La dernière séance

5 raisons de regarder Master of None

Avant de basculer dans l’année 2018, je voulais vous parler de Master of None, découverte sur Netflix il y a peu et qui est mon coup de coeur série de cette fin 2017. Si le manque de lumière et de soleil a tendance à vous mettre le moral en berne, je vous conseillerais d’autant plus cette série, à la fois très drôle et touchante avec des dialogues sur mesure, pour ces 5 raisons :

1-Pour les personnages de Master of None

Est ce que cet argument est valable pour toutes les séries ? Pas sûre que je me sente très proche de Dexter mais je me souviens que j’ai fini par « m’attacher » aux personnages les plus éloignés de moi (la mère) dans l’excellente série Six Feet Under.

Dev, le personnage central de Master of None joué par Aziz Ansari (qui a écrit et produit aussi cette série), n’a pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour qu’on le trouve sympathique. Il a les préoccupations d’un trentenaire, il est drôle, pas mal rivé à l’écran de son téléphone (oui c’est mal mais si on l’est aussi un peu trop on se reconnait), il est souvent indécis, il rêve d’être un grand acteur mais joue dans des séries Z ou des pubs, il a le sens de la répartie et il adore bien manger.

Il pourrait capter toute la lumière et laisser des miettes aux personnages qui gravitent autour de lui mais ce n’est pas du tout le cas qu’il s’agisse de ses parents (interprétés par ses vrais parents), de ses amis (mention spéciale à Arnold que j’aime beaucoup) ou de ses petites amies.

2-Pour les deux épisodes qui se passent à Modène

Peut être qu’il faut déjà avoir une certaine attirance pour l’Italie mais les deux épisodes qui se passent en Italie m’ont donné envie de prendre un billet pour Modène. Le réalisateur multiplie les clins d’œil à de grands classiques italiens (je ne vais pas vous faire croire que je les ai forcément vus, compris, ma culture cinématographique est trop lacunaire pour cela) mais on y voit les protagonistes y manger beaucoup (et que des choses qui me font envie), parler italien, se balader dans des rues ou dans la campagne environnante (et c’est beau) et vivre dans une sorte de « dolce vita » qui est sûrement beaucoup fantasmée mais qui fonctionne parfaitement.

Suite à ces deux épisodes :

  • j’ai songé sérieusement à m’acheter de quoi confectionner des pâtes fraîches maison
  • j’ai commencé à apprendre les rudiments de la langue italienne pour communiquer autrement qu’en français ou en anglais la prochaine fois que j’irai en Italie….ce qui est programmé pour Avril 2018 : )

3-Pour la mise en scène  jamais paresseuse

Au tout début de la saison 1 de Master of None, j’avais un peu peur que la série soit une transposition des meilleurs sketchs de Aziz Ansari (issus de ses stand up) en scénettes et puis au fur et à mesure que j’ai avancé dans la série, j’ai découvert des épisodes à la construction assez différentes les uns des autres mais aussi plein d’idées de mise en scène.

Celui qui m’a le plus bluffé en la matière est l’épisode intitulé Thanksgiving dans lequel est abordée l’homosexualité de son amie d’enfance  Denise. C’est juste, traitée très finement et l’espace de quelques secondes, dans un échange entre  la mère et la fille dans la cuisine (vous avez remarqué combien de moments clefs, de paroles marquantes ont lieu dans une cuisine au cinéma ? et dans la vie aussi je crois ), j’ai trouvé cela très émouvant (une série non dramatique qui émeut vraiment c’est plutôt rare non ?).

4- Pour la richesse de « l’intrigue »

On pourrait croire quand on lit le pitch de départ de Master of None que la série va être très nombriliste, centrée sur les joies et peines du personnage principal et qu’elle tournera vite en rond. Hors la série se distingue par le fait qu’elle aborde un certain nombre de thèmes qui me semblent encore peu traités dans les séries : le fait que Dev appartienne à une double culture, la religion, l’individualisme, le sexisme, le racisme ordinaire, le harcèlement sexuel (on pourrait croire en regardant l’épisode dans lequel il en est question qu’on nous parle de Weinstein alors que l’affaire est sortie bien après), la vieillesse… Tous ces sujets sont abordés de manière subtile et avec le même regard bienveillant et nuancé.

5-Pour l’histoire d’amour

Enfin et ce n’est pas -pour moi-le moindre argument, la seconde saison laisse de plus en plus de place à une histoire d’amour un peu impossible (vous savez ce qu’on dit, les gens heureux n’ont pas d’histoire) dont je ne peux pas dire grand chose par volonté de ne rien dévoiler.

C’est peut-être tordu mais je trouve plus « intéressant » les « avant » d’une histoire d’amour que les histoires de couple déjà ensemble 🙂

Il est bien entendu question d’une saison 3 et je suis partagée entre la hâte de retrouver des personnages avec lesquels je me sens bien et la peur que la veine scénaristique de Master of None ne s’appauvrisse et ne soit pas à la hauteur des deux premières saisons.

Merci à celui qui m’a conseillé (ardemment) cette série : )

Et vous, quelle série vous a marqué en 2017 ?

crédit photos : Netflix

9 Comments

  1. Ah! Ce texte me fait grandement plaisir! Je suis très content que tu aies vu cette série et que tu l’aies appréciée!
    Je suis tout à fait d’accord avec l’analyse que tu fais, et j’ai moi-aussi eu envie de partir très vite en Italie manger des pâtes!
    Et c’est sans doute grâce à cette série que je me suis enfin décidé d’aller à Rome en Avril 2018 (on va peut-être se croiser en Italie!!!).
    J’avais d’abord beaucoup aimé la 1ere saison, je me demandais comme tu te le demandes pour la 3e saison, comment il pourrait faire aussi bien, et il a réussi à faire mieux, sans doute en prenant aussi un peu de recul sur lui-même et riant aussi de lui, célibataire trentenaire au final un peu paumé qui essaie de faire sa place dans un mode stéréotypé.
    J’ai aussi beaucoup aimé l’épisode sur les rencontres en ligne ou celui avec Claire Danes (le passage qui m’a fait très rire: je t’ai doublé dans la file d’attente alors tu as baisé ma femme? -je cite de mémoire). En fait, je crois que j’ai tout aimé!!!

    Sinon, en 2017, mes séries coup de coeur, comme ça, je pense à Big Little Lies, Glow (Netflix pour les 2) et The Big Fight (3 séries qui mettent magistralement en valeur des femmes, et ça fait du bien!). Y’a aussi Easy et Flaked (Netflix) ou encore Silicon Valley (HBO Saison 4), Better Tings (FX US) et Future Man (Hulu), mais cette dernière n’est clairement pas pour toi!!!

    • ah c’est trop drôle que tu ailles en Italie en Avril toi aussi !
      c’est tout à fait vrai ce que tu dis sur la saison 2, il rit plus de lui même et c’est encore plus réussi
      les dialogues m’ont fait penser parfois à Woody Allen
      Big Little Lies est prévu et je note Glow et Flaked maintenant que j’ai Netflix )
  2. Elle n’est pas du tout au programme pour le moment, mais toutes ces raisons donnent envie de la mettre sur ma to do !
  3. Merci pour l’idée, la série a l’air très sympa !
    Par contre je crois que Modane se situe…en Savoie ;o)
    pas très loin de l’Italie certes, mais pour le billet il vaudrait mieux viser Modène !
  4. Pingback: vinaigre balsamique de Modène : pourquoi pas un dessert au chocolat avec ?

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