Si j’ai ouvert 18.3 Une année à la PJ, c’est d’abord parce que j’ai vu le nom de l’auteure sur la couverture. Dans ma bibliothèque, j’ai un beau livre, L’Amérique des écrivains, un livre d’entretiens d’auteurs américains que Pauline Guéna a rencontré lors d’un road trip assez fou, en sillonnant en famille les Etats-Unis d’Est en Ouest. On peut en déduire que Pauline Guéna fait partie des gens qui osent, qui vont au bout de leurs idées. Il faut tout de même une bonne dose de culot, de persévérance lorsqu’on n’est pas de la maison pour pousser la porte de la police judiciaire de Versailles et pour s’incruster avec les différentes équipes pendant un an.

J’imagine que cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, j’imagine aussi que Pauline Guéna a du apprendre à se fondre dans le décor pour que les hommes et les femmes des Stups, de la BRB et de la Crim, oublie sa présence, calepin à la main. Pauline Guéna ne nous livre pas grand chose sur la façon dont elle a été acceptée ou même comment elle a vécu les moments les plus durs (je pense en particulier aux scènes à la morgue), les héros de son dernier livre ce sont Sammy, Lucky, Yohann, Marceau…et pas elle.

Police judiciaire : image et réalité

Ici on n’est pas dans une série télé : les enquêtes se déroulent souvent sur de longs mois et ne se résolvent pas toujours; les policiers n’ont pas une seule affaire mais ils accumulent les dossiers, les heures de sommeil à rattraper. Ils apparaissent à la fois impuissants face à certaines situations et tenaces, ne décrochant jamais réellement du boulot.

J’avoue avoir été plus intéressée par certaines affaires que d’autres, mon attention ayant tendance à s’émietter dès qu’il s’agit d’histoire de drogue (c’est purement subjectif et quelque soit le traitement j’en ai déjà fait l’expérience au cinéma).

Je l’ai lu à petites doses parce qu’entre les tueries du Bataclan et du café La belle époque et le meutre d’un patron de magasin de bricolage, ce n’est pas vraiment le livre qui aide à faire de doux rêves.

Ce qui m’a le plus marqué est cette jeune femme, retrouvée morte carbonisée et qui devient une sorte d’obsession pour Yohann. On serait dans une série télé, son travail de fourmi, sa ténacité paieraient forcément mais on referme le livre sans connaître le coupable.

Ce qui m’a plu dans 18.3, Une année à la P.J.

18.3 Une année à la PJ propose un autre regard sur la police judiciaire loin du sensationnel prisé par la télé, sans effet dramatique mais au contraire en s’attachant, avec une vraie qualité de plume, à tous les détails du quotidien de ses brigades.

Pauline Guéna ne montre pas des héros mais des hommes et des femmes qui oscillent entre résignation et volonté d’en découdre. Elle dit aussi à travers les différentes affaires ce qu’est l’humanité dans ce qu’elle a de plus tragique, de plus sordide parfois. Elle aurait pu tomber dans une certaine complaisance mais elle s’en écarte, soulignant même parfois la drôlerie de certaines situations, répliques.

18.3, Une année à la P.J, Pauline Guéna, Denoël

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