaise dans un premier temps et aussi sur le blog.

 

3-Ma nouvelle robe rouge

La photo est floue et on ne voit pas grand chose mais j’avais quand même envie de vous montrer cette robe rouge à fleurs repérée dans une boutique de mon quartier. D’abord parce que côté couleurs, je suis passée du tout noir à plus de couleurs et plus de motifs et tant pis si cela n’amincit pas. Ensuite parce que c’est le genre de robe parfaite quand on a 1) version médicale des kilos en trop 2) version soyons positifs des jolies formes.

4-Une escapade parisienne 

J’ai fini la semaine à Paris avec au programme :

-du beau temps 

 

– de gros coups de coeur sucrées dont ce cheesecake mosaïc de Pierre Hermé. Il m’a ravi aussi bien par son jeu de textures (pâte sablée légèrement croustillante, biscuit moelleux imbibé aux griottes, onctuosité de la crème légère au cream cheese et à la pistache) que par l’équilibre de ses saveurs (douceur du cheesecake pistache, saveur légèrement acidulée des griottes, pointe de sel).
J’ai adoré aussi les petits morceaux de pistache qui craquent sous le dent. Si vous aimez les cerises, la pistache et le cheesecake (en sachant qu’on est à des années lumières de certains cheesecakes un peu bourratifs, ici on n’a pas du tout envie de le partager )), foncez tant que c’est la saison des cerises.


– des moments enrichissants avec deux personnes qui sont de grosses bosseuses mais qui ne la ramènent pas, Sophie du blog Turbigo gourmandises et Karine créatrice de Montmartre Addict 

– de grandes balades à pied comme je les affectionne

-un hôtel choisi par hasard mais dont je vous reparlerai

5-La balle au pied…des playmobils

Le foot je m’en fous sauf quand les playmobil jouent avec un ballon, là je trouve cela tout de suite plus marrant :

Bonne semaine : )

(et un gros merci pour vos commentaires, sans eux, je ne suis pas sûre du tout que 12 ans après avoir ouvert ce blog je serais prête à me lever à 7h30 un dimanche matin pour écrire un billet )

Vous arrivez à écrire tout en écoutant de la musique vous ? je crois que j’ai des capacités de concentration très limitées : je n’arrive pas à lire avec la télé qui marche dans la même pièce et j’écris dans un silence total le plus souvent …pourtant j’avais envie de réécouter Julien Doré (en concert privé version intimiste  j’aime tout particulièrement la version de On attendra l’hiver juste magnifique vers la 27ème minute mais écoutez tout, c’est très beau !) après l’avoir vu pour la seconde fois sur scène cette année mardi soir. Ça se passait au Radiant, une petite salle où je suis arrivée 1h30 à l’avance parce que c’était un concert debout et que j’étais -un peu- en mode groupie. Je me suis revue avec mes copines montiliennes attendant des heures, sous le cagnard parfois, que les portes des arènes de Nîmes ouvrent pour être dans les premiers rangs venus applaudir Jean-Jacques Goldman. Alors on ne voit pas très bien sur la photo (mais honnêtement ça me gonfle les gens qui ont passé tout le concert le téléphone portable brandi pour filmer alors que ça ne va rien donner et j’ai juste pris un cliché souvenir) mais j’étais vraiment tout près, assez pour voir que lorsqu’il est arrivé sur scène ce n’était visiblement pas la grande forme. Les super fans à côté de moi dans la fosse m’ont appris qu’il avait annulé son concert la veille car il était malade. Est-ce ma présence (ben quoi ? ) ou le célèbre fluide lyonnais mais peu à peu le visage de Julien Doré a repris des couleurs et j’ai retrouvé le chanteur que j’avais vu quelques mois plus tôt. Même présence, même charisme, même voix, même communion avec le public, même talent pour manier les mots et parler d’amour (tellement bien) ce mec est un grand artiste ! et ses musiciens sont tous excellents, ce qui ne gâche rien (mais par pitié les gars oubliez la moustache, ça ne va à personne à part à Magnum). Voilà s’il passe près de chez vous et que vous aimez déjà ses chansons, n’hésitez pas, Julien Doré donne une autre dimension à ses albums sur scène et il se passe vraiment quelque chose entre lui et le public.

Si j’ai du mal à écrire un casque sur les oreilles, je peux quand même colorier et non je n’ai pas passé l’âge des coloriages surtout quand je découvre parmi les cahiers de coloriage pour les adultes qui ont fleuri, un cahier consacré aux impressionnistes. Le principe est un peu différent de ce que j’avais pu voir jusqu’à présent car il faut colorier en suivant des numéros qui correspondent à des couleurs bien précises (vous suivez ?). Je n’avais pas choisi les bons crayons de couleur (essayez un peu de colorier un nœud de chapeau microscopique ou une bouche avec des mines super épaisses) mais impossible de m’arrêter une fois que j’avais commencé et pour mon assistante (ma fille), il était hors de question de refermer le cahier sans avoir fini la peinture choisie …ça nous a bien occupé deux heures sous l’œil médusé des hommes de la maison aussi peu patients l’un que l’autre. Forcément sur ma liste de Noël, j’ai demandé des crayons de couleur pour le prochain tableau : )

coloriagecoloriage 3

coloriage bis

Et voilà le résultat (avec des crayons pas adaptés du tout) #coloriagepouradultes

Une photo publiée par Virginie (@chocoladdict69) le

Cela ne vous aura pas échappé  (ou alors il faudra m’expliquer comme vous êtes passés à côté de cette info) : dans quelques jours c’est Noël. J’avais dans l’idée de publier une recette festive mais j’ai été prise de court côté temps (la newsletter est aussi passée à la trappe, mille excuses si vous êtes abonné) alors je la réserve pour début 2015. En attendant je me suis creusée la tête pour trouver une idée de dessert pour les fêtes de fin d’année qui tienne compte des goûts de chacun (j’aime pas trop les fruits rouges / les fruits exotiques pouah / pas de chocolat pour moi/ je ne digère pas bien le …à l’aide), sans mon matériel habituel et en temps limité. Après avoir changé environ 20 fois d’idées, je me suis enfin décidée (suspense, suspense). J’ai aussi prévu de servir, à côté d’un gâteau maison, la couronne de Noël le soir du 31 (oui on fête deux fois Noël comme tous les ans, famille éparpillée oblige) un des desserts glacés signés par Philippe Gauvreau (2 étoiles au guide Michelin 2014) pour la marque Toupargel. Une crème glacée au nougat enrichie de morceaux de nougat et d’amandes s’allie au sorbet abricot dans cette couronne recouverte de chocolat.

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Philippe Gauvreau a aussi imaginé la bûche Mille et une étoiles qui marie crème glacée façon panna cotta et sorbet au fruit de la passion. Je l’ai goûtée  et c’est léger, frais et fruité, parfait après un repas riche comme peut l’être un repas de Noël.

bûches

Avant de me lancer dans les desserts, j’ai un gros article à rendre (après une période très calme niveau boulot, les choses bougent un peu et comme dirait la Compagnie créole c’est bon pour le moral). Pour occuper les enfants pendant ce temps (je vous rappelle que j’ai du mal à me concentrer avec de la musique alors en étant interrompu toutes les deux secondes parce que l’un veut une allumette/un verre en plastique / de la ficelle pour un nouveau tour de magie et l’autre que je décolle le petit bout sur le rouleau de scotch, l’aide à ouvrir les pots de pâte à modeler et j’en passe), j’ai prévu de leur proposer d’imaginer et fabriquer une guirlande de Noël avec l’appli mobile Mokkoe (disponible en version gratuite sous Androïd et sous Apple). C’est assez intuitif et facile d’utilisation pour qu’ils n’aient pas besoin de mon aide et avec ils peuvent créer des bonhommes de neige, des Pères Noël, des sucres d’orge, des bonhommes en pain d’épice, une maison en paper toy….

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 ou un personnage accro au chocolat comme le mien (on peut ajouter du texte et personnaliser un tote bag, un mug, une coque de téléphone avec sa création )

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Fin de cet article patchwork à l’image du blog…c’est pas moi qui le dit mais Cuisine AZ qui a sélectionné Chroniques d’une Chocoladdict dans le palmarès de ses blogs préférés 2014. Je vais garder ce qualificatif qui me convient très bien pour toutes les fois où l’on me demande quelle est ma thématique : )

A ceux et celles qui sont en vacances, s’enfuient au soleil (chanceux) ou chez belle maman (ça peut être être bien aussi ?), déconnectent, sont très occupés dans les jours à venir, je souhaite de très joyeuses fêtes de fin d’année avec des desserts gourmands et du chocolat j’espère : )

(desserts glacés offerts par la marque )

julien doré concert

 Il parait qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Avant de voir Benjamin Biolay aux Nuits de Fourvière, je n’étais particulièrement pas fan du chanteur. Et puis ce soir là lorsqu’il apparut sur scène, sa voix m’ensorcela, lorsqu’il se mit au piano pour chanter La Superbe, je fus totalement sous le charme et depuis il tourne sur ma chaîne hifi très régulièrement. Avec Julien Doré, l’histoire est un peu différente. Je l’ai découvert pendant l’émission La Nouvelle Star, je le trouvais marrant mais aussi qu’il en faisait un peu des tonnes. Bon j’avais quand même ses albums à la maison, j’aimais beaucoup Pour un infidèle chanté en duo avec Coeur de Pirate mais cela n’allait pas plus loin. Et puis j’ai écouté l’album Love et là j’ai tout aimé de la première parole à la dernière mélodie, j’ai aimé sa voix, sa façon de jouer avec les mots, ses musiques et j’ai tellement aimé que j’ai eu envie d’aller le voir sur scène.

Le 28 février dernier, j’étais assise au balcon de la Bourse du Travail un peu survoltée (quoique calmée par un mail pro me demandant de bosser tout le week-end alors que je partais à Marseille…il a presque failli me gâcher mon concert ce message, j’ai juste rien écouté de la première partie) et j’avais hâte de voir ce que l’album allait donner sur scène. Parfois on est déçu parce que le concert n’apporte pas grand chose de plus que le disque, parfois on voit un point très loin et on ne rentre pas vraiment dans l’ambiance (c’est pour ça que je n’irai jamais plus à la Halle Tony Garnier), parfois la musique couvre la voix du chanteur et on ne comprend pas tout ce qu’il dit. Mais ce soir là la magie a opéré à 100%. Dès que Julien Doré est apparu sur scène, il a capté tous les regards, toute l’attention de son public et plus personne ne l’a lâché une seule seconde. Non seulement il a une voix envoutante mais il a une présence scénique vraiment énorme. C’est un interprète qui vit à fond ses chansons, un très bon danseur (quel jeu de jambes et quel déhanchement ), un musicien qui passe du ukulélé au piano, un acteur qui se la joue un peu lover (j’imagine qu’à chaque concert, il y a au moins une fille avec un bouquet de fleurs) bref un artiste complet.

J’ai aimé sa façon de jouer avec le public en rallumant régulièrement la salle pour voir les visages, en nous demandant de fredonner des refrains ou de répéter des morceaux de phrase, en nous faisant danser car très vite toute la salle était debout. Alors que nous reprenions un morceau d’un de ses tubes, le voilà qui est apparu au balcon, enjambant la balustrade pour danser au dessus du public.

Les musiciens étaient excellents, la mise en scène pleine de trouvailles et d’humour et à chaque nouveau morceau c’était un vrai plaisir de découvrir une version différente de celle de l’album. Il a repris Femme like you et c’était bien mieux que l’original, ça groovait grave. Il a joué aussi quelques morceaux de ses albums précédents : Les limites, Kiss me forever, Les bords de mer.

Il m’est arrivé plusieurs fois, lors de concert, de rester sur ma faim, d’avoir l’impression que le chanteur fait son quota de chansons et puis s’en va. Pas cette fois. Non seulement Julien Doré a chanté plusieurs morceaux après les rappels mais il est revenu ensuite tout seul et au piano a encore prolongé la soirée. Julien Doré s’est donné à fond ce soir et cela s’est ressenti à centuple, je l’ai vu partir sans frustration mais avec le sentiment d’avoir partagé un très beau moment, un moment de communion, un moment de légèreté, de danse, d’émotion, un moment où l’on oublie tout ….ça va paraitre dingue mais je ne serais pas contre le revoir une seconde fois : )

crédit photo : la voix du Nord

Non mais qu’est ce qu’il a, ces temps-ci, à se toucher en public? découverte de son corps? j’avais beau lui expliquer qu’on ne fait pas ça devant tout le monde, régulièrement il glissait la main dans son pantalon.

Lors de la dernière visite chez le pédiatre, j’ai abordé la question et après avoir répondu un automatique « c’est l’âge », elle s’est penchée sur le zigouigoui de l’intéressé et m’a parlé d’adhérences douloureuses et de rougeur.

Me voilà repartie avec une crème à mettre tous les soirs, pour aider le décallotage…autant te dire que je laisse faire le papa.

Mais faut-il vraiment aider le capuchon à coulisser? sur la question, le débat fait rage ! certains évoquent l’opération comme un épouvantail (en général l’ancienne génération), d’autres comme Martin Winckler prend position contre cette pratique et affirme que cela ne sert à rien.

Alors, toi maman de garçon qui est passée par là, quelle est ton expérience? et toi Homme, c’est le moment de parler ou de te taire à jamais ?

L’homme a de nombreuses qualités dont celle d’avoir un CE qui nous permet tous les ans de profiter d’un spectacle aux nuits de Fourvière à un tarif plus qu’avantageux. Cette année pas de danse mais un concert, tu me suis?

Une chaleur écrasante s’est installée sur Lyon depuis quelques temps et c’est le jour même du concert en plein air qu’il se met à pleuvoir dès le matin. Échanges de mails au sommet pendant la journée, achat de k-way envisagé, semi-résignation à l’annulation. Finalement au dernier moment la pluie se calme, je troque mes manches courtes pour un pull et un trench (oui Madame je suis frileuse et les températures ont soudainement chuté ), pas de parapluie car c’est interdit (tu imagines les dégâts d’un jeté de parapluie collectif ) et en route joyeuse troupe.

Les nuits de Fourvière se déroulent sur la colline du même nom; pour y accéder, il faut emprunter un funiculaire aux sièges en bois et à l’allure poussive qui grimpe raide jusqu’à destination. Petit dépaysement ou grand (si tu as un peu plus d’imagination, tu peux rêver un court instant aux vieux trams jaunes de Lisbonne) garanti. Dans la rame, les habitués ont prévu les minutions : de gros coussins sur lesquelles poser ses fesses et amoindrir la rudesse des gradins en pierre.

Comme les moins organisés, les novices ou ceux qui n’ont pas envie de se charger, je récupère l’accessoire indispensable du festival fourni à l’accueil mais je fais l’impasse sur les ponchos proposés à la vente étant donné le ciel menaçant et gris. Il en va de mon image ). S’ensuit la montée des marches ou devrais-je dire l’ascension étant donné la hauteur de celles-ci (c’était des géants dans l’Antiquité ?) à la recherche de la place centrale si possible.

Une fois installée, je me livre à un de mes jeux préférés : l’observation de mes contemporains. Derrière moi, j’entends un accent américain prononcé et charmant. Avec ma grâce et ma discrétion légendaire, je me retourne, l’individu en question me sourit et je me dis que j’aurais du me contenter de fantasmer sur sa voix…la réalité est parfois (souvent?) décevante. J’ai toujours l’impression de choisir LA rangée où 5 ou 6 individus passeront leur temps à faire des allées et venues m’écrasant les pieds à chaque fois. Je repère les places réservées qui arrivent au dernier moment; ceux qui sont venus pour faire plaisir à leur belle mais qui tirent la tronche du début à la fin et ne bougent pas un cil durant tout le concert..très plaisant; ceux qui ont sorti la polaire et ceux qui ne grelottent pas à manches courtes; ceux qui semblent avoir atteri là par hasard et qui demandent à la gentille organisatrice des précisions sur l’artiste assimilé à un dépressif.

J’ai même pas vu
Que t’étais rien,
Que t’étais morte de chagrin,
Que t’étais seule comme un vieux chien,
qu’tu faisais la gueule dans ton coin.

(extrait de Tout ça me tourmente. C’est sûr que c’est pas la compagnie créole )

La première partie est assurée par un groupe, Angil and the Hiddentracks, dont je n’ai jamais entendu parler et que je n’écouterai probablement jamais plu. Elle se déroule sous une sorte de bruine qui évoque pour les plus optimistes le crachin breton et pour les autres un gars qui postillonerait assis sur son nuage là-haut. Je commence à regretter de ne pas être emballée dans le film alimentaire vendue à l’entrée.

A 21h30, Emilie Simon arrive sur scène. Si je ferme les yeux, je pense à Kate Bush version électro. La chanteuse nous raconte qu’en 2003, lors de sa venue précédente aux nuits de fourvière, quand elle avait chanté La pluie, il s’était mis à pleuvoir…tu vas pas me croire mais quelques instants plus tard il pleut et Emile Simon salue alors qu’une hola d’enfilage de k-way secoue les gradins.

Pendant que la scène se métamorphose pour la troisième partie de la soirée, je cède à l’appel du poncho après avoir tenté le coussin amorti-cul comme couvre-chef…l’humidité commence à pénétrer mes vêtements et ce serait ballot de tomber malade juste la veille de mes vacances (et problématique d’avoir 40° de fièvre avec deux enfants petits à garder). Au moment où je tends ma pièce à la vendeuse, les gouttes cessent de tomber (remboursé, remboursé!). Serait-ce la magie Biolay?

En tous cas c’est le moment qu’il choisit pour rentrer sur scène. Le ciel maintenant est dégagé, la lune pleine semble veiller sur notre assemblée et les lumières de la ville s’étalent à nos pieds (oh c’est beau!). Là les filles j’ai un scoop, Benjamin s’est lavé les cheveux avant le spectacle ! Personne ne crie son prénom mais il faut croire que le charme opère sur certaines car des premiers rangs on lui tend cadeaux et lettres.

Il ouvre le concert avec Tout ça me tourmente. Tout de suite je rentre dans son univers et suis touchée par la richesse et la beauté de ses mélodies et de ses textes. Lyon presqu’île a une résonance particulière ce soir-là pour celui qui a grandi ici. Il chante La Superbe, Night Shop, Si tu suis mon regard, L’espoir fait vivre, Prenons le large issus de son dernier album et 5-6 morceaux de ses albums précédents.  Vague d’émotion lorsqu’il interprète au piano, Ton héritage et Nuits blanches, deux véritables bijoux. Je suis dans un état quasi mystique, comme transportée ailleurs et hors du temps…ou pour le dire plus simplement j’ai des papillons plein le ventre et plein la tête et j’ai pas bu une seule bière )

Pour la petite histoire, ton héritage a été écrite pour sa fille mais quand il lui a fait écouter, elle l’a trouvé trop triste et lui a dit qu’elle préférait Black eyes peas…quelle ingratitude les gosses !)

Une avalanche de coussins s’abat sur la scène lors de la chanson finale (signe que les 4000 spectateurs présents ont aimé) et après les rappels, Benjamin Biolay revient avec Paddam et Brandt Rhapsody . Pas envie de partir mais il faut bien rejoindre une des navettes prévues pour l’occasion (c’est quand même bien fait, avoue?). Le concert se prolonge encore avec les débriefing des uns et des autres qui me parviennent aux oreilles alors que le bus descend de la colline.

1h30 je pose ma tête sur l’oreiller la tête pleine de mélodies…et dire qu’il y a un an, je n’aimais pas Benjamin Biolay.

Et toi, tu as déjà essayé les spectacles en plein air ?

Mardi dernier, je te montrais mes carnets de voyage et avouais avoir pousser le vice jusqu’au carnet de spectacle du temps où je vivais à Paris sans enfant.

L’homme à l’époque consacrait une partie de son énergie non pas dans les jeux concours mais dans l’obtention d‘invitations ou de places à tarif réduit à divers spectacles (on en a quand même payé un certain nombre et on allait aussi souvent au kiosque). Je dois avouer que cela fait partie des choses qui m’ont séduite chez lui..moi la provinciale qui n’avait quasiment jamais mis les pieds dans un théâtre.

Le rythme de nos sorties étant assez impressionnant pendant quasiment 4 ans et comme je conservais précieusement tous les tickets de nos sorties, l’idée d’un petit carnet les rassemblant s’imposa.


En dessous de chaque ticket, quelques annotations sur une anecdote liée à la soirée, une appréciation sur la pièce

En les feuilletant pour écrire ce billet, je me suis souvenue de certaines pièces alors que d’autres ne me laissent aucun souvenir. J’ai vu ces années-là pas mal de one-man show : Tomer Sisley (pas connu du tout à l’époque si ce n’est comme acteur dans une série sur la danse sur M6), Dany Mauro, Elie Sémoun (dans la toute petite salle du point virgule, ce qui était vraiment génial), Christophe Guybet (le fils de), Jean-Luc Lemoine, Stéphane Guillon, Titoff, Gad Elmaleh, Roland Madgane, Christophe Alevêque, Cartouche…

J’ai assisté à des concerts de chanteurs ou de groupes connus et inconnus : Dikès à l’Européen, Nicolas Ciccone au sentier des Halles, Tom Mc Rae au New Morning, Keren Ann à l’Elysée Montmartre, Michal à la maroquinerie (il interpréta Porte des Lilas et quelques semaines plus tard, fut un des candidats d’une des star ac !), Les Wriggles…

J’ai vu des acteurs et des actrices sur les planches : Niels Arestrup, François Morel, Roland Giraud, Michel Picoli, Muriel Robin, Bernard Lecoq, Annie Dupeyret, Robert Hirsh, Isabelle Carré, Sam Karmann, Eric Métayer, Pierre Arditi, Ariane Ascaride, Olivier Sitruck, Catherine Jacob…

J’ai posé mes fesses dans presque tous les théâtres parisiens : les blancs manteaux, théâtre rive gauche, théâtre d’Edgar, théâtre de la Main d’or, théâtre de la Renaissance, Chaillot, Comédie Caumartin, Mogado, studio des champs elysées, théâtre Edouard VII, Marigny, Palais des glaces, le trianon, théâtre fontaine, théâtre trévise, comédie de Paris, Palais Royal, théâtre du rond point, le splendid… je crois qu’à l’époque j’aurais pu écrire un guide avec des critères comme le confort des sièges, la propreté des toilettes, l’amabilité du personnel et le petit resto pas cher dans le quartier …

J’ai même vu des comédies musicales : Gumboots, Chicago (au deuxième rang, génial !), Autant en emporte le vent et une avec Rose Laurens (souviens-toi, Africa j’ai envie de danser comme moi)

J’ai poussé l’homme à assister à des spectacles de danse : Drop it (hip hop), Béjart, Mickaël Clark, Cunningham, Fosse, Alvin Ailey…


Je suis même montée sur scène une fois lors du spectacle de l’illusionniste, Gary Kurtz…l’horreur !! (et tout ça à cause de l’homme qui s’est porté volontaire pour s’assurer que les numéros n’étaient pas truqués!)

La pièce maîtresse de ces deux carnets de spectacle est un article du parisien avec nos tronches et nos avis à propos de la pièce Etat critique avec Gérard Jugnot …la photo est très drôle car on voit nos deux têtes béates et au dessus le néon du théâtre avec le titre « Etat critique » comme une légende à nos mines )…quant aux citations qui nous sont attribuées, elles sont d’une banalité assez affligeante…

J’avoue que ces soirées parisiennes me manquent un peu aujourd’hui mais  je les revis un peu à chaque fois que je me plonge dans mes carnets spectacles….

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