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C’est un beau roman

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Nefertiti dans un champ de canne à sucre et Le cosmonaute faisaient partie de mes 5 prochaines lectures et comme une bonne élève, malgré la tentation d’aller piocher ailleurs, j’ai lu les 2 poches de Philippe Jaenada achetés lors de Quais du Polar. Ils ont tous les deux pour thème, le couple (avec on imagine une part autobiographique) et se suivent même si on peut lire l’un sans l’autre.

Il est donc question dans Nefertiti dans un champ de canne à sucre, de Titus rencontrant Olive et comme à chaque fois que j’ai eu un livre de Philippe Jaenada entre les mains, j’ai ri. Ce n’est pas l’histoire d’amour qui m’a fait rire (ce n’est pas sensé être hilarant ce genre de choses) mais plutôt tous les tracas qui arrivent au narrateur, toutes ces choses quotidiennes qu’on a tous vécues un jour, qui sont banales, qui ne nous amusent pas du tout sur le coup, qui sont même parfois anxiogènes mais que l’écrivain, par sa plume, arrivent à rendre amusantes.

Ainsi la prochaine fois que j’aurais une analyse d’urine à effectuer, la prochaine fois que j’aurais un rdv chez le médecin ou la prochaine fois que je me retrouverais sur le siège d’un dentiste (en espérant que ce ne soit pas le boucher décrit dans Néfertiti), je penserais forcément à Philippe Jaenada :

Pendant ving-quatre heures, je dois pisser dans des bouteilles en plastique (« Evian, Vittel, comme vous voulez… ») et tout lui rapporter.
-Même s’il y a trois ou quatre litres, me dit-elle. Je veux tout.
[…]
Le jour suivant, je lui apporte tête basse mes deux bouteilles pleines : si je déposais sur le comptoir du laboratoire mes déficiences, mes erreurs et mes doutes gluants et puants sur du papier journal, ce serait pareil. Tenez, voilà ce que je suis : ma pisse jaune et mousseuse. Je n’ose pas la regarder en face, mais elle me dit :
-Vous savez, il ne faut pas vous sentir gêné. On a tous les jours des vieux qui nous apportent leur pisse, c’est mal bouché parce qu’ils n’ont pas de force, souvent ça dégouline et on s’en fout plein les mains. Vous, au moins, le bouchon est bien vissé.
Ah, je ne suis pas au fond du trou. Il y a pire que moi : les vieillards qui en foutent partout.

Et notre couple ? Titus et Olive c’est un peu l’Empire des sens sans le raffinement asiatique, l’amour charnel jusqu’à la destruction. On a affaire à deux adultes consentants mais à côté 50 nuances de grey c’est un peu Martine petite maman, non pas que les scènes soient particulièrement crues (quoique l’auteur ne lésine pas sur les détails) mais parce qu’Olive apparait -en tous cas à mes yeux- particulièrement maso (un peu comme les runners de mon quartier qui se tapent la montée d’escaliers la plus longue de la Croix Rousse à la montée et à la descente 10 fois de suite, juste pour le plaisir de souffrir …ça m’échappe !).

le cosmonaute Cette femme, assez timbrée de l’aveu même de l’auteur, ne s’appelle plus Olive dans Le cosmonaute mais Pimprenelle, Titus est devenu Hector, ils ne se sont pas rencontrés dans un bar mais dans la forêt allemande lors d’un mariage, toujours est il qu’on comprend qu’il s’agit bien des mêmes personnages, quelques années plus tard.

Le roman débute dans une maternité pendant l’accouchement de Pimprenelle et l’auteur, qui , a écrit des papiers pour le journal Privé (des faits divers particulièrement sanglants) sait parfaitement comment installer le suspense dans un roman qui n’est pas un thriller, créer une atmosphère de plus en plus irrespirable, mettre son lecteur sous pression.

Si j’ai préféré Le cosmonaute à Néfertiti dans Un champ de canne à sucre, c’est peut être parce que la grossesse et l’accouchement sont vus par les yeux d’un homme et cela m’a permis de comprendre avec justesse combien les hommes peuvent se sentir impuissants alors qu’on souffre (oui la plupart du temps, on douille désolée !) sur la table de travail.

Je n’existe plus pour Pimprenelle qui accouche. C’est triste et déconcertant, car cela ne correspond pas du tout à ce qu’on voit au cinéma et à la télé (où le mari fait corps avec sa femme, elle s’agrippe à son bras, plante ses ongles et serre si fort que comme elle il grimace de douleur (mais c’est de la bonne douleur, je t’aime), leurs regards sont soudés, leurs yeux rivés par des flux intenses d’électricité amoureuse, ils transpirent ensemble, crient ensemble, tous leurs muscles se crispent ensemble, exactement comme s’ils étaient en train de baiser (mais pas du tout), c’est l’harmonie parfaite, c’est la passion dont tout le monde parle, et l’homme joue le plus grand rôle de sa vie, vas-y ma chérie, pousse, pousse, oui mon ange, pousse, pousse, pousse, tu es formidable, oui, pousse, POUSSE ! -parfois, malgré la torture et l’angoisse, dans le masque de souffrance que chacun arbore se dessine un sourire complice, timide et incrédule). Nous, c’est moins spectaculaire : elle ne m’a pas regardé une fois depuis que l’accoucheur a commencé son travail d’extraction, elle a la tête tournée vers madame Bouteille et s’agrippe désespérément à son bras. Leurs regards sont rivés l’un à l’autre. Je me sens un peu à l’écart, encombrant, seul.

Le cosmonaute est aussi une « formidable » description de l’enfer que peut devenir le couple (encore une fois à mes yeux, tout dépend peut être si on est épris de liberté ou pas mais moi j’étouffais en lisant la deuxième partie du roman), Pimprenelle devenant particulièrement timbrée du ménage et de l’ordre une fois maman (c’est -je l’espère-très exagéré ).

Forcément j’ai refermé Le cosmonaute en me demandant ce qu’était la part autobiographique dans tout cela, l’auteur ayant bien un fils dans la vraie vie et si Pimprenelle qui lui mène la vie dure (euphémisme) était toujours celle qui partageait sa vie.

Je me demande si le fait de partager, ici, mes 5 prochaines lectures, n’est pas un moyen de m’y tenir (du style je l’ai écrit, c’est quasi une promesse) ou peut être un moyen de m’arrêter à un choix quand  j’aimerais pouvoir passer mon temps à lire, quand je voudrais lire plus, plus souvent mais que le quotidien contrarie mes envies.

L’enfant perdue, le dernier volet de l’amie prodigieuse d’Elena Ferrante

Pendant ces vacances de printemps, je devais être pour quelques jours en Italie. Train annulé, voyage aussi. J’aurais bien changé d’air mais à défaut de glaces crémeuses comme on n’en trouve pas en France, de grandes places et d’accent chantant, j’ai mis en haut de la pile de mes prochaines lectures, le dernier volet des aventures de l’amie prodigieuse, L’enfant perdu. J’ai hâte de retrouver Elena et Lila, l’ambiance de Naples et tous les ingrédients de cette saga italienne même si j’ai un peu peur d’avoir oublié qui est qui (et dès que je l’ai fini Estelle, je te le passe ).

Si vous n’avez pas lu les volets précédents, j’ai parlé de L’amie prodigieuse et Le nouveau nom sur le blog.

Le cosmonaute et Nerfititi….de Philippe Jaenada

Dimanche dernier, j’étais en train de flâner dans les allées de la grande librairie installée dans le palais de la Bourse à l’occasion de Quais du Polar, quand j’apprends que dans 5 minutes, Philippe Jaenada sera présent sur un des stands pour faire dédicacer ses livres. Or c’est un de mes écrivains préférés. Peu d’auteurs me procurent un tel plaisir de lecture et je crois que j’ai compris pourquoi après avoir écouté Philippe Jaenada lors d’une conférence de Quais du polar. En dehors de l’intrigue du roman, il créée une véritable connivence avec le lecteur, il s’adresse quasi directement à lui. Peu d’auteurs ont pour moi un style aussi immédiatement reconnaissable, un sens de la digression aussi drôle.

J’ai dévoré ces 3 derniers livres : La petite femelle, Sulak et La serpe, j’ai appris plein de choses sans jamais m’ennuyer et quand on a l’impression en refermant un livre, d’être un tout petit plus intelligent, c’est forcément valorisant.

Bref me voici, quasi seule (je suis arrivée pile à la bonne heure,) devant ses livres et avant qu’il n’arrive, avant d’échanger quelques mots avec lui (lui aussi drôle que dans ses livres, moi empêtrée dans mes mots et l’esprit peu dégourdi) et de faire dédicacer La serpe, j’ai acheté deux de ses poches plus autobiographiques.

Nefertiti dans un champ de canne à sucre raconte les débuts d’une rencontre amoureuse et les ébats passionnés qui suivent.La femme du cosmonaute osculte le couple quelques années après. J’ai pioché des pages au hasard et j’ai l’impression que je vais bien m’amuser avec ces prochaines lectures.

My absolute darling de Gabriel Tallent

J’ai lu de très bonnes critiques à propos de My absolute Darling, best seller aux Etats-Unis, encensé par Stephen King. L’histoire est celle de l’émancipation d’une jeune fille qui a grandi aux côtés d’un père charismatique et abusif. Sophie du blog C’est quoi ce bazar le déconseille aux âmes sensibles et comme je suis hypersensible, je me demande comment je vais accueillir ce livre mais ma curiosité l’emporte. A suivre !

Le goût d’Emma d’Emmanuelle Maisonneuve et Kan Takahama

Si c’est trop asphyxiant, j’irai peut-être prendre quelques bouffées d’air dans le manga Le goût d’Emma où l’écriture d’Emmanuelle Maisonneuve s’allie aux dessins de Kan Takahama. Forcément on pense au Gourmet Solitaire de Jiro Taniguchi (que je n’ai pas encore lu) mais la spécificité de ce titre est qu’il raconte les expériences culinaires et professionnelles, d’Emma promue inspectrice au Guide Michelin.

Est ce que l’une de mes prochaines lectures vous tente ?

Contrairement à ce que mon chat pourrait laisser croire, Le journal de ma disparition n’est pas un polar sur lequel je me suis endormie. J’aurais bien aimé publier une photo parfaite comme on en voit sur certains comptes instagram littéraires : décor particulièrement cosy, chat obéissant (et peut-être des heures de patience pour un moment supposé sur le vif) mais ma vie n’est pas parfaite.

Le journal de ma disparition de Camilla Grebe n’est pas vraiment la suite d‘Un cri sous la glace dans la mesure où l’énigme avait été résolue mais on retrouve dans ce polar Hanne la profileuse et  l’inspecteur Peter Lindgre.

L’intrigue s’ouvre sur un flashback quand 8 ans auparavant, Malin alors adolescente, lors d’une soirée avec des amis dans la forêt d’Omberg, une ville suédoise isolée, découvre une fillette enterrée.

Devenue  flic, Malin mène l’enquête auprès de Hanne et de Peter. Ce dernier disparait du jour au lendemain, Hanne est retrouvée pieds nus et hagarde dans la forêt, une nouvelle victime est découverte. Et si tout était lié ?

Le reproche qui me vient à l’esprit régulièrement lorsque je lis des polars est la pauvreté du style (en particulier avec les fameux page turner). Or Camilla Crebe a non seulement une plume vive et habile  mais elle soigne particulièrement la construction de son livre, alternant les points de vue selon les chapitres et mêlant différentes intrigues.

le journal de ma disparition

chat absolument pas coopératif

Le journal de ma disparition est aussi le tableau d’une ville frappée par la crise économique et le chômage. Il aborde la question oh combien actuelle des migrants, perçus très vite comme un danger et nourissant la peur, les conflits, la xénophobie.

 » Tu aurais pu être celle qui fuit la guerre et la famine » dit Andréas à Malin « C’est ce message simple mais essentiel que je veux transmettre à travers mon roman » Camilla Grebe

Le journal de ma disparition ne se contente pas de multiplier les rebondissements jusqu’au twist final (que je n’avais pas vu venir et c’est toujours un plaisir de lecteur de se faire balader par un auteur). Il met en scène deux personnages singuliers  et attachants, suggérant la difficulté d’être différents dans une société normative.

N’est ce pas le propre des idées noires ? Elles ne se voient pas de l’extérieur, elles n’existent qu’en nous, dans ce cagibi obscur, fermé par une lourde porte, qui peut contenir à la fois des pulsions suicidaires et le mal qui me ronge. Ce doit être là que mon père a rangé le souvenir de ma mère.

Camilla Grebe sera présente à Quais du Polar à Lyon le week-end prochain 

Il est 22h23 et je me demande si je dois me lancer à cette heure dans un billet « lecture » alors que je mets toujours un certain temps pour ne pas dire un temps certain lorsqu’il s’agit de parler de livres me refusant 1) à trop raconter l’intrigue 2) à aller voir sur d’autres sites ce qu’ils en disent. Alors je vais faire court pour vous parler des 4 derniers livres que j’ai lus. Il s’agit de 4 romans noirs et ce n’est pas un hasard mais une mise en bouche avant le week-end Quais du Polar qui se tiendra cette année du 6 au 8 avril 2018.

La femme à la fenêtre  : le plus « page turner »

Mon pitch : Une femme vit seule dans une maison et passe une grande partie de son temps à espionner la vie de ses voisins. Jusqu’au jour où elle aperçoit une voisine qui lui a rendu visite se faire poignarder. Elle appelle la police mais problème la femme qu’elle pense avoir identifié n’a jamais habité dans cette maison, aucun corps n’a été retrouvé et tout ce qu’elle raconte ressemble de plus en plus à des hallucinations. Comme elle prend médicaments et alcool, personne ne la croit et elle même doute. Alors a t elle rêvé ou pas ?

Ce que j’en ai pensé : Il y a sûrement pas mal de références à Hitchcock, les chapitres sont construits de façon à ce que le lecteur ait toujours envie d’aller plus loin. Le souci, c’est bien que ne lisant pas des tonnes de polars, j’ai deviné un des twists de l’intrigue et une autre bizarrerie m’a frappé alors qu’elle n’aurait pas du me mettre la puce à l’oreille. Je n’ai tout de même pas deviné le retournement final mais ce page turner m’a laissé une sensation très mitigée.

A.J Finn sera présent à Quais du Polar

Emma dans la nuit : le thriller psychologique

Mon pitch : Les soeurs Tanner, Emma 15 ans et Cass, 13 ans , sont tristement célèbres dans la région car elles ont disparu un soir sans qu’aucune piste plausible n’ait été trouvée. 3 ans plus tard, Cass frappe à la porte de ses parents et interrogée par le FBI raconte ce qu’il lui est arrivé à elle et à sa soeur.

Ce que j’en ai pensé : on se doute d’emblée que le récit de Cass est une construction, une invention du coup le lire jusqu’au bout perd, pour moi, un peu d’intérêt. J’ai été aussi assez gênée par le style laissant une très grande part au dialogues.

Natt: le plus islandais

Mon pitch : Bonne nouvelle l’inspecteur Ari Thor est de retour pour un troisième volet (après Snjor et Monk que j’avais beaucoup aimé). Cette fois un cadavre est retrouvé au bord d’un fjord et l’action ne se déroule pas en hiver mais en été.

Ce que j’en ai pensé : Plaisir de repartir en Islande, plaisir de lecture avec cette façon de construire l’intrigue comme un puzzle dont chaque chapitre serait une pièce, plaisir de retrouver un personnage en proie à ses questionnements personnels….bref je signerais pour un autre volet sans problème !

Jake : le plus bouleversant

Mon pitch : Simon est père au foyer, ce qui n’est pas toujours simple mais ses enfants sont le centre de sa vie. Le jour où il apprend qu’une fusillade a eu lieu dans l’école de son fils et que ce dernier pourrait être impliqué, son monde bascule. Et si son fils qu’il a vu grandir bien plus que de nombreux parents, était tout de même un inconnu ?

Ce que j’en ai pensé : D’abord au niveau du style, j’ai su dès les premières pages que l’auteur m’accrochait et puis je me suis reconnue dans certains traits de ce père de famille qui n’est pas très à l’aise avec les autres mamans, ni au square, qui savoure chaque minute de temps libre…bien qu’il aime ses enfants comme la prunelle de ses yeux. Il y a aussi des passages très justes sur la façon dont les enfants peuvent éloigner un couple. Et puis il y a ce suspense que l’auteur installe progressivement. Jake, le fils de Simon est introuvable et la recherche physique de ce dernier se double d’une recherche d’indices dans le passé pour savoir ce qui a pu cloché (avec des chapitres alternant présent et passé). Simon est très fort pour culpabiliser et là encore en tant que parent, on se reconnait forcément à un moment ou un autre. Si je rajoute que le dénouement est glaçant, j’espère vous avoir convaincu de le lire.

D’autres romans noirs dont les auteurs seront présents à Quais du Polar

🔪 Hannelore Cayre dont je vous conseille les romans noirs Commis d’Office, Toiles de maître ou le dernier La daronne (c’est drôle, c’est méchant parfois, c’est émouvant aussi avec une dose de rocambolesque)

🔪Michel Bussi dont je vous invite à lire Nymphéas Noirs (vous passerez quelques soirées à Giverny et si vous avez eu la chance d’y aller en vrai c’est encore mieux !)

🔪Carl Férey que j’irais bien saluer en dédicace si je n’étais pas aussi  persuadée de lui sortir de tristes banalités (lisez Mapuche, lisez son autoportrait, lisez Zulu)

🔪le génial Philippe Jaenada que j’espère pouvoir écouter lors d’une conférence et qu’il faut absolument mettre sur votre table de chevet si vous n’êtes pas rebuté par les pavés car il est drôle, il a un sens de la digression extraordinaire, il sait mêler petite et grande histoire, il s’arrange pour qu’on mène l’enquête avec lui et c’est juste passionnant (je vous conseille en particulier La serpe et La petite femelle )

J’aime bien les romans noirs mais pas trop à la suite alors après ces mauvais genres, je vais peut être passer à un autre genre ; )

Et vous, vous lisez des polars, des thrillers ?

Des poches, des romans graphiques, une bande dessinée, un essai, mes dernières lectures ont été assez variées. Comme il m’est impossible, par manque de temps, de tout chroniquer dans le détail mais que j’avais quand même envie de les partager, voici un court résumé de chacune d’entre elles :

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

Mon pitch : Vous vous êtes déjà demandés pourquoi depuis la nuit des temps et partout sur la planète, les femmes n’ont jamais été traitées de manière égale aux hommes ? Pour répondre à cette question, cette bande dessinée remonte aux origines des inégalités entre les hommes et les femmes soulignant avec humour toute l’absurdité de cette situation. Expliquer pour repartir sur des bases plus justes c’est l’idée de cette chronologie dessinée.

Saviez vous que jusqu’en 1875 les hommes pensaient qu’il était l’unique responsable de la création d’un enfant ? que tous les textes de loi et tous les textes religieux ont été pensés et écrits par des hommes posant un regard uniquement masculin sur la société ? ou encore qu’au Moyen Age les filles étaient promises à un homme dès l’âge de 7 ans, qu’elles étaient majeures à 13 ans et mariées entre 13 et 17 ans ?

Pour qui ? à la fois histoire des inégalités hommes et femmes et histoire de l’évolution des droits des femmes (avec des femmes qui ont œuvré pour que les choses changent), j’aimerais que tous les collégiens et collégiennes le lisent. En tous cas, je vais le faire lire à mon fils et à ma fille.

 

Le colis

Mon pitch : Direction le quartier rouge de Bombay où Madhu, une hija (sorte de troisième sexe, née dans un corps d’homme mais amputée de ses attributs sexuels masculins), qui mendie pour vivre après des années de prostitution, doit s’occuper d’un colis. Alors qu’elle doit s’acquitter de cette mission (pour le moins glaçante je ne vous en dis pas plus), les souvenirs de sa vie reviennent à la surface.

Pour qui ? ceux qui ont une image idyllique de l’Inde même si je ne sais pas quelle est la part de fiction et la part de réalité dans ce destin et le terrible sort des colis.

 

Chroniques de la fruitière

Mon pitch : Que celui qui aime le fromage et qui n’aura pas envie de déguster un morceau de comté après la lecture de cette bande dessinée , lève le doigt ? Au fil des saisons, l’auteur part à la rencontre des Hommes qui, dans le Jura, l’Ain ou le Doubs, produisent le comté. A travers des anecdotes et des rencontres, on comprend à quoi tiennent la qualité et le caractère unique d’un produit qui a su résister à la mondialisation dans une filière restée indépendante.

Pour qui ? les gourmands, les gourmets, ceux qui aiment en savoir plus sur les produits du terroir, les fous de fromage.

 

Comme un chef

Mon pitch : Raconter une vie à travers son rapport à la nourriture et l’amour pour la cuisine, voilà le parti pris de Comme un chef.  Repas d’enfance avec une mère qui n’aime pas passer du temps derrière les fourneaux, frustration de ne pas pouvoir préparer grand chose dans une piaule étudiante, révélation » lors du premier grand restaurant, un déjeuner chez les frères Troisgros, expériences en tant que chef à domicile, on découvre Benoît Peeters presque toujours autour d’une table même si l’autre pan de sa vie (chercheur et romancier) a aussi son importance. Hymne à la vie, chronique d’une époque, Comme un chef donne envie …de remettre le couvert sans attendre : )

Pour qui ? Ceux et celles qui peuvent passer des heures à parler cuisine, bonne bouffe et bonnes adresses

 

Un fils parfait

Mon pitch : Il est le fis parfait, le gendre idéal, celui que vos copines vous jalousent, il a « bien réussi » et puis un jour, un petit caillou se met dans la mécanique d’un emploi du temps bien huilé et c’est la sortie de route. Et si celui avec qui vous partagiez votre vie depuis des années était en fait un monstre ?

Pour qui ? Ceux et celles qui aiment lire les faits divers (d’autant plus que ce roman a été inspiré par une histoire vraie)

 

Petit traité d’éducation lubrique

Mon pitch : L’auteur s’amuse à enseigner, dans ce court livre, à son lecteur les plaisirs charnels avec beaucoup d’humour et un amour des mots incontestable.

Pour qui ? Selon Lydie Salvayre, « petit traité à instruire les analphabètes du sexe, à désengourdir les gourds et à défâcher méchants. » Si vous êtes du genre pudibond, passez votre tour.

 

Les revenants

Mon pitch : La méthode de travail de David Thomson, qui a obtenu le prix Albert Londres avec cet essai, est d’utiliser les sources primaires. Il a ainsi suivi pendant plusieurs années ( jusqu’à 5 ans et certains jusqu’à la mort)  une centaine de jihadistes (tunisiens, français, belges, suisses), menant entretiens et reportages.
Dans ce livre il racontent l’histoire de quelques uns en  leur donnant la parole une fois de retour en France, en revenant sur les raisons qui les ont poussé à partir en Syrie et en leur demandant comment se sont passées les choses une fois là bas. Leur parole est toujours accompagnée d’une analyse et d’une contextualisation pour aider à mieux comprendre leur cheminement et garder un sens critique entre ce qui est dit et la « réalité ».
Au delà de ces témoignages, l’objectif de cet essai est de déconstruire la mécanique sociale, religieuse, politique, familiale et psychologique qui les a fait basculer. Il est aussi question de leur déception, de l’inefficacité de la déradicalisation.
J’ai toujours été intriguée par ces personnes qui se laissent totalement embrigadées par les sectes et j’ai eu souvent, l’impression, au fil de ma lecture, de voir la même mécanique à l’œuvre avec des cibles la plupart du temps « fragiles » ou à la recherche de sens dans leur vie. Passionnant et terrifiant.

Pour qui ? Ceux et celles qui ont envie de comprendre (ce qui ne signifie pas justifier bien-sûr), aller au delà des propos « café du commerce » avec une grille de lecture jamais simpliste mais pourtant éclairante.

 

Et vous, qu’avez-vous lu en février ?

Avec un titre comme Nos souvenirs sont des fragments de rêve, compliqué d’ajouter un sous-titre mais si je n’avais pas craint les titres à rallonge, j’aurais écrit : une magnifique histoire d’amour et une saga romanesque en Finlande sur plus de 50 ans. Ceci étant, c’est juste le titre, dans un premier temps, qui m’a donné envie d’attraper ce gros roman (600 pages), d’aller plus loin que le bandeau que je soupçonne toujours d’être un peu racoleur (ici « on n’oublie jamais un amour de jeunesse »…bon ok cela a joué dans mon envie de lire le livre), d’aller lire en diagonale la quatrième de couverture (pitié ne faites pas comme ses bande-annonces de film qui ne laissent plus beaucoup de surprises). Là mes yeux ont croisé les mots « saga » « destin » « passion dévorante », l’éditeur m’avait presque pris dans ses filets. Il m’a porté le coup fatal en comparant le livre à Bienvenue au club de Jonathan Coe et aux Intéressants de Meg Wolitzer, deux romans que j’ai beaucoup aimés.

nos souvenirs sont des fragments de rêvecrédit photo : Wikipedia

Je me suis longtemps demandée pourquoi l’auteur avait choisi ce titre pour son roman, jusqu’à ce que je tombe sur cette phrase prononcée par un des personnages. Et il est bien question de souvenirs ici puisque le narrateur replonge dans ses souvenirs d’enfance, d’adolescence, de jeune homme et d’adulte pour nous raconter l’histoire d’amour intense qui a traversé sa vie. Quelle est la part de « vérité » dans nos souvenirs ? est ce notre mémoire n’enjolive pas toujours et même ne reconstitue-t-elle pas certains épisodes parfois pour nous permettre d’avancer ? C’est une des questions que pose Nos souvenirs sont des fragments de rêve.*

L’auteur s’interroge aussi sur la « viabilité » d’une histoire d’amour sur la durée entre des personnes de classes sociales différentes : est ce que Roméo et Juliette auraient filé le parfait amour si leurs familles avaient accepté qu’ils soient ensemble ? Le narrateur est issu de la classe moyenne, son père n’est « que » vendeur dans des magasins d’outillage et voilà qu’il rencontre, lors de vacances d’été, Alex, fils d’une dynastie aisée d’entrepreneurs.

Si les tensions nées de leurs différences sociales seront toujours présentes malgré une amitié persistante, c’est surtout à travers l’histoire d’amour entre le narrateur et Stella (la soeur d’Alex) que cette question revient. Eux deux c’est « with or without you » : ils s’aiment passionnément puis se quittent, puis se retrouvent comme si malgré leur amour (et quand on lit les descriptions de Stella faites par le narrateur on n’en doute pas une minute tant il est subjugué par elle, au fil des années) ils ne pouvaient être heureux ni ensemble ni séparés.

Nous avons aussi parlé du passé. Et je ne désirais pas autre chose : je voulais que la discussion glisse sur nous et sur notre amour, pour que je puisse lui expliquer qu’il m’était extrêmement difficile d’oublier. Mais quelque chose clochait. Comme si nous étions figés dans une langue créée dans le seul but de désosser la relation qui nous avait uni autrefois. Nous conjuguions les verbes à l’imparfait, le futur semblait ne pas avoir d’existence possible. Plus nous enchainions les phrases, plus la tristesse prenait le pas sur mon état d’esprit.

Souvent le narrateur est le personnage principal, celui dont on sait le plus de choses lorsqu’on referme le roman avec lequel on a passé tant d’heures. Ici cela aurait été d’autant plus logique que le fil conducteur de Nos souvenirs sont des fragments de rêve est la vie du narrateur. Pourtant il n’a pas de prénom et il semble flotter dans sa vie professionnelle entre enseignant et écrivain.

L’auteur choisit de donner toute leur place aux autres personnages : Alex et Stella bien-sur mais aussi leurs parents et grands parents, les parents du narrateur (avec de très belles pages sur les relations parents-enfants qui, un jour, semblent presque s’inverser quand les premiers vieillissent mais aussi sur le fait que parfois on manque de curiosité à leur égard, les cantonnant à leur rôle de parents et quand ils disparaissent c’est trop tard pour apprendre à les connaître vraiment), Linda, la femme avec qui le narrateur vient se consoler après ses ruptures mais encore le très réussi personnage de Sandrine, la fille de Stella. Aucun n’est sacrifié et tous participent au souffle épique de cette superbe saga.

nos souvenirs sont des fragments de rêve qo

Ce demi-siècle est non seulement jalonné par toutes les étapes de la vie des personnages mais aussi par l’actualité politique européenne (la catastrophe de Tchernobyl, la tuerie à Charlie Hebdo, le sort des migrants, la crise économique, les attentats de Madrid, l’histoire de la Finlande que je connais peu).

Nos souvenirs sont des fragments de rêve, un roman fait pour vous ?

Si vous aimez les sagas, si vous aimez les histoires d’amour brûlantes, si vous avez envie d’être transporté loin en  Finlande (à Helsinski et sur l’île de Drumsö que j’ai imaginée, au fur et à mesure de ma lecture, comme un petit paradis), il y a de très fortes chances pour que vous plongiez avec plaisir-et sans vouloir remonter à la surface- dans Nos souvenirs sont des fragments de rêve.

Je termine avec une vidéo de l’auteur présentant son livre (et je me dis que je suis en train de me tirer une balle dans le pied parce que vous allez sûrement préférer regarder la vidéo plutôt que lire ce billet )) :

 

 

 

 

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