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Depuis quelques mois, je bosse en freelance avec le statut auto-entrepreneur dans mon cas et même si je manque encore de recul sur la question, j’ai eu envie de partager mes premières impressions. Quant on a travaillé pendant 11 ans dans la fonction publique avec des organisations plutôt très hiérarchisées et un art des procédures (c’est peut-être vrai de certaines boîtes dans le privé, j’attends vos retours là dessus), le fossé est immense. Personnellement j’ai vécu ce bond comme un saut dans le vide en parachute avec toute l’excitation que cela engendre mais aussi le sentiment que je n’avais pas de filet en dessous et que rien ne garantissait que je ne me casse pas la figure à l’atterrissage. La formation que j’ai suivie ne m’a pas préparé à toutes les questions qui se sont présentées rapidement à moi : quel statut choisir ? comment fixer ses tarifs ? comment évaluer le temps passé sur telle ou telle mission ? comment parler de soi ? qui démarcher ? J’ai demandé des conseils régulièrement à certaines personnes qui j’espère se reconnaitront si elles lisent ce billet et je les remercie mille fois pour le temps qu’elles ont bien voulu me consacrer ainsi que pour leur patience.

[typography font= »Supermercado One » size= »24″ size_format= »px »]ce que mes enfants pensent [/typography]

Je bosse à la maison mais je n’ai pas vraiment de bureau à moi, la configuration de l’appartement ne le permettant pas. Pour mon fils, mon travail consiste à, je cite, « faire de l’ordinateur » et il est incontestable qu’il me voit très souvent assise devant mon écran, qu’il m’entend régulièrement lui dire « j’envoie un mail et j’arrive » et que je n’ai pas de dossiers dans une armoire ou d’outils physiques qu’il pourrait associer à une tâche en particulier. Quant à ma fille, me voyant revenir de déplacement avec un sac, elle m’a demandé si je repartais encore en vacances. Bref bonjour la crédibilité aux yeux des enfants. J’insiste d’ailleurs sur mes rendez vous extérieurs car difficile pour eux de comprendre qu’ils restent à la cantine et à la garderie pour le grand alors que je suis à la maison . Pour le moment, je les garde le mercredi parce que l’assistante maternelle n’a plus de place ce jour là et aussi parce que c’est ce qui me coûte le moins cher mais c’est loin d’être l’idéal. Il faut à la fois que je sois disponible pour mes « clients » et pour les enfants qui ne sont pas très autonomes et qui ne font plus la sieste. Je ne sais pas s’ils voient un changement dans mon attitude mais comme je cours moins qu’à une époque, je suis moins fatiguée et plus patiente avec eux.

[typography font= »Supermercado One » size= »24″ size_format= »px »]ce que mes parents pensent [/typography]

Quand je me réjouis d’un contrat signé pour plusieurs mois, ils me rappellent qu’avant j’avais la sécurité de l’emploi à vie. Ils découvrent en même temps que moi, une vie professionnelle sans véritable cadre, me posent des questions sur mes missions et me soutiennent dans ce changement de vie professionnelle tout en étant rassurés par le fait que je n’ai pas démissionné. Mon père me fait même suivre des offres d’emploi, relaie des demandes. Ils ont compris que j’étais plus épanouie maintenant qu’avec un boulot soit plus stable mais qui ne me plaisait plus et ils m’encouragent à continuer.

[typography font= »Supermercado One » size= »24″ size_format= »px »]ce que les gens pensent [/typography]

Souvent le statut de freelance est assimilé à celui de liberté sans contrainte. C’est vrai que je n’ai plus de supérieur hiérarchique (mais j’ai toujours des « comptes à rendre » aux commanditaires, aux clients pour lesquels je travaille ), j’organise mes journées comme je veux mais ça ne signifie pas que je me lève à 10h ou que je vais au cinéma l’après-midi parce que j’ai moins de travail. D’abord j’emmène les enfants à l’école la plupart du temps, ensuite les journées défilent affreusement vite et je sacrifie même régulièrement mes pauses déjeuner pour gagner du temps. Quand j’ai un creux, je prospecte, je me renseigne, je me mets à niveau bref on oublie l’ambiance vacances. Quand j’ai un rendez vous à l’extérieur, je n’avance pas stricto senso sur le travail à effectuer mais sans rendez vous, pas de nouveaux clients. Ce que j’apprécie le plus c’est de pouvoir arranger mon planning de la journée comme je le souhaite, d’avoir cette souplesse qui fait défaut quand on a des horaires fixes. Forcément il faut aussi être prêt à bosser le week-end ou en soirée si on a eu un imprévu ou si on s’est offert une pause avec une copine en journée.  On m’a demandé à plusieurs reprises si j’arrivais à me discipliner puisque j’étais toute seule et mon propre patron en quelque sorte. Pour moi, la question ne se pose pas si on est passionné (dans la limite tout de même de la rétribution financière) et si je compte le nombre d’heures que je travaille à la maison, il est largement supérieur à mes horaires d’avant alors que je n’ai personne pour me surveiller ou pour vérifier mon boulot.

[typography font= »Supermercado One » size= »24″ size_format= »px »]ce que j’en pense [/typography]

Je ne regrette pas du tout ce choix et quand la possibilité d’un CDI se dessine avec le retour à une vie professionnelle plus cadrée, réglée, je freine des quatre fers. J’évite de trop me projeter (et si je tombe malade que se passe-t-il ? ), au niveau protection, il est certain que j’ai un statut bien plus fragile qu’avant. Question sociabilité, je me pose encore la question du co-working au moins une journée dans la semaine, histoire de rencontrer des gens, de « profiter » d’une certaine émulation mais pour le moment je n’ai pas le budget. Je sors grâce à mon blog, à Yelp Lyon, je vois régulièrement des amies et je ne souffre pas pour l’instant de cette relative solitude. Si j’avais un conseil à donner à celles et ceux que l’aventure de l’auto-entreprenariat tente, c’est de mettre des économies de côté avant de vous lancer pour vous éviter des nuits et des jours d’angoisse et le « mode survie » comme j’ai coutume de l’appeler et dont j’espère sortir peu à peu dans les prochains mois.

Pour conclure avec la minute personal branding, je m’occupe désormais en tant que community manager de la page fan Facebook de Zesprit Kiwifruit France, il est donc tout à fait possible que le kiwi soit la star des recettes que je mets en ligne sur ce blog. Si vous aimez les kiwis, si vous avez envie de me suivre dans cette aventure, je compte sur vous pour cliquer sur « j’aime » et faire exploser le compteur de la page !

Et vous, le statut de freelance vous y avez déjà songé ?

crédit photo : Kate Rodgers

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