Le nouveau roman d‘Elena Ferrante, La vie mensongère des adultes, commence comme un effondrement dans la vie de Giovanna, 12 ans. Ou comme une éruption peut être : L’action se situe à Naples et les quelques mots -« Elle est laide » prononcés à voix basse par son père, à propos d’elle, ne la paralysent pas mais la poussent au contraire à sortir du cadre de son milieu bourgeois. 

La vie mensongère des adultes marque la fin de l’innocence, la fin d’un monde en noir et blanc et suit les étapes de l’accession à l’âge adulte de Giovanna.

C’est sombre (plus que la saga qui a fait le succès de l’auteure), ça gratte là où ça dérange, c’est brut (mais je m’attendais à être plus choquée vu ce que j’ai lu…je dois avoir un seuil de tolérance plus élevée pour la sexualité que pour la violence).

Giovanna apprend que les adultes qui répètent aux enfants de ne pas mentir, mentent souvent mais peut être que devenir adulte c’est aussi voir ses parents comme ils sont vraiment avec leurs défauts, leurs vices et leurs imperfections et non comme des héros inatteignables. 

Elena Ferrante dissèque avec une minutie et une justesse folle les bouleversements liés à l’adolescence. Elle dessine, avec puissance, une nouvelle fois, le portrait d’une jeune femme qui cherche à s’affranchir de tout homme (le père, l’amoureux impossible, l’amant ), à s’affranchir des cases dans lesquelles la famille veut vous mettre …pour être résolument libre !

Quant à moi, j’étais un sac de pommes de terre : je me sentais, je voulais être un sac de pommes de terre -grise et compacte, le renflement de ma poitrine camouflée sous une veste-, et j’y arrivais très bien.

J’appris de plus en plus à mentir à mes parents. Au début, je ne racontais pas de véritables mensonges mais, comme je n’avais pas la force de m’opposer à leur monde toujours bien articulé, je faisais mine de l’accueillir et m’efforçais de m’y frayer un chemin, quitte à l’abandonner en hâte dès qu’ils se rembrunissaient.

Et pourtant un voile noir peut s’abattre à tout instant. C’est une brusque cécité, on ne sait plus mettre les choses à distance, on se cogne partout.

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