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C’est un beau roman

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J’ai beaucoup de retard dans mes chroniques de livres. Sans surprise, je lis plus vite que je n’écris au sujet de mes lectures et l’exercice me prend toujours du temps. Alors pour tenter de rattraper ce retard, je vais tenter d’être concise MAIS convaincante. J’attaque avec cette saga dont j’ai entendu parler grâce au prix bookstagram, Les frères K de David James Duncan.

Face à ce pavé

Les frères K compte plus de 800 pages, je craignais que cela ne tienne pas la longueur, que cela devienne plus ennuyeux les chapitres passant, un peu comme on est parfois déçu par la saison 2 d’une série après avoir adoré la saison 1.

J’en savais un peu plus sur ce roman qu’habituellement car j’avais suivi avec intérêt les débats en ligne des lecteurs du prix bookstagram à son sujet. Il ne m’avait pas échappé que le baseball avait une place très importante dans ce récit. Or je n’y connais rien et le sujet, à priori, ne me passionne pas.

Et puis j’ai plongé ….

Dans une ville de l’Etat de Washington, dans les années 60 pour faire la connaissance à travers le regard de Kincaid de la famille Chance. Il m’a fallu exactement 8 pages pour avoir envie de lire la suite !

Je l’ai lu aussi doucement que possible car je savais que plus la fin se rapprocherait, plus j’aurais du mal à dire au revoir à tous ses personnages qui étaient devenus vivants, complexes, attachants au fil des pages.

Les frères K

Pourquoi les frères K est un gros coup de cœur

L’auteur a le talent de décrire des scènes de famille du quotidien comme si on était avec eux (en particulier dans la première partie du livre) et il a l’art de la chute.

La plume de David James Duncan est créative : par exemple pour raconter une partie de l’histoire du père, l’auteur a imaginé une rédaction écrite par Kincaid (le plus jeune garçon) avec ses fautes, son point de vue, son décalage. C’est drôle et surprenant !

En lisant ce roman, j’ai eu l’impression d’être une chercheuse d’or avec un tamis qui n’arrêtait pas de trouver des pépites. La scène du repas familial organisée autour de la présence du père et l’analogie avec une tour de cubes ou celle décrivant Kincaid, paralysée face à une sœur à qui il doit réciter un verset, sont savoureuses comme tant d’autres !

De la grand mère anglaise qui rejette le sport et la religion (dans une famille où les deux occupent une place cruciale) à la mère adventiste, des jumelles appelées « les deux savantes » car elles mènent des expériences aux grands frères, aucun personnage n’est sacrifié, l’auteur aime chacun d’eux.

Les passages sur le baseball sont nombreux et parfois assez détaillés mais rien n’est gratuit, ils sont toujours là pour « servir » l’intrigue, comme angle dans la narration et je ne les ai jamais zappés.

A travers la saga de cette famille Chance et le portrait de la société américaines des années 60, Les frères K abordent la religion et la spiritualité, la guerre du Vietnam, les relations fraternelles, les chemins qui se séparent, le travail à l’usine et l’impact du capitalisme sur l’environnement, le poids de l’enfance, les idéaux….

Enfin et c’est peut-être le plus important, on passe du rire aux larmes sans rien voir venir.

Bref si vous aimez les sagas, ne vous laissez surtout pas impressionner par le nombre de pages, et vous aussi, invitez-vous dans la famille Chance !

Les frères K, David James Duncan , Monsieur Toussaint Laventure

Je ne sais pas si cette sélection de 10 livres pour voyager cet été consolera ceux et celles qui ne peuvent pas partir loin ou même partir tout court (je vous épargnerai le fameux « l’aventure est au bout de la rue« , voyager est un luxe et pas un choix comme on le lit souvent ).

J’avais envie, à cette occasion, de redonner une chance à quelques livres dont j’ai parlés sur le blog et qui, il me semble, sont passés inaperçus (peu lus, pas commentés). Ils ont un point commun : ils vous embarquent en quelques pages loin de chez vous et pour moi, c’est aussi une façon de voyager. Alors prêt(e)s à embarquer ?

1-En Islande avec Entre ciel et terre

Kit de voyage : des vêtements chauds pour supporter le climat rigoureux, un carnet de notes pour noter la langue si poétique de l’auteur

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur Entre ciel et terre

2-A Naples avec la saga d’Elena Ferrante

Kit de voyage : Des lunettes de soleil, de la crème solaire, un chapeau et peut être quelques amaretti

le nouveau nom

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur Le nouveau nom

3-En Alaska avec Le grand marin

Kit de voyage : un imperméable, des bottes pour la pluie, de la crème pour les mains abîmées pour le travail physique, des cachets contre le mal de mer

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur Le grand marin

4-En Moyen-Orient avec l’Arabe du futur

Kit de voyage : des boules Quiès pour savourer chaque planche et ses détails

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur le premier volet de l’Arabe du futur

5-Au Japon avec Les délices de Tokyo

Kit de voyage : de la purée de haricots rouges et un bon thé vert

Les délices de Tokyo

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur Les délices de Tokyo

6-A New York avec Une vie comme les autres

Kit de voyage : des mouchoirs !

une vie comme les autres

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur Une vie comme les autres

7-A Londres mais aussi en Australie et en Afrique du Sud avec Numéro 11

Kit de voyage : des scones et de la clotted cream

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur Numéro 11

8-En Laponie avec Le dernier lapon

Kit de voyage : un plaid bien chaud

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur Le dernier Lapon

9-En Finlande avec Nos souvenirs sont des fragments de rêve

Kit de voyage : Votre madeleine de Proust parce qu’il est beaucoup question de mémoire dans ce superbe roman

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur Nos souvenirs sont des fragments de rêve

10-En Inde et aux Etats-Unis avec un fils en or

Kit de voyage : un curry de lentilles avec un soda, le protagoniste de l’histoire étant partagé entre sa culture d’origine et ses nouvelles habitudes américaines

Un fils en or

Envie d’en savoir plus ? Ma chronique sur Un fils en or

D’autres idées de voyages

♦en Angleterre avec Des cornflakes dans le porridge de Bill Bryson dont je vous conseille aussi Nos voisins du dessous (cela se passe en Australie et c’est vraiment drôle !)

♦dans la grosse pomme avec Le gang des rêves (plus gai que celui de ma sélection !)

♦En Islande avec Asta (du même auteur qu’Entre ciel et terre) et Snjor de Jonasson

♦A Lisbonne avec Pereira prétend d’Antonio Tabucchi

♦En Argentine avec Mapuche de Caryl Ferey et aux 4 coins du globe avec Pourvu que ça brûle

♦ De la riviera à Cuba avec Mrs Hemingway de Naomi Wood

Bonnes lectures estivales ! Vous partez où, vous ?

Si vous aimez les romans qui interroge les nouvelles façons d’aimer à l’ére des réseaux sociaux et des applications de rencontre alors Comme elle l’imagine devrait vous plaire ! 

Laure a « connu » Vincent sur Facebook. De commentaires publics ils sont passés aux messages privés puis aux SMS si fréquents à présent que Laure a l’impression que Vincent est avec elle le soir lorsqu’elle rentre du travail. 
Laure est tellement accro à leur relation virtuelle qu’elle préfère aux « vraies » sorties et soirées son écran. Mais bientôt Laure se demande pourquoi cet homme pour qui elle ressent une telle alchimie ne semble pas pressé de la rencontrer ?

Les supers pouvoirs de Comme elle l’imagine :

♦J’ai aimé chez Laure le réconfort qu’elle trouve dans les livres, ses rêveries (comme elle l’imagine c’est comme elle l’imagine lui mais aussi la rencontre.. idéalisée), sa façon de lier état amoureux et chansons. Sa solitude m’a touché, son hypersensibilité aussi.

♦J’ai aimé ce que j’appelle leur ping pong verbal ou plutôt écrit.

Stéphanie Dupays dissèque avec justesse le sentiment amoureux mais aussi l’addiction et la servitude créées par les écrans. 

Avec le smartphone, l’amoureux inquiet, le parent apeuré, le travailleur méticuleux se sentaient libérer de l’incertitude. Ils pouvaient joindre l’être aimé, l’enfant ou le chef à tout moment, savoir quand il ils s’étaient connectés à leur messagerie pour la dernière fois. Pourtant l’omniscience masquait une servitude volontaire. Oui ils savaient précisément à quelle heure leur interlocuteur avait lu leur message mais pourquoi ne répondaient-ils pas ? L’ objet magique devenait instrument de torture. « 

À votre avis, la rencontre avec Vincent sera t elle à la hauteur des espoirs de Laure ?

Si vous avez aimé, vous aimerez aussi Celle que vous croyez .

17 nouvelles, 17 presque morts, 17 fois où Maggie O’Farrel raconte dans I am, I am, I am, non pas sa vie mais sa mort, 17 fois où la vie a repris le dessus.

N’est ce pas exagéré ? 17 fois pour une femme née en 1972 c’est beaucoup et puis écrivain ce n’est ni cascadeur, ni reporter de guerre ni soldat.

17 fois face à la mort

Pourtant dès le première chapitre de I am, I am, I am, la mort est bien là, sous différents traits, touchant à chaque nouvelle à une partie du corps différente, des poumons au cœur en pensant par le crâne ou la colonne vertébrale (cela sert de titre à chaque nouveau chapitre).

Maggie O’ Farrel a-t-elle été particulièrement malchanceuse pour côtoyer si souvent la Grande Faucheuse ? ou au contraire, incroyablement chanceuse d’y échapper tant de fois ? Elle a une façon de l’affronter, sans détour, droit dans les yeux, la défiant presque parfois.

Peut-être parce que celle-ci a plané très tôt au dessus de sa tête, bien avant qu’elle ne devienne une écrivaine. Est ce parce qu’elle a eu conscience, bien plus qu’un autre enfant, du caractère fragile de la vie, qu’elle a vécu les choses à 200 %, surestimant parfois ses forces ?

Effroi, peur, résignation (quand un avion dans lequel elle se trouve manque de s’écraser), instinct de survie, impuissance face à la souffrance d’un enfant mais aussi espoir et humour, Maggie O’Farrel dissèque et analyse ses propres réactions face à la mort et à la douleur avec une incroyable finesse.

Autobiographique mais universel

I am, I am, I am aurait pu être égocentrique, égocentré, le livre, pourtant très autobiographique, est au contraire universel.

Lorsqu’elle écrit sur ses fausses couches, chacun de ses mots ont trouvé un écho en moi : le sentiment d’être la seule à être passée par là (non pas que ce soit particulièrement rare mais c’est tabou et aucune amie, femme de mon entourage ne m’en a jamais parlé), la culpabilité, l’absence de psychologie du corps médical, le déni, la colère, l’abattement, Maggie O’Farrel décrit tout. Je pensais pouvoir revivre ces moments là sans affect. La cicatrice est refermée depuis longtemps mais elle est toujours là.

Il existe un courant de pensée qui préconise que les femmes victimes de fausse couche fassent comme si de rien n’était, métabolisent l’événement au plus vite et reprennent leur vie. C’est un mauvais moment à passer, s’est vu dire une des amies, sèchement, par sa belle mère.
A ce genre de réflexion, je réponds : Pourquoi ?
Pourquoi devrait-on faire comme si rien d’extraordinaire ne s’était passé ? N’est-il pas extraordinaire de concevoir la vie puis de la perdre ?

Lorsque Maggie O’Farrel évoque combien le train train lui pèse et l’étouffe (alors qu’il est sensé être rassurant, une sorte de cocon), ses mots aussi résonnent :

J’avais passé des années à me sentir déroutée, déconcertée par le sentiment d’insatisfaction, de contrainte que me procurait le quotidien, la monotonie, la pénibilité de la routine, par cette répétitivité qui agace, qui chatouille ».

Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai été glacée d’effroi, rageuse contre ce gynécologue trop imbus de lui même pour avoir le moindre doute sur ses décisions médicales, j’ai suffoqué et manqué d’air, j’ai retenu mon souffle, comme si c’était moi qui était en danger.

Intense et bouleversant, I am, I am, I am, nous rappelle combien la vie tient à un fil.

Chaque année, je me laisse surprendre par cet amoncellement de choses à ne pas oublier en Juin. C’est la fin de l’année scolaire et tout tombe en même temps : spectacles de fin d’année, sorties scolaires, dossiers à remplir déjà pour la rentrée. S’ajoutent des anniversaires, des fêtes, des rdv médicaux et la notion de charge mentale prend tout son sens. Cela a un côté épuisant et je n’ai pas encore trouvé la solution, s’il y en a une, pour passer ce mois, sans avoir l’impression d’avoir en permanence une check list à cocher dans la tête. La troisième ordonnance littéraire s’est ainsi imposée : prendre, à travers la lecture des Délices de Tokyo, le temps de savourer l’instant présent, tous les petits détails du quotidien, ceux que, parfois, on ne remarque plus, quand on a l’esprit trop saturé.

Diagnostic ? Vous n’avez pas remarqué le massif de fleurs en pleine floraison en sortant du métro, vous avez avalé votre déjeuner le plus vite possible pour gagner du temps et le soir lorsque vous jetez un œil sur votre journée, vous avez juste l’impression que quelqu’un appuie sur la touche accélérée.

Posologie : Quelques pages tous les soirs des Délices de Tokyo de Durian Sukegawa, prendre le temps de tout arrêter pour respirer, ne rien faire, ne serait-ce que quelques minutes.

Les délices de Tokyo a atterri dans mes mains, prêté par des amis. J’avais entendu parler du film mais je ne savais pas grand chose sur l’histoire, si ce n’est qu’il était question de nourriture.

Le pitch ? Sentarô tient, sans grande conviction ni enthousiasme, une échoppe où il confectionne tous les jours des dorayaki, ces pâtisseries japonaises qui ressemblent au moins visuellement à des pancakes et qui sont fourrées de pâte de haricots rouges. Après pas mal d’hésitations, il accepte d’embaucher Tokue, une vieille femme aux doigts étrangement déformés. Elle connait tous les secrets pour confectionner le « an » dans les règles de l’art et la clientèle de la boutique se met alors à être de plus en plus nombreuse.

Si on était dans un film américain, Sentarô apprendrait à son tour à faire la meilleure pâte de haricots rouges de la ville, les clients seraient tellement nombreux que bientôt la presse et les réseaux sociaux ne parleraient plus que de lui. Il deviendrait riche et célèbre et il épouserait sa cliente la plus fidèle et la plus timide.

Vous vous en doutez les choses ne se déroulent pas ainsi, le fil conducteur des Délices de Tokyo étant la rencontre entre Tokue et Sentarô, et comment la philosophie de vie de la vieille dame va « influencer » le jeune homme, comment elle va, peu à peu, l’amener à voir les choses sous un autre angle.

Durian Sukegawa, crédit photo : Albin Michel

Ce que j’ai aimé ?
♦Les passages qui ont trait à la confection des dorayaki mettent l’eau à la bouche et donnent envie de goûter cette spécialité japonaise

♦Le livre est rempli de poésie et est réellement émouvant dans sa dernière partie

♦A travers le personnage de Tokue, j’ai appris la façon terrible dont les lépreux au Japon ont été mis en quarantaine de manière obligatoire, coupés de leur famille et de leurs amis. Ils ont vécu dans des léproseries, véritables ghettos une grande partie de leur vie. La loi adoptée dans les années 40 n’a été abrogée qu’en 1996 !

Pour aller plus loin sur ce sujet :
Les lépreux japonais sortent de leur ghetto
Ce que Miyazaki Hayao a appris d’anciens lépreux

crédit photo : D.R.

Traitement complémentaire

♦ Préparer des dorayaki et les goûter. J’ai acheté de la pâte de haricots rouges toute prête dans l’épicerie Ace Gourmet à Lyon et j’ai suivi une recette trouvée sur le net. Le résultat était très différent du dorayaki que j’ai acheté tout prêt (pas folle la guêpe) et pas assez satisfaisant pour que je vous les montre. Quant à la pâte de haricots rouges, en toute honnêteté, je n’en ferais pas mon quatre heures. Cela dit, je suis contente d’être allée au bout de mon idée.

♦ Regarder le film Les délices de Tokyo de Naomi Kawase, inspiré du roman

♦ Lire le nouveau roman de Durian Sukegawa, L’enfant et l’oiseau

Vous connaissez ce livre ou le film ?

Les coups de foudre littéraires vous y croyez ? Moi oui ! Ils sont rares, inexplicables, magiques et on ne les oublie pas. La dernière fois que cela s’est produit c’était avec le roman Ásta de Jón Kalman Stefánsson découvert dans le cadre du Grand Prix des lectrices Elle. J’ai tellement aimé ce livre que j’ai longtemps hésité avant de me pencher sur un nouveau titre. Je ne voulais pas ternir mon éblouissement. Et puis la curiosité l’a emporté comme toujours et j’ai ouvert le tout premier roman de cet auteur islandais traduit en France par Eric Boury (formidable traducteur !), Entre ciel et terre.

Entre ciel et terre

J’avais prévu d’aller écouter Jón Kalman Stefánsson aux Assises Internationales du roman et juste avant je me suis replongée replonger dans son univers si poétique et mélancolique avec Entre ciel et terre

Si le format de cette rencontre (dans un grand espace avec beaucoup de monde, ce qui enlève pour moi tout sentiment de proximité et de convivialité ) ne m’a pas convaincu, j’ai écouté chaque mot de cet auteur qui s’est révélé charmant, drôle et tout aussi poétique que dans ses romans. J’ai noté quelques uns de ses mots, quand il répondait aux questions de Gladys Marivat, journaliste au Monde. 

« Il n’y a aucune logique dans la vie. Les écrivains écrivent sur les êtres humains qui ne fonctionnent pas ou sur un monde imparfait. Si un jour le monde est parfait, on va tous mourir d’ennui. »

« J’espère un jour que je serai vieux mais je ne pense pas que je serai sage. »

« Le roman est une forme extraordinaire. Le roman est un poème, une pièce de théâtre, un journal intime, c’est du rap, du rock,  du rêve. » 

« Toute écriture essaie sans même le vouloir d’arrêter le temps.  Si je réussis à ralentir le temps, je peux raconter tellement de choses. J’essaie de faire d’un moment, une éternité. » 

« Un écrivain a plus que les mots. Il a l’espace entre les mots et parfois l’espace est plus important que les mots. »

« La mer en Islande offre et prend.  »

Jón Kalman Stefánsson nous a raconté alors que pour lui les marins étaient des héros comme Captain America ou Iron Man. A 16 ans, il a embarqué sur un navire de pêche et a été malade pendant 15 jours. Il a décidé alors qu’il ne serait pas héros mais écrivain.

Philippe Forest, autre écrivain présent à cette rencontre, a confié que ce qu’il aimait dans les livres de Jón Kalman Stefánsson est qu’ils échappent totalement au néo-naturalisme qui pèse aujourd’hui sur la littérature.

Entre ciel et terre

Il a ajouté qu’il avait été séduit par leur étrangeté, par cette parole ancienne et pourtant formidablement contemporaine. C’est exactement ce que j’ai pensé en lisant Entre ciel et terre. L’histoire se déroule il y a un siècle, dans un village de pêcheurs en Islande. Aucun lien avec ma vie et pourtant les mots de l’auteur traversent le temps, traversent l’espace et font écho car les questionnements et les doutes de ses personnages sont universels. 

Dans ce village de pêcheurs, où la neige est encore présente en mars, le pharmacien vend aussi des livres :

« Les ouvrages sont tellement imprégnés de l’odeur des drogues que nous conservons ou recouvrons la santé rien qu’en les respirant, allez donc dire après qu’il n’est pas sain de se plonger dans les livres. »

Un livre est d’ailleurs central dans cette histoire, Le Paradis perdu de Milton. Sans vouloir rien dévoiler, ce poème épique va causer la mort d’un des personnages mais aussi sauver une vie.

Entre ciel et terre

La très bonne nouvelle est qu’Entre ciel et terre est le premier volet d’une trilogie et qu’il a écrit d’autres romans en dehors de cette trilogie. Je me réjouis de pouvoir retrouver à nouveau cette plume si poétique et mélancolique qu’il est difficile de ne pas noter tous les passages !

A lire absolument !!

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