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C’est un beau roman

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En janvier j’ai été à Rhode Island, en Californie, à Amsterdam, dans l’Est de la France…et tout cela avec une poignée de romans. Bien entendu, j’aimerais pouvoir voyager physiquement plus souvent, m’offrir un séjour comme au cinéma (grâce au tout nouvel outil de l’agence de voyages Expedia qui permet à ses utilisateurs de découvrir une multitude de séjours dans le monde entier, tous inspirés des scènes de leurs films préférés) à Rome ou à Glascow. Néanmoins les livres restent un formidable moyen de vivre ailleurs, d’autres vies, d’autres époques. La preuve ce mois ci, à travers mes lectures :

-je me suis projetée à Lyon pendant l’occupation et j’ai appris combien la parole des survivantes avait été enfuie au retour des camps :

 

 

 
 
 
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🌺 SOEURS INSEPARABLES🌺 Je ne connaissais que les grandes lignes de l’histoire tragique de Simone Veil. Je ne savais rien sur son père qui pensa pendant longtemps que les juifs français seraient épargnés, rien sur sa sœur Denise agent de liaison à Lyon, rien sur Milou et sa fin tragique, rien sur son frère Jean dont on ne saura jamais vraiment où et comment il est mort. 🌺🌺 Les inséparables revient sur les quelques années qui ont précédé la déportation de Simone Veil et de sa famille, sur le retour des survivantes et sur l’après jusqu’aux années récentes où chaque semaine Simone Veil et Denise se retrouvaient, inséparables face à leur lourd passé. Étrange de lire que le siège de la police allemande était place Bellecour ou qu’un lieu de rendez vous pour les résistants était place Jacobin. Dur d’imaginer le climat de suspicion et de peur régnant à Nice. Impossible de comprendre ce que ces soeurs ont vécu dans les camps mais indispensable devoir de mémoire. « L’entourage réagit à l’unisson : Tournez la page. Oubliez c’est du passé. Combien de fois ont-elles entendu ces phrases toutes faites. C’est l’inverse pour oublier il faudrait parler, il faudrait qu’on les écoute, qu’on mesure ce qu’elles ont enduré. » 🌺🌺 #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #document #grandprixdeslectriceselle2019 #deportation #histoire #simoneveil #lyon #blog

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-Je me suis demandée si je ne devrais pas prendre des cours pour être capable de faire un massage cardiaque si un jour …

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🔻DE BATTRE SON CŒUR S’EST ARRÊTÉ🔻 D’abord il y a ce drôle de ronflement et elle croit que son amoureux fait l’imbécile. Puis le front luisant et cette poitrine qui ne se soulève plus. Nous lecteur, on se retrouve suspendu à chaque minute, celle qui sauve, celle qui rapproche de la mort ou l’en éloigne. Comme elle, on a peur, on a le ventre noué, on est cotonneux, on imagine le pire mais on garde espoir, on suit le rythme des phrases courtes comme des pulsations cardiaques. 💪Le super pouvoir de Vigile ? 💪 Rendre universel un drame personnel et intime (ce que nous raconte l’auteure, elle l’a vécu) sans jamais tomber dans le pathos. Vigile est une déclaration à l’homme qui partage sa vie, à ceux qui sont là quand on se sent si seul, un hymne à cette vie qui peut basculer en une nuit. 🔻🔻 À déconseiller peut être aux hypocondriaques (je ne le suis pas mais ça m’a secoué). Vous l’êtes ? #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #amour #roman #rl2019 #lecturedumoment #lecture #lyonnaise #blog #vendredilecture

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-Je me suis passionnée par un thriller plaçant la loi au cœur de son intrigue (inspiré de faits réels)

 

 

 
 
 
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⚖️LA LOI EST DURE MAIS C’EST LA LOI ⚖️ Cela commence comme un thriller « classique  » avec l’histoire d’un serial killer qui assassine sauvagement deux femmes et trois enfants. Sauf que Kwame Diggs est mineur et que le Code Pénal de Rhode Island prévoit alors que tout délinquant juvénile doit être libéré à ses 21 ans. Et c est ainsi que ce livre bascule dans un thriller beaucoup plus intéressant, haletant. 💪Les super pouvoirs de Dura Lex 💪 🔻Mettre au cœur de l’intrigue un questionnement moral : peut-on pour la sécurité de tous (si Kwame ressort il tuera à nouveau c’est certain) bafouer les libertés individuelles d’un individu ? 🔻Montrer le pouvoir et les dérives de la presse et de la justice. 🔻Construire l’intrigue de manière à ce que ce soit haletant MAIS intelligent et alors même que très vite on sait qui est le coupable. 🔻C’est rythmé, c’est crédible et cela me donne très envie de découvrir d’autres titres de cet auteur ! Et vous vous connaissez Bruce Desilva ? ⚖️⚖️ #bookstagram #bookish #lecture #polar #romannoir #litteratureamericaine #justice #grandprixdeslectriceselle2019 #livrestagram #blog #lyonnaise

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-J’ai passé quelques soirées avec Berlioz apprenant que de son temps, il était beaucoup plus aimé à l’étranger qu’en France

-J’ai suivi Helen et Franck de Rome à Londres en passant par Amsterdam et la Normandie mais sans vraiment croire à leurs voyages 

 

 

 
 
 
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◾DANS SON OMBRE◾ Cela pourrait être une histoire d’amour mais pour qu’il y ait histoire ne faut il pas être deux ? Ma dévotion est plutôt la vénération d’Helen pour Franck, son dévouement quasi total pour cet homme raconté dans des chapitres très courts. ◾◾ Le problème est que je n’ai jamais vraiment cru à cette histoire. Est ce parce que j’ai trouvé un peu gros que nos deux protagonistes habitent comme par hasard à côté après avoir tous deux vécu dans divers pays ? Est ce parce que les clichés sur la jeune fille normande.-plouc et arriviste-qui monte à Paris m’ont agacé ? Est ce parce que les violences sexuelles subies par Helen sont très vite oubliées ? En tous cas Helen et Franck sont restés pour moi des êtres de papier et les décors du carton pâte. Je n’ai lu que de très bons avis au sujet de ce roman mais pour moi l’adoration n’a pas eu lieu. ◾◾ #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #grandprixdeslectriceselle2019 #litteraturefrançaise #lyonnaise #lecturedumoment

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-je me suis demandée s’il fallait être tout le temps méfiant dans la vie …ou pas 

 

 

 
 
 
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♦️ SOUS INFLUENCE ♦️ Il y a des auteurs qu’on aime mais qui écrivent un peu toujours le même livre. Entre un jour tu raconteras cette histoire (l’avant dernier livre de Joyce Maynard qui m’avait bouleversé) et De si bons amis (titre français; Under the influence en anglais ), les intrigues n’ont rien à voir. Cette fois Joyce Maynard nous raconte l’histoire d’Hélène McCabe qui est au fond du trou et qui rencontre un couple de riches Californiens qui lui tend la main… Mais sont ils si désintéressés qu ils ne paraissent au premier abord ? En y réfléchissant bien, il y a au moins un trait commun entre chaque livre de l’auteur : sa capacité à dresser des portraits de femmes complexes et touchants. 💪Le super pouvoir de Si bons amis ? 💪 Instiller peu à peu un sentiment diffus de malaise, mettre le lecteur sur le qui vive, construire une histoire qui bascule peu à peu dans l’amitié toxique en nous tenant, nous lecteur, sous influence. Peut être pas mon roman préféré de Joyce Maynard mais je m y suis laissée prendre avec plaisir guettant le moment où le « rêve américain » bascule en drame. #litteratureamericaine #joycemaynard #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #lecture #lecturedumoment #lyonnaise #blog

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-Enfin j’ai lu le dernier Goncourt, pas parce qu’il a eu ce prix mais parce que le thème m’intéressait. Je l’ai trouvé assez désespérant sur l’état de notre société même si l’auteur est une preuve qu’on peut parfois s’échapper d’une route tracée par un milieu social.

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♦️ DESENCHANTE ♦️ Ils ne sont pas si fréquents les romans qui peignent une fresque sociale, qui disent l’injustice par le biais de l’intime ou peut-être que d’habitude je ne les lis pas. Les enfants après eux est le portrait d’une région (l’est de la France, les hauts fourneaux) sinistrée par la désindustrialisation, une France des villes moyennes et des zones pavillonnaires plutôt invisible dans les médias. C’est aussi un retour dans les années 90 à travers 4 étés (avec plein de références qui font tilt) et le portrait d’adolescents qui rêvent tous de fuir ce lieu qui semble comme une entrave à leur liberté. 💪Les super pouvoirs de ce roman 💪 Démonter quelques idées toutes faites. On a coutume de dire que quand on est jeune tout est possible, l’auteur nous suggère (car il n’est jamais dans la démonstration) le poids du milieu social. Non l’école n’est pas ce fameux ascenseur social, les formations sans débouchés sont légion, les emplois abrutissants aussi. J’ai souvent entendu mes parents dire qu’ils vivaient mieux que leurs parents mais aujourd’hui ? Tout au long du roman, s’installe comme une sensation de moiteur, d’anesthésie liée à la chaleur, à l’alcool et la drogue qu’on consomme pour oublier mais aussi comme pour traduire ces destins englués par leur situation sociale. Le propos n’est jamais didactique car tout est dit à travers les trajectoires d’adolescents, leur éveil à la sensualité, leurs relations avec les parents. Même si j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs dans ce roman, Les enfants après eux réussit à nous dépeindre des vies d’ennui et sans beaucoup d’espoir mais construit de telle sorte qu on a envie de connaître la suite. Assez désespérant mais éclairant ! ♦️♦️ #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #roman #fresquesociale #lyonnaise #goncourt #lecture

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Je n’ai pas eu d’énorme comme coup de coeur en janvier (mon dernier étant Asta ), mais j’espère que ce petit récapitulatif vous donnera envie de lire un de ces livres.

Bonnes lectures !

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J’ai déjà plus ou moins « élu » les livres qui m’ont le plus marqué cette année dans une sélection de livres à offrir pour les fêtes alors pas de nouveau best of, ni de reprise de tous les livres lus mais un retour sur une année où les livres ont eu plus d’importance pour au moins 3 raisons.

D’abord j’ai créé un compte Instagram, bookaddictlyonnaise, dédié aux livres fin avril et j’ai découvert une communauté très active, réactive, engagée, bienveillante, avec des textes longs, de l’imagination, de la créativité et le même goût de la lecture. Pour une fois je ne me suis pas posée la question de ma légitimité. J’ai toujours aimé partager mes lectures (quand je bossais en bibliothèque, sur le blog, dans la vraie vie), j’ai découvert une autre façon de le faire, plus synthétique, pas en remplacement du blog mais en complément (ou peut être pas, selon les destinataires).

Ensuite j’ai envoyé ma candidature pour faire partie du jury du Grand Prix des lectrices Elle 2019 et j’ai eu la chance d’être retenue. Depuis fin août, je reçois chaque mois dans ma boîte aux lettres des romans, des polars, des documents que je lis, note et commente. Cela m’a permis de m’aventurer hors de la fiction, d’aller vers des auteurs que je n’aurais pas forcément choisi, d’échanger autour de tel ou tel roman et d’avoir un énorme coup de coeur.

Cela a boosté mon rythme de lecture : je n’ai noté les titres des livres lus que très sérieusement à partir du mois de septembre mais j’évalue à un peu plus de 80, le nombre de romans, bd, beaux livres, documents, albums lus en 2018.

Enfin en tant que freelance, j’ai eu l’opportunité d’accompagner une bibliothèque dans la prise en main et le lancement d’un compte Instagram. Cela a été l’occasion d’analyser la manière dont les différents acteurs du livre se sont appropriés cet outil, comment ils l’utilisent. J’ai pris autant de plaisir à construire ma formation qu’à la donner et à échanger. Ce retour en bibliothèque par le biais de la formation a été très stimulant et gratifiant.

Et puis en vrac les livres ont « changé » ma vie ainsi :

-j’ai acheté un cahier spécial où je note toutes mes impressions de lecture, quelques citations (il est presque fini car je gribouille beaucoup, ça part dans tous les sens !)

-même quand un livre me tombe des mains, si je dois le lire pour le jury, je ne l’abandonne pas

-je me suis offert bien plus de voyages que mes moyens financiers ne me le permettent : Guadeloupe, Italie, Islande, Corse, New York, Algérie, Suède, Finlande…

-j’ai développé un petit côté « amie des bêtes  » (qui a concordé avec l’arrivée d’un chat chez moi) avec La vie secrète des animaux, Chats ce qu’ils essaient de nous dire, Panda Love

-je me suis glissée dans la peau d’une actrice, d’un flic, d’un comte, d’une inspectrice du guide Michelin, de femmes particulièrement culottées, d’un prisonnier à Guantanamo, d’une jeune femme en Arabie Saoudite….

-j’ai été accro au dernier tome de l‘Arabe du futur de Riad Sattouf comme si je regardais une série dont je n’arrivais pas à décoller (ou l’art d’agencer les bulles, les textes pour qu’on ait envie de connaitre la suite ….si vous avez une BD à lire en 2019 c’est celle là !)

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✴️SECRET DE FAMILLE✴️ J’ai fini hier soir le tome 4 de l’Arabe du futur, j’ai essayé de faire durer sa lecture autant que possible et après avoir lu la dernière page, j’aimerais déjà connaître la suite. C’est un des talents de Riad Sattouf : rendre le récit de sa jeunesse au Moyen-Orient aussi addictive qu’une très bonne série. 💪Le super pouvoir de l’Arabe du futur tome 4 💪 Sa dimension dramatique encore plus forte que précédemment, sa densité, sa façon de faire évoluer les personnages (le père et la mère) à travers le regard de l’auteur enfant, l’éclairage que ce titre apporte sur l’œuvre du dessinateur (les beaux gosses, retour au collège), son humour toujours présent, sa chute terrible. Ce tome dit aussi très bien cette jeunesse partagée entre Syrie et Bretagne (cela aurait été si tentant de se dire que le pire était en Syrie mais la violence envers la différence est tout aussi présente en France), cette double culture, pas simple pour construire son identité. Et puis il y a ce coup de théâtre final qui laisse sans voix. Bref Riad Sattouf fait définitivement partie de mes auteurs préférés de bande dessinée. Lisez-le !! ✴️✴️ #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #lecture #lecturedumoment #livrestagram #romangraphique #riadsattouf #bandedessinee #lyon #blog

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-j’ai vibré à d’autres histoires d’amour (le jour où cela n’arrive plus, achevez-moi ) de Mon désir le plus ardent à Asta en passant par la révolution de l’amour et Nos souvenirs sont des fragments de rêve

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🌹LES JEUX DE L’AMOUR ET DU CLAVIER 🌹 L’amour serait devenu un objet de consommation comme un autre, vite consumé et jeté. Les mots d’amour seraient ringards et les lettres enflammées seraient d’un autre temps. En ouvrant Amours Solitaires j ai pensé au film récent Mlle de Joncquieres. Deux époques très éloignées, deux modes d’expression aussi mais les mêmes jeux de séduction, le même goût des mots, le même amour de l’amour (et le même plaisir à écouter ou lire cela pour moi). 🌹 Pas de lol, ni de mdr dans cette histoire d’amour que l’on suit de ses débuts par échange de SMS. Pas de honte à s’ exprimer avec passion et même emphase parfois. 🌹 Cette histoire constituée de centaines de messages je l’ai lue tout doucement, jamais plus d’un chapitre par soir car le plaisir est dans l’attente et j’avais envie de suivre le rythme de ces 2 cœurs, 2 corps qui ont pris leur temps. Entre les mots, les doutes, les questionnements, le désir, le plaisir, la chaleur, la peur, le sentiment amoureux qui grandit, la sensation d’être vivant enfin, la blessure… Tout sauf l’indifférence. 🌹 L’epistolaire 2.0 existe bel et bien, ce livre en est la preuve et le compte @amourssolitaires aussi. Cyniques et moqueurs s’abstenir. 🌹 #love #amour #epistolaire #2.0 #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #rl2018 #lecturedumoment #lyon #lyonnaise #blog

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-j’ai vécu dans un monde apocalyptique avec Dans la forêt

-J’ai parfois détourné les yeux devant les mots de My absolute darling

-j’essaie d’être un peu plus « amie avec moi même » après avoir lu Help, un livre drôle sur le développement personnel

-j’ai écouté Philippe Jaenada parler fiction à Quais du Polar et je l’ai trouvé aussi drôle et passionnant que ses livres

2019 sera je l’espère l’occasion de nouvelles recontres, avec des auteurs et des lecteurs/lectrices et j’en suis sûre de nouvelles piles à lire qui diminuent puis augmentent à nouveau !

Nouvelle lecture, nouvelle destination. Aujourd’hui direction Lampedusa, une île italienne située entre l’Afrique et l’Europe. En écrivant ce billet de blog sur La Loi de la mer,  je suis allée voir à quoi elle ressemblait. Je suis tombée sur des photos de ses eaux turquoises . Contraste troublant entre cette beauté et ce qui ce passe au large de ses côtes.

La Loi de la mer de quoi ça parle ? 

Pour écrire La Loi de la mer, l’écrivain Davide Enia est resté à Lampedusa pendant 3 ans. Il a recueilli les témoignages de ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont eu à se confronter à la réalité des migrants.
Se sont confiés à lui, un plongeur géant physiquement mais fragilisé à jamais par ce qu’il a vu; Gabriella, médecin secouriste qui a vécu un premier sauvetage tournant à la catastrophe; Bennet, 17 ans, qui a fui l’Erythrée et qui raconte sa traversée pour le moins terrible; Vitta Simone, témoin de la tragédie du 13 octobre et beaucoup d’autres. 

Leurs mots et ceux de l’écrivain donnent réalité et humanité à ce qui n’est, qu’au mieux, une tragédie temporaire à la Une des journaux, au pire un mot vague.

Ils racontent, avec force, les dilemmes moraux auxquels ils ont dû faire face, l’écart entre les idéaux et la réalité, la détermination au prix souvent de leur vie de ceux et celles qui quittent leur pays.

La Loi de la mer, un récit très personnel 

Loin du documentaire, La Loi de la mer est au contraire un récit très personnel et littéraire. J’ai lu que certaines personnes avaient été gênées par les passages consacrées à la vie de l’auteur. Et s’il avait voulu montrer les conséquences de ces « recherches » pour ce livre sur sa vie, sur son appréhension de la mort, sur ce à quoi il faut accorder de l’importance ?

La Loi de la mer gifle, secoue, captive, bouleverse à la fois par le destin de ces personnes qui se jettent à l’eau pour souvent ne plus jamais toucher terre et par ces mains qu’on leur tend.

Ce n’est qu’une question de temps, mais c’est eux qui nous expliqueront leurs itinéraires et leurs désirs, qui nous diront les noms de ceux que les trafiquants d’êtres humains ont massacrés dans le désert, et la quantité de viols à laquelle une très jeune fille peut survivre pendant vingt-quatre heures. Eux nous diront le prix exact d’une vie sous ces latitudes. Ils feront le récit, pour nous et pour eux-mêmes, des prisons libyennes et des coups reçus à toute heure du jour et de la nuit, de la mer aperçue soudain, après des jours et des jours de marche forcée, du silence qui tombe quand le sirocco se lève et qu’on est cinq cents sur un bateau de pêche de vingt mètres où l’eau monte peu à peu depuis des heures. C’est eux qui auront les mots pour décrire ce que veut aborder sur la terre ferme après avoir échappé à la guerre et à la misère, pour suivre leur rêve d’une vie meilleure. 

La Loi de la Mer, Davide Enia 

La Loi de la mer est le second livre de Davide Enia. Sur cette terre comme au ciel avait été recomposé par le prix du Premier roman étranger. Après Elena Ferrante et sa saga, j’ai envie de découvrir cette autre plume de la littérature italienne (avec le travail de traduction de Françoise Brun). 


Je partage régulièrement mes lectures sur le blog depuis plus de 12 ans et depuis quelques mois sur un compte instagram dédié @bookaddictlyonnaise. Si vous n’avez pas bouclé vos cadeaux de Noël et que vous avez envie d’offrir un livre à un proche (acheté en librairie faut-il le préciser) et avec ce livre, quelques heures d’évasion, de vies par procuration, d’émotions, de frissons, de questions, voici 10 idées de livres à offrir à Noël. 

Pour ceux et celles en manque de soleil 

 Une saga guadeloupéenne mais sans rhum planteur et sans Francky Vincent. 

ici les chiens aboient par la queue
Là où les chiens aboient par la queue

Ce que j’ai aimé

Trois destins à travers lesquels on découvre une île, des personnages à la culture assez éloignée de la nôtre mais dont les questionnements sont universels. 
C’est drôle, c’est émouvant et je ne me suis pas ennuyée une seule minute ! 

Pour ceux et celles qui aiment les histoires apocalyptiques 

Koh Lanta mais sans les coups bas et les feux de camp 

10 romans à offrir à Noël
Dans la forêt 

Ce que j’ai aimé

L’inventivité de l’auteur pour nous raconter l’histoire de deux soeurs qui se retrouvent seules dans une maison dans la forêt sans électricité, sans essence, sans téléphone, sans internet.
Puissant, vibrant, sensuel retour à la nature ! 

Pour ceux et celles qui veulent s’envoyer en l’air 

Un voyage dans l’espace aussi drôle qu’instructif  

10 livres à offrir à Noël
Dans la combi de Thomas Pesquet 

Ce que j’ai aimé ? 

Avec Marion Montaigne, la science est compréhensible même par les esprits les plus littéraires et en plus elle est drôle.
Etre quelques mois dans la peau d’un cosmonaute !

Pour ceux et celles qui ont envie de rire 

Le monologue intérieur d’un anti-héros qui a connu l’E.M.T au collège 

Le discours de Fabrice Caro
Le discours 

Ce que j’ai aimé ? 

L’humour, les digressions et les jeux de l’auteur avec son lecteur (j’ai rarement ri autant en lisant un roman), le côté désespéré mais pas cynique du personnage principal. 
Lui c’est moi ! (souvent ). 

Pour les amateurs de coins perdus dans le froid 

Sott 

Ce que j’ai aimé ?

L’ambiance nordique de chaque « volet » de cette série islandaise (dont les autres volets sont Snorj, Natt, Mork), le plaisir de retrouver un personnage récurrent pas stéréotypé, la façon typique de l’auteur de construire ses romans comme des puzzles (au départ on ne voit rien et puis tout se dessine au final). 
Une fois commencé, difficile de le fermer ! 

Pour ceux et celles qui cherchent une histoire d’amour pas ordinaire

Love Story sans les violons ni la mièvrerie

Mon désir le plus ardent 

Ce que j’ai aimé ? 

Ce roman réussit le pari de parler d’un couple qui traverse le temps avec la maladie comme compagne sans pathos mais avec fougue, drôlerie, justesse. Les personnages sont très attachants et l’écrivain a le talent de faire naître des scènes inoubliables. 
A offrir avec au moins un paquet de mouchoirs.

Pour les accros aux séries

Une saga islandaise exaltante et mélancolique 

Asta

Ce que j’ai aimé ?

Sa construction, ses allers-retours dans le temps, son ambition, sa force, sa sincérité. 
Déstabilisant aux débuts puis impossible à lâcher ensuite. 

Pour ceux et celles qui veulent réviser les grands classiques 

Mieux qu’un profil de l’oeuvre, les grands classiques en bande dessinée

Avez-vous lu les classiques de la littérature ?

Ce que j’ai aimé ? 

Retrouver le coup de crayon de Soledad Bravi et son humour (elle joue à nous raconter l’histoire de grands classiques de la littérature avec le langage d’aujourd’hui).
Original et drôle. 

Pour les créatifs  

Un guide pour apprendre à dessiner des fleurs et à se recentrer

Doodling créatif 

Ce que j’ai aimé ?

Pas besoin d’avoir fait les Beaux Arts pour dessiner des fleurs, des bouquets, des motifs floraux avec ce livre. En plus, la répétition du même mouvement a un effet quasi hypnotisant.
Facile, ludique, relaxant.

Pour les amis des bêtes 

Une invitation à partager le quotidien des pandas 

Ce que j’ai aimé ? 

Apprendre plein de choses sur ces animaux au potentiel hautement sympathique et pouvoir les observer autant dans leurs sanctuaires que dans leur habitat naturel. 
Attention risques élevés de pousser des petits cris de mignonnerie.

Bonus 

Pour ceux et celles qui ont envie de croire que tout est possible

Le gang des rêves 
Culottées 
Amours solitaires 

J’ai choisi ces 10 livres à offrir majoritairement parmi les sorties récentes  mais n’hésitez pas à consulter la rubrique idée lectures du blog pour découvrir d’autres livres.

Et vous, allez-vous offrir des livres à Noël ? 

Allons droit au but : Asta m’a emporté, m’a chaviré, m’a bouleversé, j’ai eu si souvent envie de noter ses phrases, je l’ai dévoré et en même temps dégusté, je voulais connaitre la suite mais je retardais le moment de quitter les personnages crées 500 pages plus tôt.

De l’auteur Jón Kalman Stefánsson, pourtant assez connu, je n’avais rien lu et dès le départ j’ai été bluffée par son style, par sa plume (oui toujours et encore), par sa façon de construire son intrigue. Rien n’est linéaire, on saute d’un personnage à l’autre, d’une époque à une autre, d’un lieu à un autre comme si une tornade nous emportait. Au départ, je me suis sentie un peu déséquilibrée, inconfortable (face à une tornade c’est peut être normal) et puis cela m’a grisé.

Jón Kalman Stefánsson /crédit photo :DR

Asta : De quoi ça parle ?

Oui mais l’histoire me direz-vous, de quoi parle Asta ? Il n’est pas simple de résumer en quelques mots cette saga qui se déroule en Islande des années 50 à nos jours autour d’Asta (sans le a en islandais ce prénom signifie amour) et de Sigaldi son père ainsi que de tous ceux qui ont compté dans leur vie.

Asta raconte deux vies « ordinaires » dans le sens où les personnages principaux ne sont pas des héros ayant marqué l’histoire ou ayant accompli des choses qui l’aurait changée mais grâce au talent de Jón Kalman Stefánsson et de son formidable traducteur Eric Boury, elles deviennent extraordinaires. Leurs vies sont à la fois semblables aux nôtres et à la fois mille fois plus romanesques et cette dichotomie infuse tout le roman. Le bien et le mal, le sexe et la mort, le désir et l’amour, la raison et la folie.

Ce roman est tellement riche que j’ai l’impression que face à un festin, je suis en train de vous décrire chichement un misérable amuse bouche.

« La meilleure manière de contrer la mort c’est de se constituer des souvenirs qui, plus tard, auront le pouvoir de caresser doucement et d’apaiser les blessures de la vie. »

Et des blessures, ils en ont Asta, Sigaldi, Helga, Joseph. Celles liées aux rendez vous manqués entre un père et une fille, celles liées à l’incompréhension et l’incommunicabilité des sentiments, celles des amours impossibles et passionnés, celles des deuils.

Asta : mille et une raisons de le lire

Asta est une saga mélancolique qui m’a envoûté au fur et à mesure de ma lecture ; au fur et à mesure que Sigaldi -peintre en bâtiment victime d’une chute d’échelle et allongé sur le trottoir, incapable désormais de bouger- se remémorait des épisodes de sa vie ; au fur et à mesure que je découvrais les lettres écrites par Asta à celui qui partageait sa vie.

La lettre de Barcelone écrite par Joseph est comme un coup de grâce. Je me fais violence pour ne pas la recopier ici, tant j’ai aimé chacun des mots de cette déclaration d’amour à l’envers.

Asta est aussi une saga exaltante tant il y est question de poésie, du pouvoir de la musique, du rôle de l’écrivain par rapport à ses personnages (le narrateur apparaît ainsi lors de plusieurs chapitres) sans jamais tomber dans l’exposé. Au contraire Jón Kalman Stefánsson a le don de mêler idées et actions, sensations et images.

N’est ce pas la plus agréable sensation au monde ? Avoir hâte. Surtout lorsqu’il s’agit de retrouver une personne qui vous est chère. Alors, on se sent vivant.
On est vivant.
Puis il se passe quelque chose

Pendant la lecture d‘Asta, le cerveau bouillonne, le coeur bat plus vite. Asta est un livre qui ne ressemble à aucun autre et qui ne s’oublie pas.

D’habitude les livres que je n’ai pas envie de reposer mêlent petite et grande histoire, sont des sagas ou des romans choraux. Rien de tout cela avec Le discours de Fabrice Caro et même plutôt le contraire : unité de temps, unité de lieu, unité de décor, tout se passe dans la tête du personnage principal, le même jour, dans un même lieu, au cours d’un repas familial.

Le point de départ de l’histoire ? Une demande de discours à Adrien, le personnage principal et le narrateur, de la part de son futur beau-frère pour le mariage de sa soeur. Comme Adrien est plutôt un « looser » (dans lequel je me reconnais sur de nombreux points, je ne vous en ferai pas la liste )), l’idée de parler en public le plonge dans un grand désarroi, début d’un monologue intérieur qu’on imagine très bien façon stand up.

Adrien n’attendrait pas désespérément le SMS de sa petite amie Sonia, qui lui a imposé « une pause », son regard sur son environnement serait moins sévère. Mais là tout l’agace, tout le déprime et c’est très drôle (en tous cas pour moi).

Et je réalise tout à coup l’incongruité de ma ponctuation : pourquoi un point d’exclamation à la fin de bisous ? Pourquoi cet emballement soudain ? Ce point d’exclamation délivre un message inverse à celui souhaité : ce point d’exclamation est une demande, une supplique, un cri de douleur, il mendie une réponse, il quémande de l’amour, c’est de la ponctuation de genou à terre, il hurle Sonia, bordel, qu’est ce que tu fous ! Réponds-moi ! Tu vois pas que je suis malade de chagrin, que je n’y arrive pas sans toi, que tout est vide et fade et sans le moindre sens. Il se veut festif et léger mais il n’est que larmoyant et inquiet.

J’ai ri en repensant à mes cours d’E.M..T (sigle que seuls les gens de mon âge peuvent comprendre)). Pas de porte serviette à mon actif mais un vide poche assez informe fabriqué pendant le cours de poterie (on était très loin de Ghost pour celles qui ont fantasmé sur la scène des mains dans la glaise) que ma mère a gardé sur son bureau jusqu’à sa retraite.

J’ai ri quand Adrien lit l’horoscope de Marc Angel et interprète chaque mot, chaque phrase parce que je lis toujours mon horoscope en espérant qu’il ne m’annonce que des choses positives (décrocher la mission de mes rêves, faire tourner toutes les têtes autour de moi) tout en sachant pertinemment que toutes les Vierges de France et de Navarre ne peuvent pas vivre ce qui est résumé en un court paragraphe au même moment.

J’ai ri si souvent en lisant Le discours de Fabrice Caro que je me suis dit que cela arrivait rarement (hormis peut être avec de la BD), très rarement même. Alors non ce n’est pas une grande fresque, non cela n’est pas animé d’un grand souffle romanesque mais je suis arrivée à une période de ma vie où je profite de chaque minuscule moment de plaisir et en lisant Le discours, des minuscules moments de plaisir j’en ai eu plein. Je n’avais plus du tout envie de lâcher ce livre une fois ouvert et finalement ce qui m’importe le plus quand je lis, c’est le plaisir de lecture procuré plus que l’ambition du livre.

Fabrice Caro n’est pas sans me rappeler Philippe Jaenada. Il maîtrise très bien les digressions (si vous n’aimez pas cela, fuyez), tout en retombant toujours sur ses pieds. Il joue avec le lecteur en créant des références au début du roman qui reviennent et s’insèrent de manière naturelle dans d’autres scènes et c’est assez jubilatoire.

Le discours de Fabrice Caro aurait pu tomber dans un certain cynisme car il se moque de pas mal de conventions mais le roman fourmille de petits détails qui montre la tendresse sous le regard mordant.

La descente du « Mon cœur d’amour » à Adrien est une piste noire verglacée qu’on descend sur les fesses, sans pouvoir rien faire d’autre qu’attendre d’être en bas, passif et résigné.

Avant d’écrire ce roman, Fabrice Caro a été un auteur prolixe de bandes dessinées. Comme j’avais été enthousiasmée par Le discours, j’avais envie de lire plus de livres de cet auteur. J’ai commencé par Zaï Zaï Zaï Zaï, dans lequel le facteur identification est absent et l’humour beaucoup plus absurde. Cela dit, c’est souvent drôle alors en cas de blues hivernal, je vais me prévoir quelques doses de Fabrice Caro.

Et vous, quel est le dernier livre qui vous a vraiment fait rire ? 

 

 

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