C'est un beau roman

Not that kind of girl ou les mémoires d’une jeune fille pas rangée

J’ai fait la connaissance de Lena Dunham, cette presque trentenaire, sur petit écran quand j’ai découvert la série Girls, l’histoire de trois filles new-yorkaises dans leur premières années d’indépendance. La jeune femme qui a écrit et réalisé cet anti Sex in the city en tient aussi le rôle principal. Ses amies sont plus minces, plus jolies, moins névrosées (mais pas forcément plus épanouies et heureuses). Elle est souvent très agaçante (et incroyablement égocentrique, plus qu’une blogueuse c’est pour dire ! ) mais aussi drôle, championne d’auto-dérision et malgré tous ses défauts, attachante. J’avais eu l’occasion de parler de la série sur le blog appréciant plus la saison 2 que la saison 1 ( car je l’avais trouvé plus contrastée, plus aboutie et plus émouvante ). Quant à la saison 3, elle m’a semblé très inégale selon les épisodes, moins surprenante. J’espère que la série retrouvera son mordant dans la prochaine saison qui sera diffusée en France sur OCS en janvier 2015.

1383773339_lena-dunham-560

Qu’une fille plutôt rondelette (en tous cas à une certaine époque quand elle tournait la série) pas particulièrement bien foutue se mette aussi souvent à poil dans les scènes de sa propre série, déjà ça m’intriguait. A chaque fois qu’elle se déshabillait, on aurait du qu’elle allait sauter dans le grand bain en disant aux spectateurs « Et alors ? »(ce qui n’a pas empêché le fait qu’elle se fasse régulièrement attaquer au sujet de son poids sur Twitter ou ailleurs). Qu’elle réalise une série de courts métrages, un premier film obtenant le prix du Jury d’un festival de cinéma américain indépendant et qu’elle obtienne en 2013 le Golden Globes pour la meilleure actrice et la meilleure série tout ça avant 30 ans, ça attisait encore plus ma curiosité  même si j’étais un peu circonspecte sur le fait d’écrire ses « mémoires » à un âge si peu avancé de sa vie.

Sans surprise, ce qui m’a le plus amusé dans le livre est à chaque fois qu’elle aborde le sujet de son poids : quand elle essaie de s’habiller sexy mais que sur elle, ça ne donne pas vraiment l’effet escompté :

Et puis un soir avant Thanksgiving, j’avais rendez vous avec lui dans un bar du Queens. En collant résille et petit ensemble jupe gris classique, j’avais l’air d’une morue déguisée en agent d’assurances.

ou quand elle raconte un épisode régime pendant lequel chaque jour elle consigne soigneusement toutes les calories engrengées (avec un palier à ne pas dépasser, un peu comme les points chez WW) jusqu’au jour où la frustration est plus forte que sa détermination et motivation et où elle explose les scores, on a comme une impression de déjà vu. Plus globalement elle a un rapport à la nourriture qui, j’en suis sûre, n’est pas étranger à beaucoup d’entre nous les filles rondes.

Lena Dunham parle également d’amour et de sexe (avec ce côté sans fard de la série au moins dans la saison 1 et même totalement démystifié….vu sous cet angle, je me demande encore quel attrait elle y trouve), d’amitié, des relations avec ses parents, de son enfance et de ses études, de son hypocondrie, de ses tocs et de ses névroses et j’ai retrouvé pas mal de la Hannah vu sur petit écran mais aussi parfois des bouts d’histoire de tel ou tel épisode. Certains passages sont assez loufoques (son concept de lit platonique, son expérience de vendeuse dans une boutique de fringues pour enfants fréquentée par les stars hollywoodiennes) mais je ne voudrais pas trop spoiler.

J’ai vu en quelque part qu’elle pourrait être la fille naturelle de Woody Allen et Susan Sontag. En tous cas quand j’ai lu alors qu’elle est en train de discuter de la mort avec son père :

Je veux bien être illuminée mais ça me parait assez gonflant […]. Tous les trucs que j’aime -les potins, les meubles, la bouffe et internet – sont ici sur terre

forcément j’ai pensé au cinéaste américain.

Parfois j’ai trouvé un peu paresseux cette juxtaposition de souvenirs sans réel effort narratif entre eux, parfois j’ai eu envie de noter quasiment une phrase sur deux, tellement Lena Dunham a le sens de la formule …au final le livre est à l’image de son auteur, irritant parfois, ironique et hors des clous.

10 Comments

  1. finalement sous des dehors anti-conformistes, elle serait pas un peu trop parfaite cette nana? 😉
  2. je découvre cette personne et son livre et le fait que tu le décrive d’unique me tente bien.

Write A Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It