C'est un beau roman

Que lire cet été en vacances ? #2 : L’arabe du futur

Quand j’ai appris que Riad Sattouf sortait une nouvelle BD, j’étais joie parce que les auteurs qui me font rire ne sont pas si nombreux. J’ai découvert cet auteur il y a quelques années avec Pascal Brutal, je me suis retrouvée dans Retour au collège (en particulier les fameux cours de gym…si tous les gens qui souffraient pendant ces heures là avaient su qu’ils n’étaient pas seuls, on l’aurait mieux vécu peut-être), j’ai traversé l’Atlantique avec No sex in New York et et je me suis attachée au personnage du rêve de Jérémie, Le pays de la soif et Les pieds de Florence. J’ai été un peu déçue par La vie rêvée des jeunes par son côté juxtaposition de scénettes sans véritable intrigue.

Dans ce premier tome d’une série consacrée à sa jeunesse, Riad Sattouf nous raconte son enfance jusqu’à ses 6 ans (et là forcément je me demande comment peut-il avoir ce sens du détail qui fait mouche alors qu’il est si peu âgé à l’époque ? comment peut-il être aussi précis alors que ma petite enfance ressemble à un nuage de vapeur façon hammam dans mon esprit ?). J’ai suivi le très jeune Riad -visiblement beau comme un ange avec ses cheveux d’or bouclés – dans ses pérégrinations de la Libye à la Syrie en passant par la Bretagne et le Cap Fréhel. Pas particulièrement calée sur l’histoire de ces pays, j’ai appris au passage pas mal de choses sur la vie dans ces états au début des années 80. L’arabe du futur est aussi un portrait du père de l’auteur, Abdel-Razak, professeur d’université persuadé que tout passe par l’éducation mais sans véritable sens critique quant aux dictateurs dont il admire la modernité et la puissance.

Riad Sattouf évoque ses souvenirs personnels (sa grand mère paternelle qui soigne les problèmes oculaires en léchant les paupières -et ça marche-, l’odeur de sueur des femmes, sa difficile cohabitation avec ses cousins en Syrie qui le traitent de juif, ses dessins si précis de Pompidou qui entrainent une convocation des parents par l’institutrice) sous fond de toile politique …si l’humour est toujours présent, l’atmosphère est souvent pesante en particulier lorsque l’auteur raconte son enfance dans la campagne syrienne très pauvre et polluée où il est confronté à la violence des enfants (terrible scène du chiot qui finit décapiter) et des hommes. Point de vue de l’enfant et regard distancié de l’adulte se superposent pour adopter un angle particulièrement riche et intéressant.

Vivement la suite !

10 Comments

  1. Hum hum… J’ai déjà fait de lourdes allusions à mon mari pour qu’il me l’offre… Grrr… Il oublie tout le temps (le pauvre, il est éreinté et très souvent en déplacement en ce moment… j’ai honte de me plaindre ! 😉 ).
    Bref : je vais me faire ce joli cadeau tout seule, na !
    Des bises,
    Nathalie
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