La dernière séance

Jimmy ‘s hall : et bien dansez maintenant !

 J’avais peur que Jimmy’s hall, le dernier film de Ken Loach (dernier réalisé et peut-être dernier tout court vu son âge même si depuis il est revenu sur ses déclarations à ce sujet) soit trop didactique, qu’il nous fasse la leçon et je ne me suis pas assise dans la salle de cinéma, conquise d’avance. Pourtant de My name is Joe à Just a kiss (un Romeo et Juliette contemporain que je vous conseille vivement !) en passant par le plus récent La part des anges ou It’s a free word, j’ai toujours apprécié son cinéma engagé et social. Film après film, il a peint un portrait de l’Irlande et de ses classes populaires avec une sincérité et une détermination qui me rendent l’homme attachant.

Le film s’ouvre sur le retour de Jimmy Gralton (pas déplaisant à regarder dirons nous sobrement ), enfant du pays, exilé aux États Unis pendant dix ans, pour échapper à ses ennemis lors de la guerre civile qui divisa l’Irlande dans les années 1910. Rentré pour aider sa mère vieillissante (et formidablement interprétée), il est apostrophé par les jeunes de sa communauté pour rouvrir le dancing qu’il avait mis sur pied avant qu’il ne parte. Jimmy Gralton, qui a vraiment existé et dont Ken Loach s’est inspiré pour l’intrigue de ce film, incarne dès lors un vent de liberté dans une société où les rêves semblent si cloisonnés par les conditions sociales. Au Jimmy’s hall, on danse, on écoute de la musique américaine, on chante et tout cela déplait fortement au Père Sheridan qui craint que les paroissiens se détournent de son église et trouvent trop de plaisir sur terre.

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Toutes les scènes de danse (symbolisant si bien la communion entre eux ) m’ont donné envie de me lever de mon fauteuil ou d’entrer dans un pub pour écouter de la musique irlandaise. L’histoire impossible entre Jimmy Gralton et son amour de jeunesse apporte un souffle romanesque, la confrontation entre Gralton et le Père Shéridan est assez jubilatoire et la scène finale est plutôt émouvante (il parait que c’est génétique de pleurer au cinéma, comme je me sens soudainement soulagée ..contre la génétique, on ne peut rien n’est ce pas ? )) …bref si vous aimez Ken Loach, n’attendez plus pour aller voir Jimmy’s Hall.

crédits photo : Why not productions

9 Comments

  1. Je n’ai pas vu beaucoup de film de ce réalisateur et je le regrette. Si je peux, j’essaierai de voir celui-ci 🙂
  2. Décidément, on a les mêmes goûts 😉
    J’ai adoré bien sûr et je suis toujours surprise de me laisser gagner par l’émotion au ciné (ce dont je ne me lasse pas puisque je crois que j’y vais aussi pour voir des histoires qui vont « me tirer les poils »…!).
    Bref, un film à voir…
    Des bisous *
  3. Pingback: rhapsodie des oubliés : un premier roman écrit avec les tripes

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